11 ans de prison pour des viols conjugaux


Tahiti, le 2 mai 2026 – L'homme de 23 ans jugé depuis deux jours par la cour d'assises a été condamné jeudi à 11 ans de prison pour avoir violé sa compagne et pour l'avoir frappée.
 
 La cour d'assises a condamné, jeudi soir, l'accusé de 23 ans qui était jugé pour avoir imposé des rapports sexuels à sa compagne mineure et pour avoir frappé cette dernière à de multiples reprises.
 
Plus tôt dans la journée, l'avocat de la victime , Me Sarah Da Silveira avait pris la parole en évoquant l'âge de sa cliente à l'époque des faits : « 14 ans, c'est l'âge où l'on découvre la vie, c'est l'innocence, ce n'est pas être battue et menacée. C'est un âge important où l'on a le droit d'être protégé. » Elle a ensuite abordé l'épreuve que constituait l'audience pour la mineure : « Elle a honte, elle culpabilise et ce n'est pas normal. Elle était livrée à elle-même et lorsqu'elle a rencontré l'accusé, le calvaire a commencé . »
 
Me Da Silveira a également abordé « l'emprise » exercé par l'accusé sur sa cliente : « Elle est restée car elle était sous emprise et que son bourreau a mis un stratagème en place, c'est du terrorisme psychologique. » L'avocate a conclu sa plaidoirie en rappelant que préjudice post-traumatique était très important.
 
Un « jouisseur cynique »
 
Alors que l'accusé a expliqué à plusieurs reprises lors de son procès qu'il avant changé depuis son incarcération, l'avocat général s'est montré dubitatif : « On nous dit qu'après 18 mois de prison, il a tout compris et que c'est un repenti. D'un coup, il serait guéri. Je n'y crois pas car c'est une personne qui s'adapte. » Il a qualifié le jeune homme de « manipulateur » : « Cette jeune fille vivait dans un climat de violence. Pour lui, c'était une poupée en silicone. Il l'a utilisée et a exercé un total contrôle sur elle. »
 
Avant de requérir 15 ans de prison assortis des deux-tiers de sûreté, le représentant du ministère public, est revenu sur l'attitude de l'accusé, un « jouisseur cynique » qui a fait souffrir la mineure durant deux ans : « Elle a été violée et maltraitée et cette peine doit lui faire comprendre la gravité des faits commis sur un enfant. »
 
Me Marine Mele-Lanet a ensuite pris la parole pour la défense de l'accusé en commençant par expliquer qu'elle ne minimisait pas les faits « graves » de violences physiques, sexuelles et verbales subis par la victime. « Je mesure pleinement la profondeur des ses blessures » a-t-elle poursuivi avant d'assurer qu'il y avait un « seul élément objectif et positif » pour son client, à savoir son « évolution ». Durant l'instruction, l'accusé avait en effet nié les faits avant de les reconnaître intégralement lors de son procès.
 
Face à un client peu bavard lors des débats, Me Mele-Lanet a expliqué qu'il n'arrivait pas à parler car il était « impressionné » de se retrouver devant une cour d'assises. Elle est ensuite revenue sur le parcours de son client élevé par un père alcoolique, « tyrannique » et violent dont le décès avait entraîné une « bascule » dans l'attitude du jeune homme qui se trouvait dans une « insécurité affective profonde ». Elle a par ailleurs demandé à la cour d’assises de prononcer une peine ayant vocation à être « utile » et « comprise ».
 
Après en avoir délibéré, les jurés ont donc finalement condamné le jeune homme à 11 ans de prison.
 

Rédigé par Garance Colbert le Samedi 2 Mai 2026 à 08:31 | Lu 1128 fois