Tahiti, le 8 juin 2026 - Les professionnels de la pêche hauturière ont organisé une conférence de presse lundi matin au port pour dénoncer les restrictions imposées à leur secteur d’activité avec l’élargissement de la zone de protection stricte de l’AMP polynésienne. Ils dénoncent surtout un “conflit d’intérêts” au sein même du ministère des Ressources marines avec l’embauche d’un représentant de l’organisation non-gouvernementale Pew Bertarelli Ocean Legacy.
Armateurs, syndicat des marins pêcheurs hauturiers ou encore les pêcheurs côtiers étaient tous réunis ce lundi matin au port de pêche à Fare-ute tandis qu’à Mahina le président du Pays entérinait la création d’une zone maritime de 500 000 kilomètres carrés soumise à la protection la plus stricte et exclusivement réservée à la pêche côtière et artisanale. Des zones aménagées au-dessus des plateaux océaniques aux Marquises et aux Australes. Des zones très poissonneuses aujourd’hui interdites à la pêche palangrière.
“On est pour la protection de l'océan, pour la protection des espèces et pour la protection de l'environnement. Ça, ce n'est pas un débat”, précise en préambule Yann Ching de l’association des armateurs. Et ces derniers ont “manifesté notre désaccord”.
L’an dernier tous ont accepté la mise en place des AMP qui fait plus de 1,1 million de kilomètres carrés. “On protège déjà plus de 20 % de notre ZEE pourquoi en rajouter alors qu'on n'a pas encore fait le point ?”
Vatea Moarii, également armateur, ne comprend pas cette précipitation : “On n'a pas eu le temps de mesurer leur impact à la fois positif et négatif (…). On va beaucoup trop vite (…). On ne comprend pas l'ordre des priorités du gouvernement.”
Yann Ching ajoute que “la pression sur l'espèce et sur l'océan, ce ne sont pas les Polynésiens qui la cause ; c'est l'extérieur, ce sont les pêcheries étrangères (…). Est-ce que les autres ont réduit cette pression sur les espèces ? Il faut que le gouvernement s'en assure avant de remettre en place des AMP au sein de notre ZEE qui vont vraiment impacter nos activités.”
Armateurs, syndicat des marins pêcheurs hauturiers ou encore les pêcheurs côtiers étaient tous réunis ce lundi matin au port de pêche à Fare-ute tandis qu’à Mahina le président du Pays entérinait la création d’une zone maritime de 500 000 kilomètres carrés soumise à la protection la plus stricte et exclusivement réservée à la pêche côtière et artisanale. Des zones aménagées au-dessus des plateaux océaniques aux Marquises et aux Australes. Des zones très poissonneuses aujourd’hui interdites à la pêche palangrière.
“On est pour la protection de l'océan, pour la protection des espèces et pour la protection de l'environnement. Ça, ce n'est pas un débat”, précise en préambule Yann Ching de l’association des armateurs. Et ces derniers ont “manifesté notre désaccord”.
L’an dernier tous ont accepté la mise en place des AMP qui fait plus de 1,1 million de kilomètres carrés. “On protège déjà plus de 20 % de notre ZEE pourquoi en rajouter alors qu'on n'a pas encore fait le point ?”
Vatea Moarii, également armateur, ne comprend pas cette précipitation : “On n'a pas eu le temps de mesurer leur impact à la fois positif et négatif (…). On va beaucoup trop vite (…). On ne comprend pas l'ordre des priorités du gouvernement.”
Yann Ching ajoute que “la pression sur l'espèce et sur l'océan, ce ne sont pas les Polynésiens qui la cause ; c'est l'extérieur, ce sont les pêcheries étrangères (…). Est-ce que les autres ont réduit cette pression sur les espèces ? Il faut que le gouvernement s'en assure avant de remettre en place des AMP au sein de notre ZEE qui vont vraiment impacter nos activités.”
“Ça va finir par péter”
Les professionnels considèrent ces nouvelles AMP comme des “pressions supplémentaires” car ils font face déjà à la saisonnalité de la pêche mais également à “la mise en place de quotas internationaux, au suivi de la pêche, les formations, le suivi des formations, l'attractivité du métier”, indique Yann Ching qui considère que ces “mini-sujets (…) devraient être la priorité du gouvernement”. L’armateur assure que les professionnels du secteur gèrent leur activité et la ressource en “bons pères de famille” puisqu’ils continuent à “exporter et c’est un secteur qui participe à la sécurité alimentaire du pays, puisque tous les poissons consommés par les Polynésiens sont pêchés localement, en tout cas les thons. Et aujourd'hui, on est en train de nous restreindre et de nous poser beaucoup de difficultés”.
Autre problème la suspension du label Marine Stewardship Council (MSC) qui permet “de véhiculer les bonnes pratiques d'une filière jusqu'au consommateur”, explique Vatea Moarii armateur. Obtenu en 2018, le label MSC est même “indispensable pour nos exportations, c'est devenu une sorte de barrière à l'entrée, pour accéder à certains marchés, on est obligé d'avoir ce label”.
Sauf que depuis le 27 mai dernier ce label est suspendu “on a des portes qui se ferment à l'export” alors même que les exportations sont “déjà en train de s'effondrer” indique Vatea Moarii. En effet l’an dernier le secteur a enregistré une baisse de 30 à 35 % à l’export. Et selon lui, pour récupérer ce label cela peut prendre entre c'est six mois à un an. “Ça va finir pas péter” lâche Yann Ching qui précise que le secteur de la pêche hauturière représente plus de 2 000 emplois.
Autre problème la suspension du label Marine Stewardship Council (MSC) qui permet “de véhiculer les bonnes pratiques d'une filière jusqu'au consommateur”, explique Vatea Moarii armateur. Obtenu en 2018, le label MSC est même “indispensable pour nos exportations, c'est devenu une sorte de barrière à l'entrée, pour accéder à certains marchés, on est obligé d'avoir ce label”.
Sauf que depuis le 27 mai dernier ce label est suspendu “on a des portes qui se ferment à l'export” alors même que les exportations sont “déjà en train de s'effondrer” indique Vatea Moarii. En effet l’an dernier le secteur a enregistré une baisse de 30 à 35 % à l’export. Et selon lui, pour récupérer ce label cela peut prendre entre c'est six mois à un an. “Ça va finir pas péter” lâche Yann Ching qui précise que le secteur de la pêche hauturière représente plus de 2 000 emplois.
Un “phagocytage” par les ONG
Les professionnels de la pêche ont exprimé leur désarroi face au comportement du gouvernement et l’ont expliqué au ministre des Ressources marines Taivini Teai : “Pour nous, il y a clairement un conflit d'intérêts. On ne comprend pas comment des postes aussi stratégiques peuvent être financés par des gens dont les intérêts sont clairement affichés et qui ne sont pas forcément ceux de la Polynésie”. Les professionnels regrettent que le Pays n’en soit pas conscient.
Yann Ching rappelle qu’ils n’ont pas “les mêmes intérêts. Nous, on travaille pour la Polynésie, on est Polynésiens”.
Vatea Moarii rappelle que “les autres États insulaires du Pacifique font marche arrière”. Il ajoute que les Calédoniens font état d’une “perte de souveraineté. On est en train de vendre notre océan (…). Chez les Calédoniens c’étaient des choses de l'ordre de 1 500 francs le kilomètre carré (…)”.
Clairement, Vatea Moarii considère que certaines ONG font preuve d’une “certaine forme d'ingérence : ces ONG peuvent phagocyter des tissus administratifs, associatifs (…) et ont une influence qui va orienter certaines décisions qui vont à l'encontre des intérêts de la filière et des Polynésiens d'une manière générale”.
Pour l’océanographe Patrick Galenon, les ONG Bezos Earth Fund et Pew Bertarelli Ocean Legacy font du “greenwashing » au travers des AMP, l’une utilisant “beaucoup d’énergie, et a une des sociétés qui pollue le plus au monde” et le second est financé par des pétroliers. “Ce sont les plus grands pollueurs du monde, en plus américains, qui viennent dans nos eaux nous donner des leçons de protection”.
Yann Ching rappelle qu’ils n’ont pas “les mêmes intérêts. Nous, on travaille pour la Polynésie, on est Polynésiens”.
Vatea Moarii rappelle que “les autres États insulaires du Pacifique font marche arrière”. Il ajoute que les Calédoniens font état d’une “perte de souveraineté. On est en train de vendre notre océan (…). Chez les Calédoniens c’étaient des choses de l'ordre de 1 500 francs le kilomètre carré (…)”.
Clairement, Vatea Moarii considère que certaines ONG font preuve d’une “certaine forme d'ingérence : ces ONG peuvent phagocyter des tissus administratifs, associatifs (…) et ont une influence qui va orienter certaines décisions qui vont à l'encontre des intérêts de la filière et des Polynésiens d'une manière générale”.
Pour l’océanographe Patrick Galenon, les ONG Bezos Earth Fund et Pew Bertarelli Ocean Legacy font du “greenwashing » au travers des AMP, l’une utilisant “beaucoup d’énergie, et a une des sociétés qui pollue le plus au monde” et le second est financé par des pétroliers. “Ce sont les plus grands pollueurs du monde, en plus américains, qui viennent dans nos eaux nous donner des leçons de protection”.
Président du syndicat des marins pêcheurs palangriers de la Polynésie et capitaine Guy Porsenni “À l'extérieur des Marquises vous avez plus de 100 navires”
Il faut lutter contre ces senneurs qui se trouvent à la limite de notre ZEE. À l'extérieur des Marquises vous avez plus de 100 navires. Nous, la pêche palangrière, on ne représente même pas 0,2 % de la pêche en Polynésie. C'est vrai qu'on a une grosse tension, mais ce n'est pas contre nous qu'il faut protéger, c'est contre l'extérieur. Comme je disais, un navires extérieur fait 100 tonnes. * Ici c'est 100 navires qui pêchent à la journée chez les palangriers et font à peine une tonne par jour. Ce n'est pas normal qu'on nous impose ces AMP sans concertation (…). On est d'accord avec l'objectif de préserver nos océans, de préserver nos ressources marines. On est quand même les premiers qui soutenons cette protection-là. Nous les marins pêcheurs sommes les premiers gardiens de l'océan.”
Patrick Galenon “L’État ne comprend pas qu'on puisse se laisser berner par des ONG”
“L’État ne comprend pas qu'on puisse se laisser berner par des ONG américaines puisque M. Bezos, on le sait, c'est un des plus riches du monde, il a Amazon ; et Pew c’est une fondation pétrolière au départ, ce n'est pas des Français. Mais c'est un petit peu ambigu, puisque la France peut aussi se gargariser du fait qu’elle a la plus grande aire maritime protégée. Quand bien même, en France, les aires maritimes protégés sont plus ou moins contestées aujourd'hui (…). La différence, c'est que la zone économique hexagonale est de 300 000 kilomètres carrés et nous, c'est 5 millions du coup, les Français sont obligés d'aller pêcher du côté de l'Angleterre, de l'Écosse, avec des négociations des fois très difficiles. Ici, nous avons une zone où on peut se suffire à nous-mêmes et on nous met des bâtons dans les roues. C'est une forme de punition ou c'est dogmatique et on veut dire qu'on protège le monde. On met une grande aire maritime protégée comme ça. On ne s'occupe plus des bouts de plastique qui se trimbalent dans le port ou sur les plages.”