À Moorea, le bio du Pacifique cherche à changer d’échelle


Tahiti, le 12 août 2026 - Réunis pendant deux jours à Moorea, dans le prolongement du Salon Tech & Bio, les membres de la Pacific Organic and Ethical Trade Community (POETCom) ont redéfini leur feuille de route pour les prochaines années. Au programme : davantage de débouchés pour les producteurs, des échanges renforcés entre les îles et l’ambition de faire du label Bio Pasifika une référence régionale.
 

Après Tech & Bio, Moorea a continué cette semaine à parler agriculture biologique, mais cette fois à l’échelle du Pacifique. Les 10 et 11 août, la station Gump a accueilli l’assemblée générale de la POETCom, organisation faîtière régionale qui fédère 54 acteurs du secteur et porte notamment la Norme océanienne d’agriculture biologique et le label Bio Pasifika. Selon un communiqué diffusé à l’issue de la rencontre, ses membres ont fixé leurs nouvelles orientations et revu le fonctionnement du réseau.
 
Chaque membre disposera désormais d’un droit de vote et le conseil consultatif passera de cinq à dix sièges. La présidence devra par ailleurs être confiée à un agriculteur ou une agricultrice biologique, afin de donner davantage de place aux producteurs dans les décisions.
 
Mais l’essentiel se trouve dans la nouvelle feuille de route. Quatre priorités ont été retenues. La première consiste à utiliser davantage les politiques publiques, notamment la restauration collective, pour créer des débouchés réguliers aux produits biologiques locaux. La POETCom veut aussi renforcer la formation et les échanges de pratiques entre agriculteurs des différentes îles.
 
Des cantines pour ouvrir des débouchés
 
Troisième axe : renforcer les systèmes participatifs de garantie (SPG), présentés comme un “passeport vers le marché” pour les petits producteurs, notamment vers la commande publique. Enfin, l'organisation veut mieux faire connaître Bio Pasifika, avec une communication davantage adaptée aux réalités locales, huit membres interrogés sur dix réclamant des supports dans leur langue.
 
La Polynésie a également servi de terrain d'expérience. Depuis 2022, la réglementation impose une part minimale de produits locaux dans les cantines scolaires. Le projet Tavivat, déployé dans dix communes pilotes et qui vise notamment 25 % de vivrier local dans les menus scolaires, a ainsi été présenté comme l'une des pistes susceptibles d'inspirer d'autres territoires du Pacifique.
 
Pour Thierry Lison de Loma, président de la POETCom, l'enjeu est désormais de transformer cette coopération régionale “en actions concrètes” : “Créer des marchés pour nos producteurs, partager nos savoir-faire, renforcer les systèmes de garantie et faire de Bio Pasifika un label connu et reconnu dans toute notre région”.

Rédigé par SD avec communiqué le Mercredi 12 Aout 2026 à 15:13 | Lu 325 fois