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Pêche illégale : les dispositifs efficaces de l’Action de l’Etat en mer



Suite à la publication de notre article « une carte high-tech pour lutter cotre la pêche illégale dans le Pacifique » paru dans notre journal du 9 novembre, Gonzagues Aizier chef du bureau de l’Action de l’Etat en mer a souhaité réagir. Il revient sur les actions et le rôle de l’AEM ainsi que sur les moyens mis en place par l’Etat pour surveiller de façon extrêmement rigoureuse et efficiente la Zone Economique Exclusive, afin d’éviter toute infraction ou pêche illégale dans nos eaux polynésiennes. Interview.
 
Que pouvez-vous nous dire sur la surveillance des bateaux de pêche étrangers dans nos eaux ?
Avant toute chose, il faut savoir que tout bateau bénéficie de la liberté de transiter dans les eaux internationales sans avoir à faire une quelconque demande d’autorisation à qui que ce soit.
Ensuite chaque pays bénéficie de sa propre loi sur les droits de pêche et en Polynésie c’est le gouvernement local qui a la compétence des ressources et qui a décidé de n’accorder de licences qu’aux pêcheurs polynésiens. Il y a environ 60 palangriers qui ont cette licence et eux seuls sont autorisés à pêcher dans notre zone économique exclusive.
 
Comment se passe la surveillance de la zone ?
Nous suivons chaque navire présent sur dans la ZEE grâce a un outil qui s’appelle AIS ( Automatic Identification System) . Il y a deux opérateurs qui se relaient pour suivre toute l’activité en permanence.
 
Notre zone est –elle attractive pour les pêcheurs étrangers ?
Il s’agit d’une zone poissonneuse très riche en thonidés. On constate d’ailleurs que les flottilles étrangères pour la plupart asiatiques sont très présentes tout autour de la ZEE.
Certains bancs de poissons traversent nos eaux notamment à l’ouest des Marquises, et certains bateaux transitent de part et d’autre de la zone pour suivre les poissons. Ils ont le droit de traverser mais pas de pêcher.
 
Une surveillance minutieuse faite par des professionnels avec du matériel de pointe
 
A part le transit, quelle est l’activité de certains bateaux de pêches asiatiques repérés dans nos eaux ?
Il peut s’agir d’escales techniques, certains navires viennent faire des escales, à Papeete par exemple. On suit leur trajet et je rappelle qu’ils bénéficient de la liberté de navigation. Tous les bateaux qui pénètrent dans la zone sont repérés par leur VMS, on voit très concrètement l’activité des navires de pêche. Nos analystes observent les données en permanence et on peut identifier une activité de pêche à la palangre grâce aux signaux très particuliers. Nous transmettons ces données aux affaires maritimes et à la marine nationale, qui ainsi savent exactement « qui fait quoi » et peuvent procéder à des contrôles « physiques » lorsqu’il y a une concentration ou des signaux suspects.
 
Quels moyens et quelles actions dans ce cas ?
On peut utiliser différents moyens. Le satellite pour faire un focus sur la zone repérée, mais aussi envoyer un avion de l’armée pour survoler la zone, communiquer avec les équipages et se faire voir de façon à dissuader toute tentative de pêche illégale. D’ailleurs nous mettons en place des vols réguliers bien au-delà, de la ZEE,  nous survolons 5 Millions de km2 afin de montrer notre présence et nos forces de contrôle dans le but d’avoir une action dissuasive.
Il y a aussi la flotte de l’armée. Régulièrement des bâtiments de la marine nationale vont faire des repérages et des contrôles en haute mer. Le but est de maintenir la pression, montrer et démontrer une présence active et permanente.
 
Satellite + Avion + Bateau = dissuasion et contrôles
 
Etes-vous isolés sur le secteur ?
Les Etats se réunissent régulièrement pour échanger, optimiser les actions de surveillance et de repérage, la pression est maintenue en permanence dans l’ensemble du Pacifique. L’outil s’avère efficace, de dispositif efficient, la coordination fonctionne. Un contrevenant éventuel est immédiatement dérouté, y compris en exerçant si nécessaire des mesures de contraintes.
 
Est-il envisageable qu’un navire souhaitant pêcher illégalement dans nos eaux « débranche » son système de radar de façon à se rendre invisible ?
Les radars sont aussi des outils de sécurité, ne l’oublions pas. Quoiqu’il en soit si un opérateur constate qu’un navire disparaît des radars subitement une procédure de contrôle est immédiatement engagée.
Mais cela n’arrive quasiment jamais.
 
Que dire à propos des DCP qui dérivent dans nos eaux ?
Les DCP sont utilisées par les thoniers senneurs. On trouve des DCP aux Marquises et aux Tuamotu. Il arrive que les courants qui partent du NE vers le SO entraînent avec eux des DCP qui ont été déposés par les navires étrangers. Dès qu’ils arrivent dans nos eaux, ceux-ci ne peuvent plus être récupérés par les senneurs asiatiques. Pour les pêcheurs polynésiens, lorsqu’ils les trouvent c’est un peu le jackpot. [Lien vers la carte interactive de pêche en mer]url:http://globalfishingwatch.org/map/

Qu’est-ce que l’AEM ?

Gonzagues Aizier (en blanc) chef du service de l'AEM aux côtés de Frédéric Poisot, directeur de cabinet du Haut-commissariat en Polynésie française
Gonzagues Aizier (en blanc) chef du service de l'AEM aux côtés de Frédéric Poisot, directeur de cabinet du Haut-commissariat en Polynésie française
L’action de l’État en mer (AEM) repose sur une coordination entre administrations bénéficiant de compétences et de moyens en mer. Elle concourt à des missions de service public.

Les missions de l’AEM
Au titre de ses missions régaliennes, l’État exerce une action permanente et vigilante en mer, notamment pour la défense des droits souverains, le maintien de l’ordre public, la sauvegarde des personnes et des biens, la protection de l’environnement et la coordination de la lutte contre les trafics illicites. En Polynésie française, archipel de 118 îles éparpillées sur une zone maritime plus vaste que l’Europe et essentielle pour l’économie du territoire (tourisme, perle, pêche), l’action de l’État en mer recouvre les principales missions suivantes :
-  Souveraineté et protection des intérêts nationaux : surveillance maritime ;
-  Sauvegarde des personnes et des biens : recherche et sauvetage en mer ; assistance maritime.
-  Protection de l’environnement : lutte antipollution en mer ;
-  Sécurité maritime : police de la navigation, sécurité des navires, information nautique ;
-  Gestion du patrimoine marin et des ressources publiques marines : surveillance et police des pêches maritimes ;
-  Sûreté maritime et lutte contre les activités illicites par voie de mer.

 Les moyens de l’AEM
Plusieurs moyens participent à l’action de l’État en mer :
-  Des moyens nautiques de la marine nationale (une frégate de surveillance, deux patrouilleurs, un remorqueur-ravitailleur), des douanes (un patrouilleur), de la gendarmerie maritime (un patrouilleur) et de la gendarmerie nationale (embarcations légères dont un jet-ski) ;
-  Des moyens aériens de la marine nationale (trois avions Gardian) et de l’armée de l’air (deux avions de transport CASA) ainsi que deux Dauphins interministériels ;
-  Des moyens terrestres de la gendarmerie, avec les brigades réparties sur les îles, du personnel des affaires maritimes et des effectifs de la marine nationale employés au Centre Maritime Commun (CMC).

L’organisation de l’AEM
 L’action de l’État en mer relève, dans la zone maritime de Polynésie française, de la responsabilité du haut-commissaire, délégué du gouvernement au titre de l’AEM, assisté par le commandant de zone maritime. Ce dernier coordonne, pour cette mission, les moyens des différentes administrations et services : forces armées, douanes, affaires maritimes, gendarmerie… Dans le respect du partage des compétences maritimes entre l’État et la Polynésie française, l’AEM s’exerce en étroite collaboration avec les services du pays concernés (DPAM, DRMM, port autonome…). À travers cette organisation, l’État assure une multiplicité de missions destinées à garantir l’ordre public en mer indispensable au développement des activités maritimes.


le Lundi 13 Novembre 2017 à 03:44 | Lu 1139 fois





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