Budget: "Le compromis sera difficile", dit Larcher, "préparé" aux ordonnances


Paris, France, le 02 septembre 2026. Trouver un compromis sur le budget pour 2027 à quelques mois de l'élection présidentielle sera "difficile", a redouté mercredi le président du Sénat Gérard Larcher, affirmant au Parisien s'être "préparé" au scénario inédit des ordonnances budgétaires pour éviter la paralysie.


"Le futur budget doit amorcer le redressement des finances publiques", explique au quotidien le ténor des Républicains.

Le patron de la chambre haute a fixé ses lignes rouges: le Sénat "ne peut accepter" une "hausse de la fiscalité", a-t-il notamment prévenu, réaffirmant son désaccord avec le compromis trouvé l'an dernier par le Premier ministre Sébastien Lecornu avec le Parti socialiste pour suspendre la réforme des retraites. 

Alors que la campagne présidentielle risque de s'inviter au Parlement lors des discussions budgétaires, le président du Sénat s'attend à un "exercice compliqué".

"Mais il ne faut jamais fermer totalement la porte ni oublier l'intérêt général: nous avons besoin d'un budget", a-t-il dit, même si "le compromis avec les forces politiques sera difficile à trouver".

Gérard Larcher a fait part de son opposition au vote d'une loi spéciale en décembre pour reconduire les crédits de l'année écoulée - un palliatif déjà utilisé fin 2024 et fin 2025, avant un 49.3 en début d'année.

"C'est une mauvaise et coûteuse solution", a-t-il alerté. 

L'ordonnance budgétaire, en revanche, est une option envisagée par le président du Sénat. 

Prévu par l'article 47 alinéa 3 de la Constitution de la Ve République, cet outil n'a jamais été utilisé. Il permet au gouvernement de mettre en œuvre son budget, a priori dans sa version initiale, si le Parlement ne s'est pas prononcé dans les délais constitutionnels.

"Ce serait un aveu d'échec pour le Parlement mais nous y sommes préparés, et des circonstances particulières peuvent le justifier, a expliqué Gérard Larcher.

Ce scénario inédit est aussi pronostiqué par son allié au Sénat, le président de l'UDI Hervé Marseille, qui a regretté que le contenu du budget ne soit dévoilé qu'au "mois de septembre comme une pochette surprise".

Pour tenter d'influer sur la copie initiale, Gérard Larcher a indiqué avoir demandé une rencontre avec Sébastien Lecornu "avant qu'il ne dépose le projet de budget devant le Haut conseil des finances publiques". Il a promis d'être "très attentif" au projet initial "car ce sera, s'il y a ordonnances, la référence".

Les chefs de file sénatoriaux du "socle commun" - macronistes, centristes et LR -  avaient déjà transmis à Matignon, durant l'été, une contribution sur leurs préoccupations au sujet du budget, s'inquiétant notamment du sort réservé aux collectivités locales et aux entreprises.

Rédigé par AFP le Mercredi 2 Septembre 2026 à 10:30 | Lu 74 fois