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Après 17 ans à la tête de la CMPE, Christophe Plée cède sa place


Tahiti, le 5 octobre 2027 - Christophe Plée quitte la présidence de la CPME de Polynésie après 17 ans, mais il ne s'en va pas tout à fait. Le patron toujours en poste deviendra vice-président dans le nouveau bureau que pourrait diriger Léo Marais. La passation sera actée à l'assemblée générale du 15 octobre.    

C'est une question de temps qui a tranché. À 60 ans, celui qui est souvent vu comme une grande gueule dirige deux entreprises et une centaine de salariés, alors que le poste de président représente pour lui une occupation “minimum à mi-temps”. Christophe Plée quittera prochainement la présidence de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) de Polynésie, après 17 ans à la tête de ce syndicat patronal.      

Il connaît pourtant la maison depuis l’origine. Il y est entré jeune secrétaire général, appelé par Alfred Montaron. Sa ligne tient en une formule : “J'ai toujours dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas.” La CPME “défend l'intérêt général, pas l'intérêt particulier” et se tient “très loin des lobbies”, expose ainsi Christophe Plée.    

Aujourd’hui, pour que son successeur ne porte pas seul la charge, le bureau comptera cinq vice-présidents, pour une quinzaine de membres au total. Christophe Plée gardera le régional, l'international et le national avec un œil affuté sur les rencontres économiques de Paris, attendues en décembre (les Outre-mer sont “dans les cartons”), et le French Pacific Business Forum en mars prochain. À l'assemblée générale du 15 octobre, Christophe Plée présentera une rétrospective complète de ses années de règne.     

​Du Planète PME au Pacific Business Days


Le plus gros chapitre de ces mandats parlera des événements Planète PME de 2010, 2012 et 2014, avec celui à la présidence qui comptait 58 stands. “On n'a pas réussi à refaire un événement de cette taille depuis”, dit-il.    

Le sommet reste pour lui les Pacific Business Days de 2018, premier congrès international de l'entreprise de la zone. Le rendez-vous avait réuni une dizaine de ministres de l'Économie de la région, de l'Australie à Tonga en passant par Fidji. Né d'une présentation faite à l'Élysée, il a débouché sur le soutien d'Emmanuel Macron et de ses conseillers. Des rencontres bilatérales y ont eu lieu, et des accords ont été signés, notamment entre Fidji et la Nouvelle-Calédonie. “Ça, c'était vraiment le plus gros événement qu'on a fait”, sourit-il. De là sont nés trois French Pacific Business Forum à Auckland.    

Il tire sa plus grande fierté du fonds paritaire de gestion, né en 2010. Avec le syndicaliste Yves Laugrost, aujourd'hui directeur de la biosécurité, “on a monté le projet sur un coin de table, un jour, au restaurant”, confie-t-il avant d’enchaîner les anecdotes. Le fonds est devenu “la référence absolue en formation”.    

La CPME compte aujourd’hui près de 800 adhérents, des entreprises jusqu’à 20 salariés qui représentent 91 % du tissu productif local, mais aussi des sociétés allant jusqu'à une centaine de salariés. Le syndicat patronal est interprofessionnel, avec plus de douze secteurs couverts, de l'hôtellerie au commerce en passant par les services.    

Christophe Plée revendique de bons rapports avec les syndicats de salariés. “On peut ne pas être d'accord, mais on discute toujours”, dit-il, et les cinq syndicats représentatifs doivent être présents à l'assemblée générale.    

Des combats et des regrets


Son dernier grand combat a été le texte fiscal (RNS) contre lequel l’ancienne CGPME, devenue entre-temps la CPME, s'est mobilisée. “On a eu peur qu'on devienne la France”, souffle-t-il.  Christophe Plée quitte tout de même la tête de la CPME avec des déceptions. La plus grosse : le logement social. “Les politiques n'ont rien compris”, dit celui qui a très souvent ouvert les hostilités au Conseil économique, social, environnemental et culturel. Il déplore que l'on livre “60 logements par an” pour un coût qu’il juge “énorme”.    

L'autre grand regret, c'est le French Polynesia Regional Group, qu'il avait fondé : aujourd’hui “en sommeil”, depuis que le gouvernement Brotherson a arrêté de le subventionner.    Mais le séxagénaire garde son sourire légendaire et se console avec son bilan : “Je laisse une très belle CPME”, dit-il, “avec une écoute des politiques qui reconnaissent notre travail” et “des comptes parfaits”. Dans dix jours il devrait passer la main à Léo Marais, actuellement vice-président du syndicat patronal.       

​ Le French Pacific Business Forum 2027 en préparation

French Pacific Business Forum les 9 et 10 mars 2027, dont la troisième édition aura lieu en Nouvelle-Zélande. Le principe est simple : chaque année, dix entreprises polynésiennes et dix calédoniennes suivent une formation accélérée d’une journée complète sur la fiscalité, le droit du travail et le fonctionnement du marché néo-zélandais, avec sept ou huit intervenants. C'est ce qui permet à un chef d'entreprise de “tout avoir en concentré”, sans avoir à être expert en comptabilité. Une vingtaine d'entreprises ont déjà fait le voyage, et cette année, du B2B s'ajoute pour trouver un associé, un distributeur ou un marché, dans les deux sens.    

L'événement bénéficie de l’appui de la chambre de commerce, de l'ambassade de France et de la chambre de commerce française de Nouvelle-Zélande, tandis que la Nouvelle-Calédonie y est représentée par la chambre des métiers et la CPME locale. Les dates sont bloquées, mais les vols ne sont pas encore réservés, et les inscriptions sont ouvertes.

Rédigé par Violaine Broquet le Lundi 5 Octobre 2026 à 18:06 | Lu 552 fois