30 nouveaux cas de tuberculose au Fenua en 2024


Tahiti, le 15 juillet 2025 - Le dernier bulletin de veille sanitaire fait un point sur la situation de la tuberculose en Polynésie française, en précisant les bons comportements à adopter face à une maladie qui circule toujours au Fenua.
 
C’est une maladie qui pourrait être perçue comme une infection appartenant à un passé révolu, mais elle n’en demeure pas moins toujours présente, en Polynésie française. Et la situation est suffisamment inquiétante pour justifier que l’Agence de régulation de l’action sanitaire et sociale (Arass) y consacre une place importante dans la dernière édition du bulletin de surveillance sanitaire, publiée mardi.
 
La prévalence de la tuberculose tend à s’améliorer depuis dix ans, mais la maladie circule toujours en Polynésie et cet état de fait justifie pleinement le rappel des bons comportements à adopter pour endiguer sa propagation, si ce n’est y mettre un terme. Encore début juillet, l’identification d’un cas de tuberculose chez un élève du lycée Samuel-Raapoto de Arue a donné lieu à une opération de dépistage parmi les lycéens et les enseignants potentiellement infectés.
 
Une circulation à bas bruit
 
En 2024, la Polynésie française a enregistré 33 cas de tuberculose symptomatique, précise le dernier bulletin de surveillance sanitaire, soit une incidence de 11,8 pour 100 000 habitants, en nette diminution par rapport aux années précédentes. Sur ces 33 cas déclarés, 30 étaient des nouveaux cas et trois des rechutes qui avaient déjà été traitées par le passé. La majorité des cas (73%) étaient des formes pulmonaires. Quatre décès ont été enregistrés, mais un seul a été directement attribué à la tuberculose. Les autres concernaient des patients âgés ou présentant des comorbidités. Deux cas de tuberculose multirésistante (TB-MDR) ont également été détectés.
 
La répartition géographique reste concentrée sur les îles du Vent (75,75%), principalement sur Tahiti. Le profil des patients est stable, avec un âge moyen de 56,5 ans et une légère prédominance masculine (57,5%). Sur les 33 cas, 29 enquêtes ont été menées, permettant d’identifier 288 sujets contacts. Les quatre cas n’ayant pas fait l’objet d’enquête étaient des formes extra-pulmonaires non contagieuses. Parmi les 288 sujets contacts, 276 ont été dépistés, ce qui a permis de diagnostiquer 37 infections tuberculeuses latentes (ITL) et quatre cas de tuberculose symptomatique. Huit ITL ont eu une chimioprophylaxie et 29 ont été placées sous surveillance pendant deux ans. Et dans ce cadre, l’adhésion au traitement reste un enjeu majeur, insiste le bulletin de surveillance sanitaire. Un patient a interrompu volontairement son traitement malgré un suivi renforcé. Ce type de situation souligne l’importance du lien entre les structures hospitalières, les professionnels de santé de proximité et les services de santé publique.
 
Des formes multirésistantes
 
Depuis 2015, 22 cas de tuberculose multirésistante ont été recensés, dont 16 génétiquement liés, suggérant une transmission communautaire persistante. Ces souches, bien que parfois sensibles in vitro à des traitements antibiotiques antibactériens ou bactéricides à base de rifampicine et ou d’isoniazide, sont classées au nombre des formes multirésistantes par le Centre national de référence (CNR) en raison de mutations génétiques associées à un risque d’échec thérapeutique.
 
Le turn-over important au Fenua des professionnels impliqués dans les enquêtes (médecins de santé publique, médecine du travail) reste un frein à l’efficacité du dispositif. Pour y remédier, la Cellule de lutte contre la tuberculose (CLCT) a mis en place un accompagnement opérationnel, soit in situ, soit à distance, afin de garantir la continuité et la qualité des investigations. La formation continue et le tutorat sont des leviers essentiels pour maintenir un haut niveau de compétence dans la détection et la gestion des cas.
 
La tuberculose reste une maladie pour laquelle des traitements efficaces existent dans la grande majorité des cas, à condition qu’ils soient bien suivis. La baisse de l’incidence – qui a pratiquement été divisée de moitié depuis 2015 en Polynésie française – est encourageante, note le bulletin de surveillance sanitaire, mais les formes résistantes, les ruptures de suivi et la faible adhésion au traitement préventif constituent des menaces réelles pour le contrôle de la maladie. La mobilisation des professionnels de santé, la coordination intersectorielle et la pédagogie auprès des patients sont plus que jamais nécessaires pour maintenir cette dynamique positive.

Une information plus fluide
 
La tuberculose est une maladie à déclaration obligatoire (MDO). Tout cas confirmé doit être notifié à la Cellule de lutte contre la tuberculose (CLCT) via les formulaires dédiés afin d’assurer la traçabilité, le suivi et la mise en œuvre des enquêtes autour des cas index.
Tél. : 40 46 49 33
E-mail : cellule.tuberculose@sante.gov.pf

Rédigé par JPV avec communiqué le Mardi 15 Juillet 2025 à 16:34 | Lu 2473 fois