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"Nous faisons tout notre possible pour avoir du travail"



PAPEETE, le 5 octobre 2017 - Depuis plusieurs années, un couple vit dans des conditions précaires près du dispensaire de Papeete. Marereva et Taita souhaitent trouver un emploi pour s'en sortir.

Des draps blancs accrochés à des carcasses de voitures, des linges d'enfants étendus, des pièces de scooters alignés sur le sol. A la gare routière de Papeete, Taita et Marereva ont installé leur camp de fortune près du dispensaire. Un matelas surélevé sur des planches en guise de canapé le jour et de lit la nuit, des frigos hors service pour placards, un réchaud récupéré sur les trottoirs : c'est là que le couple de 48 et 53 ans vit. "Ca fait sept ans que nous vivons plus ou moins dans la rue, explique Marereva, 48 ans. Avant, nous étions dans une maison mais nous avons été expulsés pour que la pépinière soit construite."

Après un court séjour à Huahine, le couple est revenu dans ce quartier de Papeete qu'ils connaissent bien. D'abord hébergé par de la famille, ils ont dû une nouvelle fois partir. "Nous ne nous entendions plus." Retour à la rue. Sous un préau, ils aménagent un coin pour édifier leur campement. La solution sera à nouveau provisoire. Ils sont expulsés quelques mois plus tard. C'est finalement dehors, devant des bureaux et au-dessous des logements sociaux, qu'ils s'installent. "Le maire de Papeete ne fait rien. Il fait tout pour que nous retournions dans la rue."

EMPLOIS PRÉCAIRES ET MENUS REVENUS

Entre petits boulots et aides de l'association du père Christophe, Marereva et Taita s'en sortent comme ils peuvent. "Nous avons des enfants, eux au moins travaillent et sont hébergés chez de la famille. Nous gardons parfois les petits-enfants quand leurs parents ne peuvent pas", continue la quadragénaire en regardant les jouets de sa petite fille, posés sur le bitume. "Nous avons tout ce qu'il nous faut chez nous", sourit-elle. Bien sûr, cette situation est loin d'être idéale.

Les deux parents savent ce qui leur manque : un travail. Ils ont fait plusieurs demandes, envoyé des curriculum vitae mais avec leur manque d'expérience et de qualification, l'âge avançant, il leur est difficile d'avoir une réponse positive. "Pendant quatre ans, j'ai travaillé comme femme de ménage chez un particulier. C'était bien. Ensuite, je n'ai plus eu de travail. Récemment, nous nous occupions du ménage et de l'entretien d'une pension. Mais cela s'est mal passé avec les locataires et nous avons été foutus dehors."

La semaine dernière, des équipes du Sefi sont venus à leur rencontre pour faire un bilan de compétences. Marereva et Taita assurent être capables d'assurer un grand nombre de missions. "Certains pensent que nous sommes fainéants mais ce n'est pas vrai. Nous faisons tout notre possible pour avoir du travail. Malheureusement, ce n'est pas toujours possible", regrette Marereva.

C'est auprès du centre Te Vai-Ete et du père Christophe que le couple trouve de l'aide. En plus des repas, l'association les accompagne aussi dans leurs démarches administratives et professionnelles. Les équipes espèrent pouvoir orienter Marereva et Taita vers des contrats d'aide à l'emploi (CAE) dans les semaines à venir. "Ces gens-là sont vraiment dans la recherche de travail. Ils ont vraiment la motivation de trouver quelque chose", assure-t-on du côté du centre. Un emploi, pour le couple comme pour l'association, reste l'unique voie qui ouvre une nouvelle perspective.

Le coin cuisine.
Le coin cuisine.

"Nous ne voulons pas laisser faire cette situation"

Un dossier de demande de logement auprès de l'Office polynésien de l'habitat (OPH) est en cours de réalisation. La mairie de Papeete affirme faire le nécessaire pour cette famille. Les services expliquent :
"Nous sommes biens informés de la situation. Nous avons fait venir l'OPH et le ministre du Logement lui-même s'est rendu sur place. Nous sommes en train de voir une solution pour les reloger. Nous ne voulons pas laisser faire cette situation. Nous nous occupons d'eux. Il faut trouver quelque chose qui puisse leur correspondre, et qu'ils puissent payer. Il y a un certain nombre de familles qui vit malheureusement ainsi. C'est aussi à eux de se prendre en mains. "

Le lit, arrangé de matériel récupéré sur les trottoirs.
Le lit, arrangé de matériel récupéré sur les trottoirs.

Rédigé par Amelie David le Jeudi 5 Octobre 2017 à 17:12 | Lu 9788 fois





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