À Moorea, Temaire Chavey prône le renouveau


Moorea, le 11 mars 2026 - Après avoir occupé pendant des années des postes à responsabilités au sein de la commune de Moorea-Maiao, Temaire Chavey se présente aux élections municipales avec la liste Moorea-Maiao, Ia Ora Na. Elle affirme vouloir apporter un renouveau à la vie politique locale, en plaçant les habitants au cœur des décisions et en proposant des solutions concrètes pour le développement, la sécurité et la mobilité sur l’île.


Pourquoi avez-vous choisi de vous présenter aux élections municipales ?
“J’ai choisi de me présenter parce que j’ai envie d’apporter un renouveau à la classe politique. Il faut apporter plus de pep’s, de la compétence, de la diversité et du savoir-faire. C’est pour cela que je me présente aujourd’hui. En fait, notre génération ne se retrouve plus dans les groupes actuels.”

Votre slogan est “l’habitant au cœur des projets”. Pouvez-vous expliquer ?
“Parce que l’habitant n’a pas été entendu. Le nūna'a (le peuple) a pleuré et a demandé qu’on nous laisse notre plage de Temae, mais il n’a pas été entendu. Nous voulons mettre en place des comités qui incluent des chefs d’entreprise, des représentants religieux et des associations. L’idée est de faire appel à l’ensemble de la société de Moorea. On a besoin de relais, de personnes que l’on peut considérer comme des ambassadeurs. L’objectif est de solliciter directement leur avis et de les inviter dans des commissions de travail.”

N’allez-vous pas vous heurter aux projets des promoteurs privés et du gouvernement ?
“Nous n’allons pas nous heurter. Nous allons d’abord leur expliquer notre vision. Prenons l’exemple de Temae. Il s’agit d’expliquer à un chef d’entreprise la vision que l’on a pour garantir à la population un certain niveau de vie et sa sécurité. Aujourd’hui, les chefs d’entreprise font un peu ce qu’ils veulent parce qu’il n’y a pas toujours de réponse à leurs projets. Nous, nous allons leur apporter un interlocuteur clair. On va leur dire ce que nous voulons et vers quoi nous voulons aller. On fera la même chose avec les projets du gouvernement. Cela s’est déjà fait dans le passé, donc je suis assez sereine là-dessus.”

Quels seront vos chantiers prioritaires ?
“La priorité, c’est la jeunesse. La situation est difficile, notamment avec la présence de l’ice. Nous voulons aussi renforcer le rôle de la police municipale face à la délinquance. Il y a aujourd’hui une véritable guerre de territoire. Il faut renforcer la sécurité autour des établissements scolaires et la nuit. Il faut montrer que la commune est présente. Nous voulons également redynamiser le tissu associatif. En douze ans, beaucoup d’associations ont disparu dans le volley-ball, le va’a... Notre jeunesse a été délaissée. Quand je travaillais à la police municipale, des associations encadraient les jeunes et il y avait moins de délinquance.”

Comment allez-vous régler le problème du transport public ?
“Il n’y a pas 36 000 solutions. Soit le Pays prend en charge le transport scolaire et le transport en commun, soit il prend l’ensemble du système comme à Tahiti. On ne peut pas faire de demi-mesure, sinon cela ne fonctionne pas économiquement. Nous allons donc discuter avec le gouvernement pour voir quelles solutions peuvent émerger. Mais nous voulons aussi aller au-delà du transport en bus et réfléchir à la mobilité dans son ensemble : la voiture, la marche, le vélo. Il faudra aussi aménager les abords des écoles, par exemple sur deux kilomètres, avec des partenaires. Nous voulons mettre en place de vraies pistes cyclables sécurisées. L’idée n’est pas seulement de mettre des bus, mais aussi de créer des trottoirs et des pistes cyclables pour que les enfants puissent aller à l’école en sécurité et que les familles puissent se déplacer plus facilement.”

Quel est votre point de vue par rapport à l’Épic Te Ito Rau no Moorea-Maiao ?
“L’urgence, d’abord, c’est d’assurer la production d’énergie. C’est une urgence technique. Aujourd’hui, on n’est pas à l’abri d’un prochain blackout. Jusqu’à présent, il n’y a pas eu de victimes humaines, mais cela pourrait arriver. Certaines personnes vivent sous respirateur. Si l’électricité se coupe et que vous ne pouvez pas appeler les pompiers, comment fait-on ? Il y a déjà eu des coupures de réseau. Il manque des équipements et du matériel. D’où l’idée de réaliser un audit d’urgence dans le domaine technique afin de sécuriser la production d’énergie. C’est la première priorité. Ensuite, comme la situation est aussi liée aux finances, l’audit devra être double : un audit technique et un audit financier. L’objectif est de pouvoir convaincre les banques. Si la structure est en déficit, il sera difficile d’obtenir des financements pour acheter du matériel et investir dans les équipements nécessaires.”

Quels sont les autres axes de votre programme ?
“Il y a aussi tous les projets techniques comme la reconstruction des écoles, l’adduction d’eau potable et l’assainissement. Le problème aujourd’hui, c’est surtout le manque d’ingénierie. Nous allons recruter ou faire appel à des prestataires pour mener à bien ces projets. La commune a perdu beaucoup de matière grise ces dernières années. Il faut reconstituer une équipe solide pour pouvoir réaliser ces programmes.”

Et concernant Maiao ?
“Je propose un programme adapté pour Maiao. Aujourd’hui, l’économie repose surtout sur le coprah et le rauoro (feuille de pandanus), mais le rauoro se fait rare et les cocotiers doivent être replantés. Je pense qu’il vaut mieux utiliser le cocotier, car aujourd’hui, les coques sont brûlées alors qu’à Tahiti, des entreprises utilisent tout le coco. On pourrait les ravitailler pour créer de nouveaux revenus. Il faut aussi développer l’artisanat et d’autres activités comme le miel afin de diversifier les revenus des habitants. Nous avons aussi prévu d’installer des cuves d’eau potable à la mairie pour la population. Enfin, un programme de reconstruction de la mairie est envisagé, avec l’accord de la population, afin de mieux la sécuriser face aux intempéries.”

Un message pour la population de Moorea-Maiao ?
“J’invite la population à voter pour une équipe qui a du savoir-faire. Il faut regarder la politique autrement et ne pas voter comme d’habitude, uniquement par habitude ou par tradition familiale. Il faut se demander ce que l’équipe peut apporter à la population. Nous sommes compétents, nous connaissons le fonctionnement communal et nous avons le savoir-faire.”

Rédigé par Toatane Rurua le Mercredi 11 Mars 2026 à 15:35 | Lu 412 fois