3 kilos de drogues dans des colis : le procès du trafiquant renvoyé


Les trois colis en provenance des États-Unis avaient été interceptés vendredi par la douane à l'aéroport de Faa'a. ©Archives Tahiti Infos
Tahiti, le 10 août 2026 - 1,92 kilo d’ice et 1,04 kilo de cocaïne avaient été découverts vendredi au fret de l’aéroport de Tahiti-Faa’a dans trois colis en provenance des États-Unis. Le réceptionneur présumé, âgé de 28 ans et déjà condamné pour importation, devait comparaître ce lundi devant le tribunal de Papeete. L’audience a finalement été renvoyée au 28 septembre le temps de poursuivre les investigations.

La saisie réalisée vendredi par les douanes est présentée comme l’une des plus importantes de ces dernières années. Les stupéfiants – près de deux kilos d’ice et un kilo de cocaïne – étaient dissimulés dans des colis en provenance des États-Unis, cachés dans du matériel industriel.

Les douaniers avaient ciblé trois colis suspects dans les locaux de transit de l’aéroport. Ils avaient vu juste. À l’intérieur, une pompe à eau et deux compresseurs. Mais aussi, soigneusement cachés dans le matériel, de l’ice et de la cocaïne.

Pour réceptionner les colis, un jeune homme avait été recruté. Il n’aura finalement pas eu le temps de repartir avec la marchandise puisqu’il a été interpellé directement à l’aéroport de Faa’a.

La valeur du butin est estimée à 170 millions de francs pour la méthamphétamine et 26 millions pour la cocaïne. À 28 ans, le réceptionneur n’en est pas à son coup d’essai puisqu’il s’est déjà retrouvé devant la justice pour une affaire de stupéfiants. En février 2023, il avait été condamné pour l’importation de buvards de LSD. À l’époque, dix mois d’emprisonnement avaient été prononcés, entièrement assortis d’un sursis probatoire.

​5 millions de francs promis


Ce lundi 10 août, il comparaît donc à nouveau devant le tribunal correctionnel de Papeete mais demande un délai pour préparer sa défense. Le procès est donc renvoyé. Le tribunal s’attarde malgré tout sur sa personnalité. Derrière le prévenu se dessine le parcours d’un homme plutôt studieux, diplômé d’un bac scientifique et d’un cursus à l’université en métropole. Brancardier un temps, puis apiculteur, père d’un garçon et aujourd’hui séparé de sa compagne, il dit s’occuper de sa mère malade à Taha’a.

La question de sa consommation de stupéfiants est également abordée. Le prévenu reconnaît consommer du paka et jusqu’à 5 grammes d’ice par semaine. Une consommation que le tribunal met en regard de sa situation personnelle : “Un prêt étudiant à rembourser et une maman malade”.

Au cours de ses premières auditions, il a d’abord coopéré avec les enquêteurs, avant de choisir de garder le silence. Un changement d’attitude qui interroge le président du tribunal. En ce qui concerne son implication dans le trafic de stupéfiants, le prévenu a expliqué pendant sa détention avoir été “contacté par quelqu’un qu’il ne connaît pas”. Il affirme ne pas savoir ce qu’il devait réceptionner et raconte qu’on lui avait promis 5 millions de francs pour mener à bien la transaction.

L’affaire est finalement renvoyée au 28 septembre, le temps de permettre de nouvelles investigations. En attendant, le jeune homme reste en détention jusqu’à la nouvelle audience.

Rédigé par Violaine Broquet le Lundi 10 Aout 2026 à 19:47 | Lu 501 fois