225,6 milliards de dépenses de l’État en 2025


Tahiti, le 6 juillet 2026 - Le haut-commissaire de la Polynésie française a tenu lundi une conférence de presse pour faire le point sur les dépenses de l’État sur l’année 2025. Des dépenses, en hausse de 14 % depuis cinq ans, qui atteignent 225,6 milliards de francs. 

 

C’est à bord de l’Hawaiki Nui II que le haut-commissaire a tenu à faire sa conférence de presse annuelle sur les dépenses de l’État en Polynésie française, lundi. Une présence symbolique sur ce nouveau navire pour lequel l’État, à hauteur d’environ 1 milliard de francs, a participé via la défiscalisation nationale. Des dépenses qui, malgré les tentatives de restrictions budgétaires à l’échelle métropolitaine, restent en hausse au Fenua.  

L’an dernier, l’État, tous pôles confondus, a dépensé 225,6 milliards de francs en Polynésie française “pour accompagner l’autonomie du territoire”, a expliqué le haut-commissaire, Alexandre Rochatte. “Ce montant représente le tiers du produit intérieur brut (PIB) de la Polynésie française et vise plusieurs objectifs : assurer la sécurité du quotidien sur terre comme en mer et protéger les frontières, favoriser la création d’emplois et de richesses par les entreprises, soutenir l’éducation des enfants et favoriser leur épanouissement et accompagner les efforts des communes, des communautés de communes et du Pays, dans la réalisation des services essentiels comme le logement, l’école, l’eau et la gestion des déchets.” 

D’autres pôles comme l’aide au développement de la vie culturelle et sportive, la contribution à l’optimisation de l’offre de soins et la protection de l’environnement, aussi bien terrestre que marin, sont aussi inscrits dans la lettre de mission de l’État en Polynésie française. 

Les réalisations faites et en cours sont assez nombreuses avec la mise en place de l’Épis (établissement public d'incendie et de secours), le financement d’abris de survie ou encore la sécurité en mer avec quelque 380 navires contrôlés en 2025 et 533 opérations de secours en mer pour 293 personnes sauvées. 

 

 


Des dépenses, mais aussi de la défisc’

Dans le détail, certains chiffres sont éloquents. 77,5 milliards de francs ont été mis sur la table pour l’éducation avec 72 milliards de francs pour le paiement des enseignants, l’occasion pour le haut-commissaire de glisser ce lundi que le nombre de services civiques sera augmenté à l’occasion des Jeux du Pacifique.  

Aides aux communes, infrastructures sportives, santé, environnement marin, développement économique sont aussi dans la liste des priorités de l’État dans le soutien économique à la Polynésie française pour l’exercice de ses compétences.  

Un levier ne figure pourtant pas dans les dépenses de l’État au Fenua, c’est le montant de la défiscalisation nationale accordée. Ni dotation, ni programmation, ce manque à gagner de l’État en termes de fiscalité est une forme d’injection directe dans l’économie locale. La défiscalisation se montait en 2025 à près de 12,6 milliards de francs d’agréments octroyés (logements sociaux, tourisme, acquisition de bateaux de pêche), ainsi que 5 milliards de francs de défiscalisation hors agrément recensés en 2024. Un montant qui serait sensiblement équivalent en 2025. 

Pour cette année, malgré le retour du spectre de la contrainte budgétaire, la Polynésie pourrait voir ces dotations être, peu ou prou, les mêmes que l’année passée. Plusieurs contrats sont en cours comme l’augmentation de la surveillance de la zone maritime, le projet France 2030 qui se poursuit ou encore le Fonds de transition énergétique qui vit sa dernière année, mais que le haut-commissaire et le Pays espèrent voir reconduit. 


Rédigé par Bertrand PREVOST le Lundi 6 Juillet 2026 à 19:13 | Lu 501 fois