TAHITI INFOS, les informations de Tahiti
Facebook
Twitter
RSS
Newsletter
Widgetbox
I phone App
Androïd

FENUACOMMUNICATION, Fare Ute, immeuble SAT NUI BP 40160 98 713 Papeete Polynésie Française. Tel:40 43 49 49

Touchées de plein fouet par la crise, les agricultrices crient leur mal-être




Touchées de plein fouet par la crise, les agricultrices crient leur mal-être
Questembert, France | AFP | jeudi 25/08/2016 - "En 20 ans, on n'a jamais connu de crise aussi longue, c'est angoissant, humiliant, stressant, et cette angoisse on la transmet à nos enfants", se désole Catherine Taveau, dont le mari exploite un élevage porcin à Questembert (Morbihan).

Alors que les producteurs de lait rencontrent à Paris des représentants de Lactalis pour tenter d'obtenir un meilleur prix d'achat, et que la crise n'épargne quasiment aucune filière d'élevage, les femmes témoignent de plus en plus de leur désespoir, dans un univers où vie familiale et vie professionnelle sont étroitement imbriquées.

"Divorces, dépressions, problèmes d'alcool, il faut que l'entourage soit fort", indique Catherine Taveau, 56 ans. "Le gros problème aujourd'hui, ce n'est même plus d'avoir un revenu, mais de payer les factures", poursuit cette femme qui travaille à la Chambre d'agriculture, ajoutant que son mari "n'a pas connu de revenu positif depuis 4-5 ans".

En première ligne, les femmes gèrent souvent les comptes des exploitations et du ménage, se battent avec les créanciers, payent les études des enfants... "C'est la femme qui porte la famille, son mari et le travail, il y a tout un poids sur notre dos", reconnaît Béatrice Briand, productrice de lait dans le Morbihan, qui a dû prélever sur son Plan Epargne Logement "pour passer l'hiver".

Marcel Denieul, président de la Chambre d'agriculture d'Ille-et-Vilaine, s'était lui-même alarmé récemment des répercussions de la crise sur les familles. "Nous recevons des appels de femmes qui ne savent pas comment elles vont passer la rentrée scolaire. La vie familiale est quasiment sacrifiée", avait-il déclaré. Selon la Mutualité sociale agricole (MSA), les femmes en activité dans les exploitations étaient plus de 500.000 personnes en 2014.

"Avec la crise, les familles vivent souvent avec un seul revenu gagné à l'extérieur, et cela crée des tensions dans les couples", constate Marie-Hélène Briand, membre de la commission nationale des agricultrices de la Fédération nationale des exploitants agricoles (FNSEA). Face à cette situation, la FRSEA Bretagne a adressé début août une lettre ouverte à la presse et demande aux agricultrices de dresser une liste de leurs doléances.

- groupe de parole -

Autre facteur aggravant, les agricultrices qui travaillent avec leur mari sombrent parfois dans l'isolement. Pour en sortir, Nadine Vitel, 51 ans, qui dirige avec son mari une exploitation de 40 vaches laitières, a créé en juin sur Facebook un groupe de parole réservé aux femmes.

"On est sur les nerfs et on se demande comment on va finir le mois", explique à l'AFP cette mère de deux enfants, qui doit composer avec un revenu total de 1.000 euros par mois pour quatre personnes.

"Nous ne pouvons pas nous en sortir indemnes sans parler. La crise a beaucoup de conséquences sur les couples, il y a même parfois des maltraitances", confie-t-elle. Sur le site Wikiagri.fr, elle explique avoir "perdu pied un jour". "Dans ma tête, j'aurais bien voulu en finir, mais je me suis accrochée", raconte-t-elle.

Selon la Mutualité sociale agricole (MSA), les appels au numéro de prévention du suicide Agri'écoute sont passés de 90 par mois fin décembre, à environ 300 début 2016.

"On n'entend pas parler des suicides en milieu agricole, alors qu'il y en a plus d'un par jour", constate amèrement Charlène Guérin, femme d'un producteur laitier du Calvados et mère de deux enfants. Elle aussi a contribué à créer un groupe sur Facebook, "Les Foulards noirs". "Cela fait référence à nos grands-mères qui portaient des foulards pour la traite et le noir symbolise le deuil de cette agriculture que nous portons", explique-t-elle à l'AFP.

Quant aux enfants, ils sont souvent "privés d'un tas de choses", reconnaît-elle, attristée. "C'est difficile de leur expliquer que leurs parents s'esquintent la santé pour rien". Cette année, elle assure avoir pris "pour la première fois en 11 ans", des vacances en famille.

hdu/hg/mm

Rédigé par AFP le Vendredi 26 Août 2016 à 20:40 | Lu 964 fois


Notez

Actualité de Tahiti et ses îles | Actualité de France | Actualité du Pacifique | Actualité du Monde | Actualité du Sport | Insolite | Magazine | Assistance