Tahiti, le 22 mars 2026 - Sans suspense, Rémy Brillant s’impose largement au second tour des municipales à Papeete (43,44 %) et prolonge l’ère Buillard. Mais derrière cette victoire nette, le scrutin rebat les cartes de l’opposition : Tematai Le Gayic s’affirme en chef de file en devançant largement le candidat officiel du Tavini, Tauhiti Nena, relégué en dernière position, loin derrière René Temeharo qui termine troisième. Une recomposition qui pourrait fragiliser le parti indépendantiste jusque dans ses équilibres à l’assemblée.
“C’est lui le patron aujourd’hui.” La formule, lâchée avec une pointe d’ironie par le maire sortant, Michel Buillard, en référence à une vidéo virale du premier tour, sonne comme un passage de témoin. À l’issue du second tour des municipales à Papeete, Rémy Brillant s’impose largement et sans contestation possible, avec 4 809 voix (43,44 %), confirmant l’ancrage de la majorité sortante dans la capitale. Dans un contexte de participation en hausse de seulement trois points (57,89 %), le nouveau tāvana estime d’ailleurs que cela a “certainement” contribué à la victoire de sa liste, les équilibres du premier tour ayant finalement peu évolué.
Porté par une campagne de terrain intense, le dauphin de Michel Buillard a savouré une victoire qu’il inscrit dans la continuité autant que dans le renouvellement. “C’est beaucoup de travail, un an et demi de campagne, 60 réunions dans les quartiers, du porte-à-porte… et surtout une confiance”, a-t-il résumé à chaud, saluant “une nouvelle façon de faire de la politique”. S’il revendique une équipe “renouvelée aux trois-quarts”, il n’oublie pas l’héritage : “30 ans de gestion de la commune de Papeete, c’est quand même un bel héritage.” Dans un contexte de participation modérément en hausse (57,89 %), il reconnaît d’ailleurs que cette stabilité électorale a pu jouer en sa faveur.
Derrière lui, la surprise relative du scrutin vient de Tematai Le Gayic. Avec 2 584 voix (23,34 %), le jeune candidat s’impose comme la première force d’opposition municipale, loin devant Tauhiti Nena, pourtant soutenu par le Tavini Huiraatira. “On part aux élections pour gagner, pas pour perdre. Donc évidemment qu’il y a une déception”, a-t-il concédé, tout en se disant “heureux du résultat” et “fier du parcours”. Une satisfaction d’autant plus marquée qu’il distance nettement son rival indépendantiste.
“C’est lui le patron aujourd’hui.” La formule, lâchée avec une pointe d’ironie par le maire sortant, Michel Buillard, en référence à une vidéo virale du premier tour, sonne comme un passage de témoin. À l’issue du second tour des municipales à Papeete, Rémy Brillant s’impose largement et sans contestation possible, avec 4 809 voix (43,44 %), confirmant l’ancrage de la majorité sortante dans la capitale. Dans un contexte de participation en hausse de seulement trois points (57,89 %), le nouveau tāvana estime d’ailleurs que cela a “certainement” contribué à la victoire de sa liste, les équilibres du premier tour ayant finalement peu évolué.
Porté par une campagne de terrain intense, le dauphin de Michel Buillard a savouré une victoire qu’il inscrit dans la continuité autant que dans le renouvellement. “C’est beaucoup de travail, un an et demi de campagne, 60 réunions dans les quartiers, du porte-à-porte… et surtout une confiance”, a-t-il résumé à chaud, saluant “une nouvelle façon de faire de la politique”. S’il revendique une équipe “renouvelée aux trois-quarts”, il n’oublie pas l’héritage : “30 ans de gestion de la commune de Papeete, c’est quand même un bel héritage.” Dans un contexte de participation modérément en hausse (57,89 %), il reconnaît d’ailleurs que cette stabilité électorale a pu jouer en sa faveur.
Derrière lui, la surprise relative du scrutin vient de Tematai Le Gayic. Avec 2 584 voix (23,34 %), le jeune candidat s’impose comme la première force d’opposition municipale, loin devant Tauhiti Nena, pourtant soutenu par le Tavini Huiraatira. “On part aux élections pour gagner, pas pour perdre. Donc évidemment qu’il y a une déception”, a-t-il concédé, tout en se disant “heureux du résultat” et “fier du parcours”. Une satisfaction d’autant plus marquée qu’il distance nettement son rival indépendantiste.
“Le Tavini devra tirer des conclusions de ce score”
Soutenu par le président Moetai Brotherson, Tematai Le Gayic incarne une ligne distincte au sein de la mouvance Tavini, dans un contexte de recomposition interne. Son score dans la capitale, obtenu sans l’investiture officielle du parti, interroge sur les équilibres internes et la stratégie à venir. “Est-ce que j’aurais eu le même résultat avec le soutien du Tavini Huiraatira, je ne sais pas. Est-ce que j’aurais eu le même résultat en m’alliant avec Tauhiti Nena, je ne sais pas”, s’est interrogé Tematai Le Gayic, avant d’inviter son camp à faire son examen de conscience : “A priori, dans ce deuxième tour, il n’y a aucune commune qui a été remportée par le Tavini Huiraatira, donc le Tavini devra tirer des conclusions de ce score…” Dans la foulée, le jeune élu a évoqué la session extraordinaire prévue la semaine prochaine à l’assemblée, laissant planer l’hypothèse de recompositions politiques, certains élus – dont lui-même – pouvant être amenés à s’interroger sur leur maintien au sein de la majorité Tavini.
À l’inverse, la déconvenue est sévère pour Tauhiti Nena. Avec seulement 1 221 voix (11,03 %), il termine bon dernier d’un scrutin où il espérait peser davantage. Il perd même plus de 400 voix entre le premier et le second tour. Absent lors de la proclamation des résultats et déjà sur les plateaux télévisés, Tauhiti Nena a vivement mis en cause nos confrères de TNTV, qu’il accuse d’avoir favorisé ses adversaires en révélant, la veille du scrutin, la garde à vue de l’un de ses colistiers, Tevaitea Salmon, dans une grosse affaire liée à l’ice. Assurant l’avoir lui-même appris “par les médias”, il envisage un recours car il estime que cela a pu influencer les électeurs. Il n’en demeure pas moins que cela ne suffit pas à expliquer l’ampleur de son décrochage dans les urnes.
Dans ce paysage recomposé, René Temeharo, qui avait fini deuxième dimanche dernier avec 1 985 voix (19,16%), progresse mais échoue finalement à la troisième place avec 2 456 voix (22,19 %), talonnant Tematai Le Gayic d’une centaine de voix. Soutenu par le Tapura, il a pris acte sobrement de la victoire de Rémy Brillant, préférant saluer “les électeurs qui nous ont donné confiance” et renvoyer à plus tard toute analyse politique approfondie. “Nous verrons dans le temps ce que ça va donner”, a-t-il simplement déclaré, se projetant déjà dans son rôle au conseil municipal.
Au final, ce second tour consacre autant une victoire qu’un basculement et confirme une double dynamique : la solidité du socle Buillard, désormais incarné par Rémy Brillant, et l’émergence d’une opposition éclatée mais renouvelée, où Tematai Le Gayic prend une longueur d’avance symbolique. Entre continuité municipale et recompositions partisanes, notamment au sein du camp indépendantiste, Papeete s’impose une nouvelle fois comme un laboratoire politique à part entière.
Soutenu par le président Moetai Brotherson, Tematai Le Gayic incarne une ligne distincte au sein de la mouvance Tavini, dans un contexte de recomposition interne. Son score dans la capitale, obtenu sans l’investiture officielle du parti, interroge sur les équilibres internes et la stratégie à venir. “Est-ce que j’aurais eu le même résultat avec le soutien du Tavini Huiraatira, je ne sais pas. Est-ce que j’aurais eu le même résultat en m’alliant avec Tauhiti Nena, je ne sais pas”, s’est interrogé Tematai Le Gayic, avant d’inviter son camp à faire son examen de conscience : “A priori, dans ce deuxième tour, il n’y a aucune commune qui a été remportée par le Tavini Huiraatira, donc le Tavini devra tirer des conclusions de ce score…” Dans la foulée, le jeune élu a évoqué la session extraordinaire prévue la semaine prochaine à l’assemblée, laissant planer l’hypothèse de recompositions politiques, certains élus – dont lui-même – pouvant être amenés à s’interroger sur leur maintien au sein de la majorité Tavini.
À l’inverse, la déconvenue est sévère pour Tauhiti Nena. Avec seulement 1 221 voix (11,03 %), il termine bon dernier d’un scrutin où il espérait peser davantage. Il perd même plus de 400 voix entre le premier et le second tour. Absent lors de la proclamation des résultats et déjà sur les plateaux télévisés, Tauhiti Nena a vivement mis en cause nos confrères de TNTV, qu’il accuse d’avoir favorisé ses adversaires en révélant, la veille du scrutin, la garde à vue de l’un de ses colistiers, Tevaitea Salmon, dans une grosse affaire liée à l’ice. Assurant l’avoir lui-même appris “par les médias”, il envisage un recours car il estime que cela a pu influencer les électeurs. Il n’en demeure pas moins que cela ne suffit pas à expliquer l’ampleur de son décrochage dans les urnes.
Dans ce paysage recomposé, René Temeharo, qui avait fini deuxième dimanche dernier avec 1 985 voix (19,16%), progresse mais échoue finalement à la troisième place avec 2 456 voix (22,19 %), talonnant Tematai Le Gayic d’une centaine de voix. Soutenu par le Tapura, il a pris acte sobrement de la victoire de Rémy Brillant, préférant saluer “les électeurs qui nous ont donné confiance” et renvoyer à plus tard toute analyse politique approfondie. “Nous verrons dans le temps ce que ça va donner”, a-t-il simplement déclaré, se projetant déjà dans son rôle au conseil municipal.
Au final, ce second tour consacre autant une victoire qu’un basculement et confirme une double dynamique : la solidité du socle Buillard, désormais incarné par Rémy Brillant, et l’émergence d’une opposition éclatée mais renouvelée, où Tematai Le Gayic prend une longueur d’avance symbolique. Entre continuité municipale et recompositions partisanes, notamment au sein du camp indépendantiste, Papeete s’impose une nouvelle fois comme un laboratoire politique à part entière.
Rémy Brillant, tête de liste Papeete na mua roa : “On va se mettre très vite au travail”
“On est heureux car nous avons beaucoup travaillé durant un an et demi de campagne. C'est de nombreuses réunions dans tous les quartiers, c'est du porte-à-porte, c'est des familles qu'on a rencontrées…un travail acharné sur le terrain qui est récompensé ce soir. Je voudrais féliciter les autres listes car elles ont aussi travaillé pour le bien de la ville de Papeete. Mais les suffrages nous ont donné gagnants et on est très heureux parce que c'est la récompense de l’investissement de toute notre équipe. Je voudrais remercier le tāvana [Michel Buillard] parce qu'il est pour beaucoup dans cette victoire. Il nous laisse un bel héritage après 30 ans d’une très bonne gestion. Aujourd'hui on a les moyens de rebondir car on est aussi porteurs de changement avec cette équipe qui est pratiquement renouvelée aux trois quarts.”
Vous parlez de faire différemment, qu'est-ce que vous allez faire justement ?
“Il y a plein de choses à changer, on va se revoir pour ça. Pour l’instant, on est très heureux du score et on va profiter de ce moment. Mais on va se mettre très vite au travail.”
Juste un mot pour le taux de participation au second tour qui n’a pas été exceptionnel, en hausse de seulement trois points (57,89%), pensez-vous que ça a joué en votre faveur ?
“Certainement, parce que finalement les pourcentages n'ont peut-être pas trop évolué. S’il y avait eu plus de participation, là peut-être on aurait pu avoir des craintes. Mais cette hausse n’était pas assez suffisante pour que la situation change par rapport au premier tour.”
Une petite analyse à chaud de la remontée de Tematai Le Gayic par rapport à René Temeharo, comment vous analysez ça ?
“Je le soupçonnais un peu, je pense qu'il y a des reports de voix et puis c'est peut-être les débats qui ont joué, c'est le style, c'est plein de choses comme ça. En tout cas, nous on a inspiré confiance, on a de l'expérience, on a de la nouveauté aussi, donc voilà, c'est tout ça. C'est Papeete, c'est une ville magnifique, elle a un bel avenir et on a envie vraiment de travailler pour changer les choses.”
Vous parlez de faire différemment, qu'est-ce que vous allez faire justement ?
“Il y a plein de choses à changer, on va se revoir pour ça. Pour l’instant, on est très heureux du score et on va profiter de ce moment. Mais on va se mettre très vite au travail.”
Juste un mot pour le taux de participation au second tour qui n’a pas été exceptionnel, en hausse de seulement trois points (57,89%), pensez-vous que ça a joué en votre faveur ?
“Certainement, parce que finalement les pourcentages n'ont peut-être pas trop évolué. S’il y avait eu plus de participation, là peut-être on aurait pu avoir des craintes. Mais cette hausse n’était pas assez suffisante pour que la situation change par rapport au premier tour.”
Une petite analyse à chaud de la remontée de Tematai Le Gayic par rapport à René Temeharo, comment vous analysez ça ?
“Je le soupçonnais un peu, je pense qu'il y a des reports de voix et puis c'est peut-être les débats qui ont joué, c'est le style, c'est plein de choses comme ça. En tout cas, nous on a inspiré confiance, on a de l'expérience, on a de la nouveauté aussi, donc voilà, c'est tout ça. C'est Papeete, c'est une ville magnifique, elle a un bel avenir et on a envie vraiment de travailler pour changer les choses.”
Tematai Le Gayic, tête de liste Tutahi ia Papeete : "Le Tavini Huiraatira devra tirer des conclusions de ce score"
J'imagine quand même que vous êtes un petit peu déçu. Vous pensiez gagner cette élection, quelle est votre analyse à chaud ?
“On part aux élections pour gagner, pas pour perdre. Donc évidemment qu'il y a une déception, parce qu'on a constitué une équipe assez solide, avec un programme qui est structuré. Maintenant, comme je l'ai dit dimanche dernier, tout ce que les habitants de Papeete décideront, nous l'accepterons. Nous sommes la première force minoritaire à l'intérieur du conseil municipal. Donc nous allons continuer de défendre le programme de Tutahi ia Papeete, pour les six prochaines années.”
C'est une fierté pour vous aussi quand même, parce que vous arrivez deuxième, mais surtout, vous êtes largement devant la liste de Tauhiti Nena. C'est un message pour le parti ?
“Je pense qu'il y a une chose que j'aimerais faire passer – et c'est peut-être encore plus symbolique que ce soit dans la capitale, et dans une zone urbaine – c'est qu'au-delà des clivages entre les grands partis politiques, il puisse exister des listes pluri-politiques, qui décident de s'engager, et de porter un projet structuré, avec une équipe structurée à l'intérieur de nos quartiers. Après, est-ce que j'aurais eu le même résultat avec le soutien du Tavini huiraatira ? je ne sais pas. Est-ce que j'aurais eu le même résultat en m'alliant avec Tauhiti Nena ? je ne sais pas. Mais je suis sûr d'une chose, c'est que je suis fier de tout le parcours et des choix que nous avons faits.”
Comment ça va se passer à l'assemblée, vous avez déjà pris une décision ?
“Pour l’instant non. Je n'y ai pas réfléchi. La semaine prochaine, on a une session extraordinaire, pour voter le collectif de 2026. A priori, dans ce deuxième tour, il n'y a aucune commune qui a été remportée par le Tavini Huiraatira, donc le Tavini Huiraatira devra tirer des conclusions de ce score, et puis... Vaille que vaille ! ”
“On part aux élections pour gagner, pas pour perdre. Donc évidemment qu'il y a une déception, parce qu'on a constitué une équipe assez solide, avec un programme qui est structuré. Maintenant, comme je l'ai dit dimanche dernier, tout ce que les habitants de Papeete décideront, nous l'accepterons. Nous sommes la première force minoritaire à l'intérieur du conseil municipal. Donc nous allons continuer de défendre le programme de Tutahi ia Papeete, pour les six prochaines années.”
C'est une fierté pour vous aussi quand même, parce que vous arrivez deuxième, mais surtout, vous êtes largement devant la liste de Tauhiti Nena. C'est un message pour le parti ?
“Je pense qu'il y a une chose que j'aimerais faire passer – et c'est peut-être encore plus symbolique que ce soit dans la capitale, et dans une zone urbaine – c'est qu'au-delà des clivages entre les grands partis politiques, il puisse exister des listes pluri-politiques, qui décident de s'engager, et de porter un projet structuré, avec une équipe structurée à l'intérieur de nos quartiers. Après, est-ce que j'aurais eu le même résultat avec le soutien du Tavini huiraatira ? je ne sais pas. Est-ce que j'aurais eu le même résultat en m'alliant avec Tauhiti Nena ? je ne sais pas. Mais je suis sûr d'une chose, c'est que je suis fier de tout le parcours et des choix que nous avons faits.”
Comment ça va se passer à l'assemblée, vous avez déjà pris une décision ?
“Pour l’instant non. Je n'y ai pas réfléchi. La semaine prochaine, on a une session extraordinaire, pour voter le collectif de 2026. A priori, dans ce deuxième tour, il n'y a aucune commune qui a été remportée par le Tavini Huiraatira, donc le Tavini Huiraatira devra tirer des conclusions de ce score, et puis... Vaille que vaille ! ”