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Tere Fa'ati : journal d’une "passagère"



PAPEETE, le 2 Fevrier 2015- - Le Tere Fa'ati, tour de l'île de Tahiti en truck, a réuni plus de 270 personnes samedi dernier. Grand succès pour cette opération organisée par Tahiti Tourisme et qui se déroule une fois par an. Derrière ces chiffres, une expérience, un ressenti... Celui d'une passagère à bord de l'un des trucks fleuris qui nous décrit avec ses mots la magie du moment...

Récit

Bien sûr, on peut faire le tour de l'île en voiture ; mais ce serait tellement dommage de ne pas le faire en truck ! Le truck est à la Polynésie française ce que la voiture américaine est à Cuba : un monument national hors d'âge, amoureusement entretenu malgré les pièces de rechange depuis longtemps introuvables. L'hybride d'un camion de chantier et d'une plate-forme de wagon de la fin du XIXe siècle, décoré, repeint de frais, fleuri de tous ses montants, brinquebalant, poussif dans les montées ; trois rangées de bancs courent sur toute la longueur, pas d'autre choix que de s'installer à califourchon sur celle du milieu.





À l'heure prévue, quelques centaines de participants se pressent à la recherche de leur bus
À l'heure prévue, quelques centaines de participants se pressent à la recherche de leur bus
À l'heure prévue, quelques centaines de participants se pressent à la recherche de leur bus, dans une pagaille à faire frémir un ressortissant de l'Empire du Soleil levant. Il y a là toutes les nationalités, toutes les couleurs, du plus pâle à l'ébène le plus profond, en passant par toutes les nuances de l'ambre. Anglais, Allemands, Chinois, Popa'a fraîchement débarqués à l'air un peu perdu ; et des femmes de tous âges couronnées de fleurs multicolores.

Les conducteurs installés derrière leur volant donnent le signal du départ. Il faut interrompre la circulation sur le front de mer pour laisser partir le convoi fumant et pétaradant. À l'arrière de chaque truck, un orchestre de cordes : 'ukulele, guitare et contrebassine se déchaînent, reprenant des classiques polynésiens que les connaisseurs entonnent en chœur ; parmi ceux-ci, la surprise de reconnaître, dans une version adaptée, La Paloma de Nana Mouskouri. C'est convivial, on lie rapidement conversation avec ses voisins, on essaie de ne pas leur écraser les pieds. Les fenêtres grandes ouvertes font office de climatisation.

Premier arrêt au col du Tahara'a. Tout Papeete sous les yeux, Moorea un peu plus loin coiffée de nuages, et le Pacifique à perte de vue. Magique ! Certainement le plus beau point de vue sur la ville, un vrai coup de cœur, surtout avec un café à la main : l'art de recevoir à la polynésienne. Quelques kilomètres plus loin, le Trou du souffleur mérite une nouvelle halte. La mer est calme, personne ne sera aspergé. Les danses, les percussions et les chants marquisiens agrémentent la pause d'une façon qui subjugue les adultes et effraie les enfants ; on comprend mieux quand on sait que le haka maori en descend. Certaines touristes ramèneraient bien un souvenir ; elles auront le temps, la journée est encore longue. Plus loin, la côte est défile sous les roues sans grand intérêt jusqu'à Taravao, à l'entrée de la Presqu'île. Arrêt au marché : accueil à la hauteur de tout ce qu'il est, partout en Polynésie : souriant, prévenant, chaleureux.


Déjeuner au jardin botanique. À visiter absolument ! Un guide touristique rouge bien connu dirait qu'il vaut à lui seul le déplacement tant la profusion et le gigantisme des espèces qui y ont été plantées sont spectaculaires. Chacun se place en fonction des affinités ou du hasard du moment : le ma'a Tahiti est prêt, il n'y a plus qu'à patienter en musique pour recevoir son plat. Pas le temps de faire la sieste que déjà le groupe de danseurs traditionnels est en piste. Mais ce ne sera que le hors- d'œuvre de ce qui attend les participants plus loin.

La halte au jardin d'eau de Vaipahi est écourtée. Le temps passe si vite ! À mesure que le convoi se rapproche du golf d'Atimaono, la vitesse chute, ralentie par les centaines de voitures stationnées des deux côtés de la route, envahissant toutes les aires de stationnement et les entrées de servitudes… Nous arrivons près du lieu de la tentative de record du monde de ‘ori tahiti. Il s'agit de la danse traditionnelle tahitienne, qui est partie à la conquête du monde avec des adeptes au Japon et au Mexique, notamment. Près de trois mille danseurs et danseuses évoluant au millimètre près laissent pantois. Le record a été explosé, et ce n'est que justice qu'il soit revenu au bercail.

Cet aspect délicieusement suranné risque de disparaître et ce serait triste ; les organisateurs doivent s'attacher à lutter contre l'aseptisation et l'acculturation du fenua ; les plages bordées de cocotiers ne suffisent plus à attirer les touristes.


Rédigé par Evelyne Geraud le Mardi 2 Février 2016 à 17:52 | Lu 1288 fois





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