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Quand le sexe tarifé s'invite sur Facebook



Les échanges entre membres de certains des groupes de libertinage formés sur Facebook.
Les échanges entre membres de certains des groupes de libertinage formés sur Facebook.
PAPEETE, le 24 août 2017 - Libertinage ? Prostitution en ligne ? Un peu des deux ? Plusieurs groupes de rencontre polynésiens, à caractère ouvertement coquin, posent actuellement question sur le plus populaire des réseaux sociaux. Tahiti Infos a rencontré une jeune femme, membre de l'un de ces groupes communautaires, qui a fini par en sortir jugeant certains comportements plus que douteux, "à la limite du proxénétisme".


"Plan Q", "Plan payant Tahiti", "Tahiti Hot String", une rapide recherche ciblée dans le moteur de recherche du réseau social Facebook et c'est un petit catalogue de groupes de rencontre à caractère ouvertement coquin qui s'affiche à l'écran. Des groupes fermés, gérés par un ou plusieurs administrateurs, et dont l'autorisation d'accès est nécessaire pour les utilisateurs Facebook qui souhaiteraient rejoindre la communauté.

Tous affichent la couleur : mettre en relation les nouveaux "amis" en quête d'une aventure d'un soir à Tahiti. Certains vont jusqu'à préciser que l'accès est interdit aux mineurs. Entre adultes consentants, pourquoi pas. Mais la frontière est mince avec l'univers de la prostitution et son corollaire, le proxénétisme. C'est d'ailleurs la raison qui a conduit Maeva, c'est un prénom d'emprunt, à contacter la rédaction de Tahiti Infos pour nous faire part de sa désagréable expérience.

"De la prostitution déguisée"

Maeva est une jeune et jolie femme de 33 ans. "Epanouie dans une sexualité libérée", précise-t-elle d'entrée de jeu. Cette célibataire sans enfant assume avoir rejoint, comme des milliers d'autres utilisateurs de Facebook en Polynésie française, plusieurs de ces groupes de rencontre. "Par curiosité, comme beaucoup d'autres filles des groupes", ajoute-t-elle. Mais l'expérience a vite tourné court : "Ce n'est pas le cas dans tous les groupes mais je me suis vite rendu compte qu'il s'agissait parfois de prostitution déguisée. Ni plus, ni moins". Son smartphone à la main, la jeune femme avance la preuve de ses dires par quelques captures d'écran qu'elle a gardé de ses conversations. Sans équivoque.

"Après mon admission dans l'un de ces groupes, très vite, un homme est entré en contact avec moi pour me demander mes tarifs, mes heures, et si j'avais un endroit pour recevoir… Je me suis dit que là, on était plus dans le libertinage". En naviguant de profil en profil parmi les utilisateurs du groupe, Maeva va de surprise en surprise, ne compte plus les propositions de relations sexuelles tarifées. "Des filles laissaient même des messages en se plaignant de ne pas avoir été payées, ou que certaines de leurs plans avait failli mal tourner, j'ai eu l'impression à les lire que le danger était aussi réel que dans la rue. Il y a aussi des utilisateurs qui cherchent tel ou tel type de fille et d'autres qui donnent les contacts et les tarifs. En surfant, j'ai même vu quelqu'un qui proposait de louer un "spot" à l'heure. Là, j'ai dit stop. Pour moi c'est du proxénétisme".

Code pénal

Un avis pas loin d'être partagé par certains spécialistes de la chose judiciaire, à qui la rédaction a soumis la désagréable expérience vécue par Maeva. "C'est du proxénétisme", lâche ainsi un magistrat, son code pénal en main, article 225-5 sous les yeux : "Le proxénétisme est le fait, par quiconque, de quelque manière que ce soit : D'aider, d'assister ou de protéger la prostitution d'autrui ; De tirer profit de la prostitution d'autrui, d'en partager les produits ou de recevoir des subsides d'une personne se livrant habituellement à la prostitution ; D'embaucher, d'entraîner ou de détourner une personne en vue de la prostitution ou d'exercer sur elle une pression pour qu'elle se prostitue ou continue à le faire. Le proxénétisme est puni de sept ans d'emprisonnement et de 150 000 euros d'amende (près de 18 millions de francs, Ndlr)".

En clair : le proxénétisme ne se limite pas à l'exploitation de la personne prostituée par un tiers, mais s'étend à toute forme d'aide apportée à la prostitution, comme la mise en relation, ou le proxénétisme hôtelier qui consiste à mettre à disposition des chambres ou un local en connaissance de cause.

Rappelons que la prostitution en tant que telle n'est pas illégale sur le territoire français. Ce n'est en revanche pas le cas pour les nombreuses activités qui lui sont reliées. Si la dernière loi anti prostitution adoptée en avril 2016 par l'Assemblée nationale a supprimé le délit de racolage, elle s'est retournée contre les clients en sanctionnant "l'achat de services sexuels" d'une peine d'amende de 1 500 euros (126 000 francs, Ndlr). Des contraventions rarement dressées en pratique en métropole et qui concernent essentiellement la prostitution de rue, peu les trottoirs virtuels. Localement, aucun PV de ce genre n'a jamais été délivré de mémoire de policier. Rappelons enfin que les pratiques dénoncées ne concernent pas l'ensemble des groupes et des utilisateurs Facebook qui les ont rejoints.


Proxénétisme, ce que dit la loi

Le proxénétisme est défini à l'article 225-5 du code pénal. Le proxénétisme est le fait, par quiconque, de quelque manière que ce soit :

1-D'aider, d'assister ou de protéger la prostitution d'autrui ;

2-De tirer profit de la prostitution d'autrui, d'en partager les produits ou de recevoir des subsides d'une personne se livrant habituellement à la prostitution ;

3-D'embaucher, d'entraîner ou de détourner une personne en vue de la prostitution ou d'exercer sur elle une pression pour qu'elle se prostitue ou continue à le faire.

Le proxénétisme est puni de sept ans d'emprisonnement et de 150 000 euros d'amende (près de 18 millions de francs, Ndlr). En clair : le proxénétisme ne se limite pas à l'exploitation de la personne prostituée par un tiers, mais s'étend à toute forme d'aide apportée à la prostitution, comme la mise en relation, ou le proxénétisme hôtelier qui consiste à mettre à disposition des chambres ou un local en connaissance de cause.

Rédigé par Raphaël Pierre le Jeudi 24 Août 2017 à 04:00 | Lu 32572 fois






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