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Une espèce invasive de moucherons inquiète chercheurs et agriculteurs



BORDEAUX, 17 octobre 2014 (AFP) - Repéré voici déjà quatre ans en France, un moucheron invasif a profité dette année d'un été humide pour attaquer les fruits rouges et la vigne. Et si elle n'est pas encore considérée comme un insecte ravageur, la drosophile suzukii inquiète tout de même beaucoup les chercheurs.

Cousine de la drosophile melanogaster, dite "mouche du vinaigre", le plus connu des moucherons, la drosophile suzukii, du nom de l'entomologiste japonais qui l'a découverte il y a près d'un siècle, est arrivée en France après avoir conquis l'Italie et l'Espagne à la fin des années 2000. Actuellement, tous les pays du sud de l'Europe sont touchés et les pays de l'Est commencent à l'être.

La fâcheuse particularité de ce moucheron de 2mm aux yeux rouges est que, contrairement à ses cousins qui ne s'en prennent qu'à des fruits abîmés, suzukii, lui, "s'attaque à des fruits qui sont en train d'arriver à maturité". Car "il dispose d'un appendice lui permettant de percer la peau des fruits et de pondre ses oeufs à l'intérieur", explique Jean-Luc Gatti, chercheur à l'Institut national de la recherche agronomique (INRA) à Sophia-Antipolis (Alpes-Maritimes).

Proches de la cueillette, ces fruits ne peuvent être traités avec des insecticides traditionnels, obligatoirement puissants quand il s'agit de mouches, d'où l'inquiétude des arboriculteurs et vignerons, démunis face à une attaque subite de la bestiole.

"Quand une mouche arrive sur un cerisier, elle va être capable de pondre plusieurs centaines d'oeufs. Et une seule mouche peut contaminer plusieurs centaines de cerises", avertit M. Gatti.

"On a été fortement impactés cette année car il y a eu un hiver doux et un été humide et ces mouches aiment l'humidité. Elles profitent que le fruit soit fragilisé par la pluie pour y pondre leurs oeufs", souligne Frédéric Bonnard, président des producteurs de fruits rouges dans les Monts du Lyonnais.

Cerises, mirabelles, fraises, framboises, mûres, myrtilles et même tomates: des attaques de la drosophile suzukii ont été enregistrées sur toutes les cultures de petits fruits, mais également sur les abricots, kiwis ou prunes.

- Pas de prédateur connu en Europe -

Cette drosophile s'attaque également à l'ensemble du vignoble français, avec une prédilection pour l'Alsace, la Bourgogne et le Bordelais.

A cause de l'insecte, Jérôme Bauer, président de l'Association des viticulteurs d'Alsace (AVA) table sur une récolte inférieure de 6% aux prévisions initiales. Selon lui, les dégâts sont variables et les vignerons les plus touchés auraient subi une perte de volume global de 20%.

En Bourgogne, "quelques bouts de parcelles" ont été "très touchés", rapporte un responsable du Bureau interprofessionnel, Jean-Philippe Gervais, qui refuse tout alarmisme pour les prochains millésimes mais déplore "un souci de plus pour les viticulteurs".

Dans le vignoble bordelais, 130 foyers de pourriture acide "imputés à la drosophile au sens large" ont été répertoriés par la Direction régionale de l'agriculture (DRAAF) d'Aquitaine. "C'est relativement significatif cette année et nous essayons de comprendre si c'est conjoncturel, en raison du climat particulier, ou structurel", explique François Hervieux, chef du service de l'alimentation.

"On est pris un peu par surprise, c'est une espèce menaçante qu'il va falloir suivre. Ce n'est pas aujourd'hui un problème majeur pour le vignoble mais cela reste néanmoins inquiétant", estime Denis Thiéry, à l'Institut des sciences de la vigne et du vin (ISVV) de Bordeaux.

"Peut-être les conditions climatiques l'an prochain limiteront sa profusion, des parasites pourraient exister dans le vignoble pour réguler sa population mais elle n'a pas de prédateur connu en Europe", souligne le chercheur.

Sur le terrain, les professionnels tentent de trouver des parades: pulvérisations de soufre et d'acide citrique, saupoudrage du vignoble à l'aide d'argile "car les femelles ne pondraient pas sur des baies poussiéreuses", indique Philippe Dulong, oenologue-conseil à Cadillac (Gironde). Sur les vendanges réalisées à la machine, il conseille de "jeter le jus de la benne" et d'effectuer des fermentations cuve ouverte pour éliminer l'acide acétique, qui s'évapore lors de la fermentation. Ainsi "il n'y a pas d'incidence gustative", assure-t-il.

Le ministère de l'Agriculture a classé en 2012 la suzukii comme endémique et un groupe technique national a été mis en place pour, au-delà du suivi épidémiologique, coordonner les études et expérimentations destinées à améliorer sa maîtrise.

Rédigé par () le Vendredi 17 Octobre 2014 à 05:57 | Lu 2527 fois





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