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​L’avenir précaire du CRT de Motu Uta



Le bail conclu entre le port autonome et de Fenua Ma pour le site du CRT de Motu Uta arrive à échéance fin 2021. A terme le port prévoit de récupérer ce foncier pour agrandir son terminal de commerce international. Pour l'instant, aucune solution de remplacement n'est trouvée par le syndicat mixte chargé du traitement des déchets.
Le bail conclu entre le port autonome et de Fenua Ma pour le site du CRT de Motu Uta arrive à échéance fin 2021. A terme le port prévoit de récupérer ce foncier pour agrandir son terminal de commerce international. Pour l'instant, aucune solution de remplacement n'est trouvée par le syndicat mixte chargé du traitement des déchets.
Tahiti, le 21 novembre 2019 - Le centre de recyclage et de transfert de Fenua Ma doit à déménager de Motu Uta à brève échéance. Pour l’instant, aucune solution de remplacement n’est prévue pour cet élément clé du dispositif de traitement des déchets dans l’agglomération urbaine de Papeete.
 
C’est un maillon clé du système de traitement des déchets en Polynésie française. Pourtant une grande incertitude pèse sur l’avenir du Centre de recyclage et de transfert (CRT) de Motu Uta. Avec une augmentation annuelle moyenne du trafic maritime de l’ordre de 6 %, le Port autonome de Papeete est en besoin d'espace. Et l’extension de son terminal de commerce international pourrait justifier assez vite que l’Epic (Etablissement public à caractère industriel et commercial) récupère le site de près de 7000 m2 où est installée depuis 20 ans l’unité industrielle de tri et de transfert du syndicat mixte ouvert Fenua Ma

Ce foncier est mis à disposition du syndicat en charge de la gestion du traitement et du recyclage des déchets sur la base d’un contrat de bail qui arrive à échéance le 31 décembre 2021. Passé cette date, pour l’instant, c’est le grand flou pour l’avenir du CRT. 

Une requête a été faite par le syndicat mixte ouvert au président Edouard Fritch, lors d’une réunion organisée le 12 novembre dernier : la prolongation de quatre années supplémentaires du bail d’occupation. Un délai qui porterait au 31 décembre 2025 l’horizon de viabilité du centre de Motu Uta. 

Et ensuite ? "Nous participons à un groupe de travail qui réunit le Port et les ministères de l’Environnement, de l’Équipement et du Domaine, pour étudier les solutions de remplacement", explique Benoît Layrle, le directeur général du syndicat mixte ouvert Fenua Ma. La problématique n’est pas aisée. Même en mettant de côté le coût estimé de 800 à 900 millions de francs que représentera la construction d’une nouvelle unité de tri et de transfert des déchets, demeure la difficulté de trouver un site d’une surface comparable dans l’agglomération de Papeete et à proximité du port.

Le CRT de Motu Uta gère en effet aujourd’hui le transfert des 25 000 tonnes de déchets organiques produits chaque année par les communes de Papeete, Pirae, Arue et Mahina et se charge de leur acheminement en direction du Centre d’enfouissement technique de Paihoro. Il prend également en charge les 9 000 tonnes par an de déchets "professionnels"  de cette zone géographique. Sur ses unités de traitement, le CRT s’occupe du tri avant exportation de 7 000 tonnes de recyclables. Accessoirement, Fenua Ma traite aussi les 200 tonnes de déchets expédiés vers Tahiti depuis les archipels. 

5 à 15 % de coûts supplémentaires

"Déménager, c’est concevable mais il ne faut pas oublier que nous devons être au plus près des gisements de déchets. Les communes ont besoin d’avoir un site de vidage des déchets collectés qui soit au plus près des lieux de ramassage, afin de rentabiliser leurs rotations et permettre une reprise rapide de la collecte", constate Benoît Layrle en soulignant le caractère stratégique d’un CRT à Motu Uta. "En cas de déplacement, il faut s’attendre à une augmentation des charges liées au transfert des déchets." Le transport des déchets étant à la charge des communes, ce surcoût impacterait directement leurs contributions et le porte-monnaie des administrés. "Quelle que soit la solution retenue, il y aura un surcoût d’exploitation de 5 à 15% à la charge des utilisateurs", prévient le directeur général de Fenua Ma. 

Un autre problème se pose avec l’éventualité d’un déménagement de l’activité du CRT ailleurs que sur le port. Le centre exporte près de 7 000 tonnes de déchets triés par an. Cela représentait autour de 350 conteneurs en 2018 : "Être à proximité de la zone sous douane nous permet d’optimiser les charges de transfert", argumente le patron de Fenua Ma, qui estime qu’une relocalisation du centre de transfert serait synonyme de triplement des frais liés au transport de ces conteneurs. Une charge qui reposerait sur le syndicat mixte ouvert et, par conséquent, sur l’ensemble de ses membres c’est-à-dire le Pays et les communes des îles du Vent, à l'exception de Faa’a.

Cette situation met en exergue toute la fragilité du système de traitement des déchets de Tahiti. Un groupe de travail est aujourd’hui en charge d’analyser les options qui s’offrent à Fenua Ma pour son centre de transfert. "On va se donner du temps pour les valider", assure le ministre en charge de l’environnement, Heremoana Maamaatuaiahutapu. Un schéma général des déchets de Polynésie française est actuellement à l’étude avec un rapport attendu au premier trimestre 2020.


"Le Pays accompagnera les communes dans cette affaire"

Edouard Fritch, président de la Polynésie.
 
Comment accueillez-vous la demande de report à 2025 de l’échéance du bail d’occupation du site de Motu Uta ?
"Je ne suis pas opposé à ce report à 2025 parce que le temps est court s’il faut trouver un endroit et construire quelque chose de nouveau. Mais je suis surtout favorable à ce qu’on accélère les recherches et les études sur le futur centre. Dans l’état actuel des choses, on ne peut pas envisager de garder ce CRT sur Motu Uta. D’abord parce que le lieu ne convient pas. C’est tout de même, après l’aéroport, l’entrée de Tahiti par la mer. Ensuite, parce que je pense que les besoins du port autonome nous poussent à agrandir la zone du terminal commercial sous douane. Il nous faut trouver une autre solution."
 
Une estimation faite par Fenua Ma évalue entre 5 et 15 % le surcoût d’exploitation qui serait généré par ce déplacement. Pensez-vous que cela soit problématique ?
"Non. Comme d’habitude, le Pays accompagnera les communes dans cette affaire. S’il faut reconvertir le site, s’il faut le déplacer et relancer une nouvelle machine, le Pays accompagnera le syndicat mixte ouvert. Mais là aussi, il faudra que l’on fasse un tour de table. Voir quels sont les financements possibles pour une telle opération entre l’Etat, les bailleurs de fonds, les communes elles-mêmes, Fenua Ma… Ce que j’ai dit au syndicat, c’est que si le CRT doit être transporté ailleurs c’est parce que le Pays pense qu’il y a d’autres urgences à traiter sur le port autonome. Cela signifie aussi que nous prenons l’engagement d’accompagner le syndicat dans cette mutation. Et on le fera."




Rédigé par Jean-Pierre Viatge le Jeudi 21 Novembre 2019 à 20:00 | Lu 3583 fois






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