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Pu taiana, ornement d'oreille



Pu taiana, ornement d’oreille - Dent de cachalot, coquillage, fibre végétale - H. 4,8 cm, L. 1,8 cm, E. 0,9 cm - Archipel des îles Marquises - Collection MTI - TFM © Danee Hazama
Pu taiana, ornement d’oreille - Dent de cachalot, coquillage, fibre végétale - H. 4,8 cm, L. 1,8 cm, E. 0,9 cm - Archipel des îles Marquises - Collection MTI - TFM © Danee Hazama
Le pu taiana est une cheville d’oreille composite qui était portée par les hommes et les femmes. Au début des années 1840, Ginoux de la Coche la décrit comme un ornement « de tous les jours… » et précise qu’aucun Marquisien ne se montrait « sans en avoir les oreilles garnies. » (Granville, 2001 : 175).

Elle est faite de l’assemblage de deux parties : un capuchon en coquillage, placé à l’avant de l’oreille, dans lequel vient s’emboîter un éperon façonné dans de l’os, une défense de verrat ou une dent de cachalot. La plupart du temps, cet élément est cylindrique et peut être décoré d’un ou plusieurs tiki, sculptés en haut relief, plus ou moins en relation, parfois réduits à de simples têtes. Toutefois, certains pu taiana présentent un éperon plat et ajouré, finement ciselé de scènes complexes en rapport avec la tradition orale. Ainsi, on retrouve le mythe d'Akaui dans des compositions de tiki très élaborées, illustrant les temps forts de l’histoire.

La légende d’Akaui

Cette tradition orale raconte comment, à la suite d’un affront, les vengeances s’enchaînent pour aboutir à une tragédie. Akaui, un chef de Hiva Oa, de la vallée d’Hanapaaoa rend visite à son ami Taoetini de Ua Pou. Suivant les lois de l’hospitalité marquisienne, Taoetini organise un banquet avec un porc. Il sert à son invité la meilleure partie de l’animal, la tête, mais celle-ci a déjà été rongée. Pour venger cet affront, Akaui fait venir de son île, à la nage, son cochon géant, Makaianui. Il le fait cuire dans un four enterré, mais lors du festin qu’il organise, il ne propose pas la tête à son hôte. De dépit, Toaetini demande aux deux filles du guerrier Pahuatiti, juchées sur une balançoire, d’uriner dans le bol de kava d'Akaui. Celui-ci riposte en envoyant deux guerriers chercher les pierres de fronde appartenant à un grand guerrier de Hiva Oa. Le lendemain, à leur retour, Akaui réclame du kava. Aussitôt, les deux championnes de l’escarpolette remontent sur leur balançoire et s’apprêtent à rejouer leur mauvais tour à Akaui. Mais les frondeurs attentifs et déterminés décochent leurs pierres. Les deux effrontées tombent et se tuent.

L’objet

La scène très stylisée est à rapprocher de la première partie de la légende. De face, aux deux extrémités de la partie sculptée, sont représentés deux "esclaves", non mentionnés dans les récits. Malgré la taille de la sculpture, on peut distinguer leurs têtes aux oreilles décollées et aux traits très épurés, caractéristiques de l’art marquisien, ainsi qu’un nez épaté et une large bouche entrouverte. Ils poussent la balançoire figurée par l’élément transversal qui les réunit à hauteur du bassin. Au-dessus, les têtes des deux filles de Pahuatiti sont solidaires des bras des esclaves et partagent le même buste. Sous la balançoire, nous remarquons sept jambes dont deux plus petites à chaque extrémité.

Source : Musée de Tahiti et des îles
D'après les textes de Christel Vieille- Ramseyer et Véronique Mu-Liepmann
Crédit photo : collection Musée de Tahiti et des îles / Danee Hazama








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