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Polémique autour du Lévothyrox : les Polynésiens s'interrogent



(Photo AFP)
(Photo AFP)
PAPEETE, le 28 août 2017 - Depuis la semaine dernière, en métropole, le médicament est au centre de controverses. Les utilisateurs disent être sujets à de nombreux effets secondaires. En Polynésie, rien n'a encore été signalé mais l'inquiétude est grandissante.

Un vent de panique souffle chez les personnes qui souffrent de troubles thyroïdiens. Depuis plusieurs jours, les appels se multiplient dans les cabinets des endocrinologues. "J'en reçois au moins une dizaine par jour, souffle Jean-Louis Boissin, docteur endocrinologue installé en Polynésie depuis 30 ans. Les gens nous appellent parce qu'ils ont vu les différents articles où certains patients disent être victimes d'effets secondaires. Ils veulent savoir s'il y a un risque et s'ils doivent arrêter, ou non, leur traitement!" Pour le spécialiste, la réponse reste non. Selon le médecin, entre 2000 et 3000 polynésiens se trouvent atteints de troubles thyroïdiens.

En mars dernier, une nouvelle formule du Lévothyrox a fait son entrée sur le marché. Petit à petit, elle a remplacé l'ancien médicament. Du côté du Centre hospitalier de la Polynésie française, la pharmacie est en train de retirer les anciennes formules de ce médicament pour le remplacer par les nouvelles. "Ce changement de formule du Lévothyrox a été réalisé par le laboratoire Merck, à la demande de l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), car il pouvait exister des différences de quantité en lévothyroxine non seulement d'un lot à l'autre de Lévothyrox mais aussi au cours du temps pour un même lot. Ces fluctuations pouvaient être à l'origine de perturbations de l'équilibre thyroïdien chez certains patients", indique un communiqué de la société française d'endocrinologie (SFE), groupe de recherche sur la thyroïde (GRT et société française d'endocrinologie pédiatrique (SFEDP), transmis aux médias polynésiens par le docteur Jean-Louis Boissin.

Dans cette nouvelle formule se trouvent du mannitol et de l'acide citrique anhydre "excipients communément utilisés dans la composition des médicaments et dans le domaine alimentaire." Le lactose a, quant à lui, été supprimé. "Le mannitol, contrairement au lactose, est dépourvu d'effet notoire à la dose où il est présent dans les comprimés et ce quel que soit le dosage du Lévothyrox", ajoute la communication officielle. Ces messages ont aussi été relayés par la presse métropolitaine. Mais rien n'y fait.

UN PROBLÈME DE DOSAGE

Le docteur Jean-Louis Boissin est endocrinologue à Papeete.
Le docteur Jean-Louis Boissin est endocrinologue à Papeete.
En Polynésie, certains patients s'inquiètent. "En effet, depuis plusieurs jours nous avons constamment des gens qui nous posent la question sur le médicament. Ils ne nous disent pas avoir ressenti tel ou tel effet secondaire, mais ils sont un peu angoissés", confie une pharmacienne. Toutes les pharmacies du territoire n'ont pas encore été équipées. D'autres, en revanche, ont reçu le nouveau lévothyrox depuis plusieurs semaines. "C'est souvent quand les gens apprennent que le médicament va changer qu'ils s'inquiètent, explique le docteur Frédérique Rachedi, endocrinologue au CHPF. La plupart de mes patients n'ont eu aucun problème avec la nouvelle formule mais se posent tout de même des questions."

D'après le docteur Jean-Louis Boissin, ce changement de formule peut avoir entraîné un problème de dosage. Dans ce cas, il est conseillé à toutes les personnes qui suivent le traitement de se rendre chez leur médecin traitant ou chez un endocrinologue pour faire le point. "Aujourd'hui, il faut faire attention. Auparavant, par exemple, certains patients prenaient le générique et maintenant, ils ne le prennent plus. Dans ce cas, il y a un risque de surdosage. Il faut aller voir son médecin de famille. Autre cas : s'il y a des signes d'hyperthyroïdie ou d'hypothyroïdie, il faut aller voir en endocrinologue", précise le docteur Jean-Louis Boissin. Selon les professionnels de santé du fenua, le vrai risque reste d'arrêter le traitement. Il faut avant tout retourner voir un spécialiste.

Pour les médecins, les inquiétudes des patients sont légitimes. Ils reconnaissent que si changement de formule partait d'une bonne intention, il y a eu un "défaut de communication" envers les patients.

L'agence nationale de sécurité du médicament rassure

En mars dernier, l'ANSM publiait sur son site internet un communiqué concernant la mise en vente de la nouvelle formule du Lévothyrox. Elle indiquait: "Cette nouvelle formule sera mise à disposition dans les pharmacies à compter de la fin du mois de mars 2017.Ces modifications ne changent ni l’efficacité ni le profil de tolérance du médicament. Toutefois, par mesure de précaution face à toute modification, et bien que la bioéquivalence entre l’ancienne et la nouvelle formule ait été démontrée, l’ANSM préconise, pour certains patients, de réaliser un dosage de TSH quelques semaines après le début de la prise de la nouvelle formule."

Le 17 août, l'agence a actualisé son article "questions/réponses" concernant le médicament avant de proposer un numéro vert le 23 août :
- Le site internet de l'ANSM avec le lien vers la foire aux questions : CLIQUER ICI
- Un numéro vert en métropole pour les inquiets : 0 800 97 16 53



qr_levothyrox_2017_v3_aout_2017.pdf QR-levothyrox-2017_V3_Aout-2017.pdf  (174.46 Ko)


Qu'est-ce que la thyroïde?

La glande thyroïde est placée en avant de la trachée et de l'œsophage. Elle monte et descend lors des mouvements faits pour avaler. Elle produit les hormones thyroïdiennes, fabriquées à partir de l'iode alimentaire que la glande thyroïde capte. Un manque d'iode peut perturber le fonctionnement de la thyroïde et provoquer un goitre. Au contraire, un excès d'iode, par des médicaments ou des produits iodés, peut également provoquer des troubles thyroïdiens. Les hyperthyroïdies sont dues à un excès d'hormones (T3 et T4). Les hypothyroïdies sont dues à une insuffisance en hormones (T3 et T4).

Rédigé par Amelie David le Mardi 29 Août 2017 à 16:38 | Lu 3931 fois





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