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​Projet de Hao : Coco Taputuarai condamné pour faux



Tahiti, le 25 février 2020 - Trois ans après les révélations sur un contentieux entre l’entrepreneur Teari, dit Coco, Taputuarai et la société Tahiti Nui Ocean Foods durant la phase d’études de la ferme aquacole de Hao, l’ancien maître d’ouvrage délégué du projet a été condamné hier par le tribunal correctionnel à trois ans de prison avec sursis pour faux et usage de faux. Il devra également indemniser la société Tahiti Nui Ocean Foods à hauteur de 50 millions de Fcfp.

L’ancien maître d’ouvrage délégué de la ferme aquacole de Hao, Coco Taputuarai, a comparu devant le tribunal correctionnel de Papeete hier pour répondre de “faux” et “usage de faux”, infractions commises du 1er avril au 1er septembre 2016 à Papeete. Il lui était reproché d’avoir falsifié 16 plans en apposant lui-même le cachet de l’architecte habilité à valider la conformité de ces plans.

Les faits s’étaient déroulés alors que Coco Group Engineering, la société de Coco Taputuarai, avait été chargée par la société Tahiti Nui Ocean Foods (TNOF), filière de la compagnie chinoise Tian Rui International, de travailler sur l’étude de faisabilité et le dépôt des permis de construire de la ferme aquacole de Hao. Ce premier marché avait été initialement conclu pour 100 millions de Fcfp, puis passé à 176 millions de Fcfp à la suite de dépenses supplémentaires invoquées par Coco Taputuarai.

On se souvient qu’en novembre 2017, le président de TNOF, Wang Cheng, avait envoyé un courrier au maire de Hao pour justifier le retard pris par le projet en évoquant un “procès” nécessitant “du temps pour évaluer cette affaire afin qu’une affaire similaire ne se reproduise pas”. Selon nos informations, deux contentieux ont en effet opposé à l’époque TNOF et Coco Group Engineering qui avaient déjà cessé toute collaboration dans le courant de l’année 2017. Le premier est la fameuse affaire de faux évoquée hier devant le tribunal correctionnel de Papeete. Le second concerne une demande de plus de 400 millions de Fcfp de Coco Taputuarai contre TNOF, actuellement en cours de traitement devant le tribunal de première instance de Paris.

​“Obtenir plus d’argent”

Concernant l’affaire de faux jugée hier matin à Papeete, les faits remontent à fin 2016. L’architecte employé par la société Coco Group Engineering avait alors porté plainte en dénonçant la falsification de 16 plans opérée par Coco Taputuarai à l’aide d’un faux tampon. Il avait également expliqué aux enquêteurs qu’à défaut d’être payé, il avait, quelques mois plus tôt, cessé sa collaboration avec Coco Group Engineering. C’est suite à cette rupture que Coco Taputuarai avait commis ces faux. Egalement entendu par les enquêteurs à l’époque de ce dépôt de plainte, le comptable de Coco Group Engineering avait déclaré : “Quand Coco Taputuarai a signé ce contrat avec la société chinoise, il est devenu plus gourmand. Il voulait couillonner les Chinois et obtenir plus d’argent.”

​110 millions de préjudice

Coco Taputuarai a donc comparu devant le tribunal correctionnel hier pour répondre de “faux” et “usage de faux”. A la barre, l’ancien entrepreneur aujourd’hui à la retraite, qui indique avoir gagné quatre millions ces douze derniers mois en “conseillant” des sociétés étrangères, a chargé l’architecte en indiquant que la plainte avait vocation à le “décrédibiliser”.

Constitué pour la défense de la société TNOF, Me Jourdainne a affirmé que les faits commis par Coco Taputuarai avaient formé un “chemin semé d’embûches” pour la société qui lui avait “fait confiance”. Et tel que l’a indiqué l’avocat lors de l’audience, Tahiti Nui Ocean Foods estime que son préjudice a été bien supérieur à ce qui avait été chiffré par les enquêteurs puisque l’intégralité des travaux ont dû être repris suite à cette affaire. La société réclame désormais la somme de 110 millions de Fcfp à Coco Taputuarai.

​“Rideau de fleurs”

Avant de requérir trois mois de prison avec sursis et l’interdiction définitive d’exercer une activité professionnelle en lien avec ce type d’infraction, le procureur de la République a vertement tancé la “survivance” de l’époque du CEP : “Derrière le rideau de fleurs, il y a toujours eu une confusion des genres et la pratique de méthodes non acceptables. A l’époque du CEP, l’argent coulait à flots et avait inondé le domaine des marchés publics et, aujourd’hui, on retrouve à la barre le comportement de cette époque où il n’y avait pas d’obligations légales et où tout le monde faisait n’importe quoi”. Pour le représentant du ministère public, le prévenu souffre d’un “manque de moralité et de professionnalisme” accentués par “l’incompétence et l’arrogance”.

Rejetant toute “intention frauduleuse” de son client, Me Des Arcis, l’avocat de Coco Taputuarai, a affirmé lors de sa plaidoirie que ce dernier n’était pas “malhonnête” mais juste “incompétent”. “Il ne connaît rien aux lois car il a débuté dans ce milieu à une époque où tout était permis et il est aujourd’hui complètement dépassé par les normes techniques”. Pour l’avocat, qui a plaidé la relaxe “faute d’intention frauduleuse”, il convient de s’interroger sur la raison pour laquelle la société chinoise avait à l’époque choisi Coco Group Engineering…

Après en avoir délibéré, le tribunal a condamné Coco Taputuarai à trois ans de prison avec sursis et cinq millions d’amende. Il devra indemniser la société TNOF à hauteur de 50 millions de Fcfp et a désormais l’interdiction d’exercer et de soumissionner à des marchés publics. La compagnie Coco Group Engineering, qui a été liquidée par le tribunal du commerce depuis les faits, a quant à elle été condamnée à une amende de cinq millions de Fcfp.

Rédigé par Garance Colbert le Mardi 25 Février 2020 à 19:35 | Lu 4601 fois





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