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Nouvelle-Zélande : les drapeaux de la discorde



PAPEETE, le 20 novembre 2015 - La Nouvelle-Zélande vit un moment historique. Du 20 novembre au 11 décembre prochain, les citoyens vont devoir classer par ordre de préférence cinq dessins qui pourraient remplacer l’emblème national actuel. Le plus populaire sera ensuite à nouveau soumis au vote par référendum en mars 2016. Les Néo-Zélandais devront dire s’ils veulent du nouveau drapeau ou préfèrent garder l’ancien. Pour l’heure, impossible de prédire l’issue de ces votes.

C’est un symbole d’union nationale qui divise les citoyens. Changer ou ne pas changer de drapeau ? Telle est la question. Certains pensent que oui. Selon eux, le drapeau actuel ressemble beaucoup trop à celui des Australiens. "Comment voulons-nous que le monde nous reconnaisse vraiment ?", s’interroge James Shaw, tête du "Green Party", l’équivalent des Verts en France. Fond bleu, Union Jack représentant le Royaume-Uni dans le coin gauche, étoiles, les deux drapeaux sont très semblables. "Quand on les met tous les deux à côté, je pense que 99 % des Néo-zélandais se trompent", estime David, Français qui vit en Nouvelle-Zélande depuis plus de 20 ans et qui votera pour le référendum.

"Cela pourrait être un bon moyen de présenter de manière différente la Nouvelle-Zélande au reste de la planète", ajoute Angel, 38 ans, Philippin d’origine ayant obtenu la citoyenneté néo-zélandaise en août dernier. Arrivé à la fin de l’année 2010, il a pu observer la rapide évolution du pays. La Nouvelle-Zélande qu’il a connue hier n’est plus celle d’aujourd’hui. "Cela prendrait tout son sens d’adopter un nouvel étendard pour affirmer sa nouvelle identité."

"Il renvoie à la monarchie"


Autre argument avancé par le camp des "pour" : se démarquer de la Couronne britannique. "Je ne pense pas que nous soyons vraiment attachés à la Reine", constate Anna Bracewell-Worrall, rédacteur en chef de 95 bFM, radio locale d’Auckland. Lilian Hanly, elle, n’a aucun doute. L’étudiante en télévision et cinéma l’affirme : "Oui, je veux que le drapeau change ! Il est le symbole de la colonie sur laquelle notre pays a été bâti. Il ne représente en rien notre propre nation, comme nous la connaissons actuellement, façonnée par notre histoire et par nos hommes. C’est d’ailleurs frustrant car il renvoie tout de suite à la monarchie", commente la jeune femme, dont le te reo maori est la langue maternelle. Ce référendum serait l’opportunité pour le pays de s’affirmer en tant que tel et de dire au revoir à l’Union Jack et tout son symbole. "Le meilleur des drapeaux serait celui où l’on retirerait l’Union Jack qu’on enverrait ensuite au Royaume-Uni", sourit Selwyn Manning, journaliste politique.

Un nouveau drapeau, symbole de l’indépendance de la Nouvelle-Zélande ? C’est en tout cas ce que beaucoup espèrent comme Marama Fox, représentante du parti politique Maori au parlement. Cette dernière souhaite que la population maorie soit mieux représentée. "Quelque chose qui a la feuille de fougère dessus serait un symbole de notre société biculturel. C’est l’emblème de la Nouvelle-Zélande et il a aussi une très forte signification pour les Maori. Je serai heureuse avec n’importe laquelle de ces cinq options tant car, de toutes les manières, le changement veut dire regarder vers notre futur." Le futur, pour d’autres, ne se trouve en rien dans un changement de drapeau.

Andrew Little, chef du principal parti d’opposition, estime que beaucoup de ces concitoyens sont attachés au drapeau actuel. "On le voit sur les bâtiments, sur les maisons, un peu partout… L’autre jour, j’étais à Londres et j’ai vu de jeunes néo-zélandais enveloppés dans le drapeau, je ne suis pas certain qu’ils veuillent le changer." Le patron du parti travailliste reproche aussi au Premier Ministre de créer la confusion dans les esprits. D’après lui, beaucoup de citoyens ne comprennent pas pourquoi le temps est venu d’adopter un nouvel emblème. "Si nous étions en train de modifier notre constitution, si nous étions en train de devenir une République, alors là, il faudrait parler du drapeau. Mais pour l’heure, rien ne m’amène à penser que c’est le bon moment."

Olivia, jeune femme de 23 ans, le rejoint. L’ingénieure a vu le jour en Grande-Bretagne, de parents kiwis, elle vit en Nouvelle-Zélande depuis qu’elle a 6 ans. Elle possède les deux passeports et jouit de la double nationalité. Le débat autour de la bannière néo-zélandaise la laisse perplexe. "Je ne sais pas si nous avons vraiment besoin de changer. Je suis vraiment indécise par rapport à cela", admet la jeune femme, avant de poursuivre : "Je ne pense pas que ce soit une nécessité à l’heure actuelle. Autour de moi, beaucoup de gens estiment que des personnes ont combattu sous ce drapeau et que du coup, on ne peut pas le changer."

26 millions de dollars pour le référendum

De nombreuses personnes, jeunes ou moins jeunes, ont perdu pied dans le débat et ne savent pas si la somme engagée pour organiser les référendums, 26 millions de dollars selon le New Zealand Herald, se justifie. "Je pense d’abord que les dates du vote tombent mal. D’après moi, il aurait fallu procéder au référendum après les fêtes de fin d’année. Ainsi, les Néo-Zélandais auraient eu l’occasion de se voir et d’en parler plus sérieusement. Et puis, je pense qu’il y a des choses plus urgentes à faire, dans notre pays, avant de changer le drapeau", souligne David Seymour, président du parti politique ACT, un courant de droite.

À quelques semaines du référendum, un récent sondage a montré que 58% des hommes et 54% des femmes "pensaient voter pour le référendum". Depuis vendredi, les Néo-Zélandais ont reçu dans leur boîte aux lettres les bulletins de vote sur lesquels se trouvent les différentes options. À chacun son vote, à chacun son idée, pour espérer trouver dans un drapeau, l’union d’un peuple.

Amélie David

Historique du drapeau

- 1834 : 25 chefs de tribu maorie se retrouvent à Waitangi, sur l’île du Nord, dans la maison de James Busby, représentant de la couronne d’Angleterre en Nouvelle-Zélande pour choisir un drapeau. Des missionnaires et commandants de bateaux britanniques et américains font aussi partie de l’assemblée. Le drapeau des tribus unies est adopté.
- 1840 : L’Union Jack, le même que le Royaume-Uni, représente la Nouvelle-Zélande.
- 1902 : Le drapeau actuel est adopté. Il représente le royaume, le gouvernement et les citoyens.
- 2010 : À l’occasion du Waitangi Treaty Day (le jour du traité de Waitangi), le drapeau national Maori (Tino Rangatiratanga) a été reconnu officiellement par les autorités. Il flotte aux côtés de celui adopté en 1902 au Parlement à Wellington et d’autres bâtiments officiels.
(Source : NZhistory.net.nz)

Les Maoris veulent être mieux représentés

Dans le drapeau actuel, il y a peu, voire pas du tout, de signes qui renvoient à la culture maori selon de nombreux néo-zélandais, kiwis ou natifs. Alors, pour eux, il est évident que changer de drapeau est essentiel. Si la plupart se disent "déçus" des cinq options parmi lesquelles il faudra choisir, ils espèrent tout de même que le vote ira en faveur d’un drapeau plus représentatif de la population maori. En tête de classement, arriveraient dans ce sens, un drapeau où l’on retrouve la fameuse feuille de fougère argentée, ou encore le "Red Peak", entré dans le choix après les autres. "Je préfère le Red Peak car il est différent des autres et c’est celui qui est le plus représentatif de la culture maorie. Le noir représente l’homme ; le rouge, la femme ; le blanc la spiritualité et le bleu, la Nouvelle-Zélande dans un tout…", a confié une jeune femme au New Zealand Herald avant le vote. Dans les deux cas, pour Maori ou Pakeha (kiwi en te reo), il s’agit là de symbole fort de la Nouvelle-Zélande et qui ont une haute importance chez les Maoris.

« Nous ne savons pas vraiment qui nous sommes ! »

La phrase se retrouve partout : dans la bouche des journalistes, des politiques ou de n’importe quel citoyen. Quel pays est vraiment la Nouvelle-Zélande ? Quelles sont ses valeurs ? Quelle est la chose qui unit ses habitants ? Difficile de répondre pour l’heure. Tout le monde a son avis et il diffère de son voisin. Au-delà du drapeau, c’est aussi un débat sur l’identité de la Nation qui a pris place en Nouvelle-Zélande. "Il nous faut avoir cette conversation, afin de savoir quelle est notre identité, quelles sont nos valeurs", explique James Shaw, du Green Party. Seulement voilà, avec la Coupe du monde et les questions environnementales, le référendum sur le drapeau est parfois passé aux oubliettes. Beaucoup de Néo-Zélandais estiment que le gouvernement Key a lancé les débats dans la précipitation sans vraiment laisser la chance à ces citoyens de s’asseoir à la table de la démocratie et "d’avoir une plus longue conversation que celle-ci", indique Lilian Hanly. "Cette question du qui sommes-nous vraiment ? est tellement complexe, tellement divisant que je me demande comment nous pouvons vouloir changer de drapeau, ou changer de constitution, sans y avoir trouvé une réponse ?"


Rédigé par Amélie David le Dimanche 22 Novembre 2015 à 11:17 | Lu 2070 fois







1.Posté par lebororo le 23/11/2015 12:45 | Alerter
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Liberté au peuple de choisir, c'est un bon choix.

2.Posté par helios le 01/12/2015 21:37 | Alerter
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au moins un pays qui consulte les citoyens
pas comme la France ou Giscard a enleve le bleue France pour le bleue marine
sans demande a qui que ce soit

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