Boxe : après la signature de la DSP la fédération de Tauhiti Nena regarde déjà vers les Jeux du Pacifique


Tahiti, le 8 avril 2026 - Depuis dix ans, la fédération Polynesian Boxing Association Tahiti (PBAT), présidé par Tauhiti Nena, n’avait plus de délégation de service public (DSP) indispensable pour représenter officiellement la discipline. L’eau a coulé sous les ponts, les gants de boxe se sont usés, mais ce mercredi 8 avril, le ministre de la Jeunesse et du Sport Kainuu Temauri ainsi que le directeur de la Direction de la jeunesse et des sports (DJS) Laurent Heinis ont enfin signé le retour tant attendu de sa DSP avec Tauhiti Nena.
 
Le président de la fédération PBTA a rappelé que le travail n’avait pas débuté aujourd'hui mais bien en 2016, lorsque la fédération avait perdu son agrément. Depuis, il a fallu reconstruire la structure, adapter les pratiques, répondre aux nouvelles normes et rester “dans les clous”. Comme l’a expliqué Tauhiti Nena en serrant le poing à la caméra en signe de victoire : “On attendait juste la DSP pour avancer.”
 
Mais avancer vers quoi ? Vers une demande d’affiliation aux fédérations internationales reconnues par le Comité olympique international, afin de ne pas compromettre la participation des boxeurs polynésiens aux Jeux du Pacifique 2027. Tauhiti Nena estime que sa fédération pourra “justement obtenir une affiliation aux fédérations correspondantes grâce à la DSP en poche”. Une demande qui peut être faite entre aujourd'hui et l'approche des Jeux du Pacifique, l'an prochain. En attribuant la délégation à sa fédération, le gouvernement a confirmé qu’il partageait cette analyse.
La Polynesian Boxing Association Tahiti est officiellement chargée du “développement et de la promotion de la boxe anglaise sur l’ensemble du territoire”, de “l’encadrement des pratiquants et de la formation des encadrants”, de “l’organisation des compétitions et de la détection des talents”, et surtout de “la représentation de la discipline au niveau local, national et international”, comme le précise la convention. La DSP a été accordée pour la période allant du 15 mai 2026 au 31 décembre 2031.
 
Désormais, tout devrait devenir officiel : “Je vais me déplacer d'ici deux à trois mois en France pour signer la convention avec le président de la fédération française”, confie celui qui est aussi président Fédération océanienne de boxe en affirmant que les démarches auprès du World Boxing (organisation sportive internationale) suivront naturellement, la reconnaissance du pays facilitant les procédures.

​Un appel à rejoindre la fédé


Pour rappel : la validation du dossier de la PBAT de Tauhiti Nena s'est fait par cinq agents qui avait à traiter les deux dossiers des deux fédérations de boxe polynésiennes : la PBAT ainsi que la Fédération de boxe de Polynésie française (FBPF), présidée par Ismaël Tahiata. Interrogé sur les raisons du rejet du dossier concurrent, le ministère a indiqué que le principal point de non-conformité portait sur les statuts, qui faisaient explicitement référence au code du sport français, un cadre réglementaire qui ne correspond pas à la législation polynésienne. Le ministre de la Jeunesse et des sports, Kainuu Temauri, a rappelé que “à partir du moment où les statuts ne sont pas conformes, on ne peut même pas étudier le dossier”. Malgré plusieurs demandes de correction et un accompagnement identique à celui accordé aux autres fédérations, les ajustements nécessaires n’ont jamais été fournis, rendant le dossier définitivement irrecevable.
 
Concernant l’avenir de la fédération recalée, le ministère a été clair : elle ne pourra plus utiliser une appellation contenant les mots “Tahiti” ou “Polynésie”, ces termes étant strictement réservés à la fédération délégataire, comme le prévoit la réglementation. Le gouvernement appelle d’ailleurs l’ensemble des clubs et licenciés à rejoindre la fédération reconnue, estimant qu’une unité du mouvement sportif est indispensable pour protéger les athlètes et structurer durablement la discipline. “La division n’est pas à l’avantage du sportif”, a insisté le ministre, affirmant que la Polynesian Boxing Association Tahiti est désormais l’unique interlocutrice officielle pour le développement de la boxe au nom de la collectivité.
 
Selon Tauhiti Nena, “la majorité des clubs du Fenua avaient manifesté depuis deux ou trois ans leur volonté de réintégrer la fédération reconnue, et près d’une quinzaine l’ont déjà rejointe récemment”, seuls quelques clubs restant encore en marge, souvent des structures sans réelle activité sportive. Le président voit dans ce rassemblement progressif un moyen d’assurer une représentativité solide au niveau local et de préparer au mieux les échéances internationales. Pour lui, l’unité autour de la fédération délégataire est essentielle pour développer la discipline et présenter les meilleurs boxeurs sous les couleurs du pays.

​“On devrait avoir 100 % des médailles d’or”


Tauhiti Nena a mis en avant un point clé dans l’obtention de la DSP qui est la compétence des cadres de sa fédération. La PBAT revendique disposer du plus grand nombre d’entraîneurs diplômés localement, mais aussi de cadres formés au niveau international, juges-arbitres compris.
 
Il a aussi rappelé aussi que les clubs polynésiens participent régulièrement aux compétitions internationales. “Aux Oceania, au championnat de France, aux championnats du monde... Quand ce sont des compétitions internationales, on était logés et nourris. Il fallait juste prendre en charge les déplacements, et on avait des aides financières”, a-t-il développé. Il s’est montré optimiste pour les prochains rendez-vous sportifs. “L’année dernière, on a organisé les Oceania à Tahiti et Tahiti a terminé à la première place devant l’Australie, la Nouvelle-Zélande et tous les pays d’Océanie que nous allons rencontrer aux prochains Jeux du Pacifique Sud. Donc je ne m’inquiète pas pour les résultats.”
 
Concernant les Jeux du Pacifique Sud, il rappelle que le président du comité olympique avait “écarté la Polynésie” lors de la précédente édition. Il ajoute que “le niveau est accessible à tout le monde. On devrait avoir 100 % des médailles d’or. Parce que, depuis les derniers Jeux, c’est la première fois qu’il y a deux compétitions : la compétition qualificative pour les Jeux olympiques, avec l’Australie, la Nouvelle-Zélande et tous les meilleurs boxeurs du Pacifique, puis la compétition pour les Jeux du Pacifique Sud, donc tous les moins bons. Tahiti arrive avec de bons boxeurs. Donc si c’est le même format pour l’année prochaine, on devrait avoir 100 % des médailles d’or”, a péroré Tauhiti Nena.
 
Il existe pour finir de fortes chances pour que la Fédération de boxe de Polynésie française (FBPF) et son président Ismaël Tahiata, en place depuis 2016, conteste la décision devant le tribunal administratif de Papeete, qui lui avait donné raison lors du précédent recours. L’affaire pourrait connaitre de nouveaux rebondissements.


Rédigé par Violaine Broquet le Mercredi 8 Avril 2026 à 17:13 | Lu 630 fois