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Moetai Brotherson " Il faut s'occuper de la marge, sinon c'est elle qui va s'occuper de nous"



Moetai Brotherson " Il faut s'occuper de la marge, sinon c'est elle qui va s'occuper de nous"
PAPEETE, le 17 septembre 2017 - Le député Moetai Brotherson s'est rendu vendredi dernier dans les prisons de Nuutania et de Tatutu afin d'obderver les conditions de détention des détenus Polynésiens. A la fin de la journée, le député a accepté de faire le bilan de cette journée de visite des centres pénitentiaires de Polynésie.

Vous êtes le premier député à faire valoir votre droit de visite parlementaire dans les prisons pourquoi ?
"C'est un sujet qui me tient à cœur et parce que j'ai été invité par l'Union fédérale autonome pénitentiaire . Dès lors que j'avais cette possibilité je me suis dit qu'il allait absolument que je l'utilise. Il y a quelques années de ça, je me rendais à Nuutania pour faire la lecture de mon livre. C'était dans un autre contexte, celui de la réinsertion. Aujourd'hui, nous avons la possibilité d'être accompagnés de la presse et de rendre compte à la population des conditions de détention, des conditions d'exercice des personnels. En tant que parlementaire, je pense que c'est essentiel de se préoccuper de ces questions-là. La société ne peut pas être que la norme. Il y a la marge et il faut s'occuper de la marge. Sinon c'est elle qui va s'occuper de nous".

Il y a une grande différence entre la prison de Tatutu et celle de Nuutania, les syndicats ont peur que Nuutania reste dans l'état dans lequel elle est aujourd'hui. De l'argent avait été alloué à la rénovation de la prison de Faa'a, il n'a pas été utilisé et est retourné dans les caisses de l'État, certains ont peur que cela se reproduise ?
"Cette crainte est fondée. Nous voyons effectivement qu'il y a un delta entre les deux établissements, aussi bien dans la conception architecturale que dans les modalités d'utilisation des établissements pour le personnel et pour les détenus. Je pense qu'il est important de mettre Nuutania rapidement à niveau. On nous a parlé lors de la visite de grands projets de rénovation, éventuellement de reconstruction de Nuutania. Il est temps de ramener ceux qui ont fait ces promesses à leurs promesses et je crois que le dernier garde des Sceaux avait réitéré ces promesses. Lors d'un de mes prochains déplacements, je vais m'attacher à rencontrer la nouvelle garde des Sceaux pour en discuter avec elle.

Il y a deux traitements différents entre les longues peines qui sont à Tatutu et les femmes, les mineurs et les peines inférieures à deux ans d'incarcération qui se trouvent à Nuutania dans des conditions toujours limites…
"Complètement. Ce que nous avons vu ce matin [vendredi NDLR], à Nuutania où il n'y a pas de quartier d'isolement au sens strict du terme. Il y a des détenus placés en isolement, mais ils restent malgré tout en contact avec les autres détenus. De la même manière que les mineurs ne sont pas isolés des majeurs. Cela peut poser des problèmes certains. On rentre on est juste vandale, on ressort de là, on est devenu un criminel confirmé. C'est justement ce qu'il faut éviter. Or aujourd'hui à Nuutania, il n'y a pas cette possibilité-là. Ils essaient d'y pallier par différents modes de fonctionnement, des interventions et les interactions qu'il y a entre les détenus et le personnel. Ce n'est pas suffisant. Par ailleurs, les conditions de détention des femmes, n'en parlons pas. Ce que nous avons vu ce matin était quand même assez rude".

Les détenus hommes et femmes ne vivent pas la détention de la même façon. Vous avez pu le remarquer notamment grâce aux échanges que vous avez pu avoir avec les détenus ?
"Elles se sont lâchées. Elles ont dit tout ce qu'elles avaient à dire. À l'impossible nul n'est tenu, la direction doit faire de son mieux et le personnel se donne à 200 %, mais à un moment donné cela ne suffit pas, il faut que les infrastructures suivent".

Vu la différence, c'est à croire que les femmes et les mineurs sont des détenus de seconde zone pour le système pénitentiaire ? Que comptez-vous faire pour améliorer leurs conditions de vie ?
"Clairement aujourd'hui c'est encore le cas. Ce n'est certainement pas en une visite que je vais trouver les solutions. Je vais d'abord écouter les uns et les autres, c'est que je suis venu faire aujourd'hui. Il faut que je rencontre à nouveau les syndicats du personnel, puis à nouveau la direction. Je vais essayer de rencontrer la direction régionale, en métropole. Nous devons discuter tous ensemble, en mettant clairement les choses sur la table dans faire de faux semblants nous arriverons à faire avancer les différents dossiers".

Pensez-vous qu'à la fin de votre mandat, il y aura eu des améliorations des conditions de détention en Polynésie française ?
"J'espère qu'il y aura des améliorations globales. C'est un système, il faut à la fois se préoccuper des conditions d'exercice du personnel, et se préoccuper des conditions de détention, mais aussi de tout le processus de réinsertion parce que l'objectif est celui-là. Quand les détenus sortent de prison, il faut qu'ils puissent se réinsérer dans la société. On ne peut pas faire l'un sans faire l'autre, mais il faut aussi les infrastructures qui vont avec."


Rédigé par Marie Caroline Carrère le Lundi 18 Septembre 2017 à 04:00 | Lu 1716 fois





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