Au tribunal, la chronique d'un accident annoncé


Tahiti, le 28 juillet 2025 – Poursuivi pour avoir causé un accident alors qu'il était complètement ivre, sous l'emprise de stupéfiants et qu'il n'était pas titulaire du permis de conduire, un jeune père de famille déjà connu de la justice a été condamné lundi à 35 mois de prison ferme.

 

Il roulait sans permis ni assurance avec 1,8 gramme d'alcool dans le sang et après avoir fumé un stick de paka alors qu'il se trouvait sous le coup d'un sursis. Un homme de 26 ans, père de deux enfants, était jugé lundi en comparution immédiate pour avoir causé un accident qui aurait pu être mortel.

 

Le 18 avril dernier à Papeari, ce prévenu déjà bien connu de la justice avait passé plusieurs heures à boire – une bouteille de rhum à lui seul – avec des amis sous un abribus. Il avait ensuite pris la route avec deux passagers à son bord. Perdant le contrôle de son véhicule, il avait percuté une voiture arrivant en face dans laquelle se trouvaient un homme et une femme. Si ces derniers avaient subi des blessures légères et un choc émotionnel, l'un des passagers se trouvant avec le prévenu avait quant à lui eu la main et la clavicule fracturées ainsi que l'intestin perforé. Il n'avait cependant pas souhaité porter plainte.

 

Dérive dans la délinquance

 

Poli et respectueux, le jeune homme a expliqué à la barre du tribunal lundi qu'il avait pris conscience de la gravité des faits et son errance dans la délinquance depuis plusieurs années. Alors qu'il était également poursuivi pour usage et détention de stupéfiants – un pied de paka avait été trouvé à son domicile et des photographies de stupéfiants dans son téléphone – le père a intégralement reconnu les faits sans savoir expliquer ce qui avait pu le faire basculer dans ce que le président du tribunal a qualifié de “dérive”.

 

Un comportement inacceptable tant pour l'avocate de la partie civile, Me Hina Lavoye, que pour le procureur de la République qui a affirmé lors de ses réquisitions que le jeune homme avait “coché toutes les cases” en matière d'accidentologie. “Au regard de la gravité des faits”, le représentant du ministère public a finalement requis trois ans de prison ferme assortis de la révocation de deux peines de sursis auxquelles le prévenu avait été condamné lors d'affaires précédentes, soit un quantum de quatre ans et cinq mois de prison.

 

Consciente que son client allait difficilement échapper à un mandat de dépôt, Me Sarah Da Silveira a choisi de “plaider la peine” : “Il a 26 ans et à cet âge-là, on n'est pas complètement foutu. La peine doit avoir un sens et doit permettre de réinsérer les personnes et mon client aura besoin d'être accompagné à sa sortie”. Après en avoir délibéré, le tribunal correctionnel a finalement condamné l'intéressé à 35 mois de prison ferme.

 


 


Rédigé par Garance Colbert le Lundi 28 Juillet 2025 à 17:48 | Lu 4976 fois