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Mieux comprendre l’emploi dans le secteur touristique




PAPEETE, le 12 septembre 2016 - L'emploi peine à décoller en Polynésie, exception faite de l'emploi dans le tourisme qui est en croissance constante depuis 2013. Le secteur est dynamique, le nombre de visiteurs ne cesse d'augmenter et le gouvernement mise sur le tourisme pour revivifier l'économie du Pays et donc générer de l'emploi.

Le secteur du tourisme en Polynésie est générateur d’emploi. Selon les derniers chiffres dévoilés par le ministère du Tourisme, il représente 7 % des actifs occupés du Pays.

Certaines îles dépendent du secteur. En effet, 50 % des actifs occupés de Bora Bora travaillent directement dans le secteur du tourisme soit 1 800 emplois et atteint 21 % à Moorea soit 1100 emplois, ils sont 6 % à Tahiti, soit 4000 emplois. Par ailleurs, on estime le nombre d’emplois induits générés par le secteur d’activité à environ un peu plus de 10 000 emplois.

Selon l’ISPF, en 2015, les employeurs touristiques représentent 10 % des employeurs totaux de la Polynésie. Dans un pays avec un taux de chômage aussi élevé que celui de la Polynésie, tout secteur qui recrute n’est pas à négliger, loin de là, d’autant que depuis 2013, le secteur d‘activité connaît un rebond.

Par ailleurs, « en 2015, 183 800 touristes étrangers ont visité la Polynésie française. Ils ont dépensé autour de 46 milliards de F.CFP (contre 41,2 milliards en 2013) au cours de leur séjour, soit 3,5 fois le montant des exportations de produits locaux (12,3 milliards de F.CFP). Ce montant équivaut au chiffre d’affaires réalisé localement par les entreprises polynésiennes », rappelle l’ISPF.

« Ce secteur est ainsi la branche la plus importante du commerce extérieur polynésien dont il représente 78 % des ressources propres. La balance entre les dépenses des touristes étrangers séjournant en Polynésie française et celles des résidents polynésiens en voyage à l'étranger dégage un solde positif autour de 32 milliards francs. Localement, ce sont 2 816 entreprises caractéristiques du tourisme (transport, hôtellerie, bar restauration…) qui déclarent un chiffre d’affaires global de 125 milliards de F.CFP, et qui emploient 10 300 salariés », ajoute un rapport de l’ISPF sur le tourisme en Polynésie.

Ainsi, les autorités l’ont compris et font tout pour encourager les jeunes et les moins jeunes vers le tourisme. « Nous adaptons nos formations au développement stratégique du tourisme, ça veut dire qu’au niveau du lycée hôtelier nous essayons de diversifier nos formations et faire connaître le secteur d’emploi à nos élèves. Nos équipes pédagogiques s’y emploient dès le collège, ce travail est poursuivi au lycée afin d’aider les jeunes à continuer leur découverte du secteur, les importants débouchés qu’ils offrent et les divers niveaux de qualifications requis par les professionnels », indique la ministre de l’Éducation, Nicole Sanquer.

En dehors du lycée hôtelier, le SEFi propose des formations dédiées au secteur du tourisme pour les chômeurs. Ainsi, la formation hôtesse-marin fait carton plein tous les deux ans. Elle forme des hôtesses et des marins locaux pour les charters, la formation est un tel succès que le SEFI se voit obliger d’opérer une sélection pointue des candidats et refuser beaucoup de monde. Par ailleurs, les entreprises de charters nautiques réclament ces formations, car ils recrutent les gens qui en sont issus. Selon Stéphanie Betz, à l’origine de la formation, « près de 70 % des gens qui ont suivi la formation travaillent encore dans le secteur ».

Le secteur du tourisme nautique aurait, selon Stéphane Renard du cluster, un fort potentiel de recrutement. Cependant, toujours selon lui, « la Polynésie manque de formation. Les acteurs du secteur préféreraient recruter localement, mais on a mal anticipé les besoins en terme de formation. Il en manque en Polynésie, donc les entreprises sont obligées de recruter des métropolitains ou des étrangers. Or, on le voit à formation égale, les employeurs préfèrent recruter local. »

Le secteur a d'autant plus un fort potentiel de recrutement que le gouvernement mise sur la croissance du secteur. Par ailleurs, la construction et la réouverture de nombreux grands hôtels sont prévues dans les années à venir. Sans oublier le marché des touristes chinois qui commence petit à petit à se frayer un chemin en Polynésie avec un taux d'accroissement vertigineux.

Le tourisme a de l'avenir, l'emploi est aussi dynamique sur le secteur sans oublier les différentes formations qui ouvrent où sont prévues dans les années à venir.


Questions à Hina Grepin-Louison, chef de service du Sefi

Hina Grepin Louison chef de service du SEFI a accepté de répondre à quelques questions sur le tourisme et l'emploi.

Quels secteurs ont du mal aujourd'hui à trouver des compétences ?

« Il y a beaucoup d'offres dans l'hôtellerie. À Bora Bora notamment, il y a trop d'offres d'emplois qui ne sont pas pourvues. L'hôtellerie et la restauration manquent de personnel qualifié à tous niveaux.

Ce sont des métiers dont l’image est peu attrayante, en raison des horaires notamment.

Chaque île a un vivier d'emplois très spécifiques, il faut qu'on imagine des formations en fonction de chaque lieu pour résoudre les problématiques spécifiques d’emploi compte tenu des bassins géographiques. Ainsi à Bora Bora, il y a aujourd’hui des besoins de masseurs en spa. On a donc réalisé un partenariat avec le RSMA. Le SEFI assure la prise en charge de la formation et le RSMA loge les stagiaires issus des îles sous le vent. On peut dupliquer ce type de dispositif partenarial pour d'autres îles en fonction des ressources et des besoins identifiés. »

La masse salariale de l'hôtellerie et de la restauration a augmenté de 5 % en 2015. Est-ce une filière miracle pour les demandeurs d'emploi ?

Il y a de vraies opportunités d'évolution dans l'hôtellerie. Mais les métiers dans le tourisme ne sont malheureusement pas assez valorisés. Il y a un travail à faire sur l'image de ces métiers au niveau de la population, dès le plus jeune âge.

Pour se former, le lycée hôtelier propose des formations intéressantes, du CAP au BTS. À l'Université, il y a une licence professionnelle Hôtellerie et tourisme.


Les pensions de famille en chiffres

295 le nombre de pensions de famille sur le territoire
27 % le taux de remplissage des pensions de famille selon l’ISPF
70 % des clients des pensions de famille sont des touristes internationaux
1500 le nombre de chambres disponibles sur le Fenua
33 % de la capacité hôtelière du pays
Environ 25 000 touristes internationaux et résidents passent par les pensions de famille.


Trois questions à Melinda Bodin, présidente de l’association des Hôtels de famille de Tahiti et ses îles

En quoi le Salon du Tourisme est-il essentiel aux les pensions de famille ?

Les Pensions de famille ont créé le Salon du Tourisme. Les trois premières éditions du Salon ne concernaient que nous, nos activités, nos comités de tourisme. C’était vraiment la promotion d’un tourisme authentique.

Aujourd’hui, le Salon vient remplir le calendrier de réservation des pensions de famille. L’événement a pris tellement d’importance, qu’il leur permet à chaque édition de remplir, deux mois, voire trois mois de leur cahier de réservations, c’est-à-dire six mois par an.

L’effet salon est important, surtout dans les îles éloignées. Air Tahiti fait des réductions qui vont jusqu’à 50 %, ce qui veut dire que pour aller au Gambier, c’est pratiquement 35 000 francs au lieu de 80 000.

Déjà, grâce au Salon, les pensions de famille vivent bien et aussi grâce à Air Tahiti. Quand on sait que séjour dans les îles faites pratiquement la même chose. Air Tahiti joue le jeu de cette promotion qui est faite pour le Salon. C’est super.



Les hôtels de famille sont importants pour l’économie des îles ?

C’est très compliqué financièrement pour les pensions, surtout pour les pensions des îles éloignées. Quand on entend la promotion de la Polynésie et de Tahiti et ses îles, quand on voit les publicités qui sont faites à l’international, il n’y en a que pour Bora Bora, Moorea, Rangiroa, Fakarava, Tikehau. Elles délaissent Tahiti et les autres archipels. Ça ne représente qu’une dizaine d’îles. Pourtant, ce sont justement ces îles qu’on ignore qui ont besoin d’être promues. Qui a entendu parler de Makemo , de Anaa, Mataiva ? Personne, parce qu’il n’y a pas d’hôtels.

Les pensions de famille sont l’acteur principal de l’économie des iles, pas que de l’économie touristique, mais de l’économie tout court. Elles donnent de l’argent aux pêcheurs, à l’agriculteur, aux perliculteurs, aux tatoueurs, aux sculpteurs, à l’artisanat en général. C’est toute une population qui vit de ce tourisme authentique, mais une population qu’on n’a jamais été impliquée dans le tourisme. Quand j’entends dire, « c’est une population qui doit s’impliquer », non. Elle a toujours été impliquée, mais on ne l’a jamais écoutée.



De quoi ont besoin les pensions de famille aujourd’hui ?

Historiquement, nous reprochons au GIE et ministère du Tourisme de ne pas donner assez de visibilité aux pensions de famille. Cela change petit à petit et les pensions de famille se retrouvent pour la première fois au cœur de la stratégie du GIE et ministère du Tourisme. Le GIE a pour objectif premier de faire la promotion de la destination.

Les hôteliers, remplis ou pas, c’est leur problème. Aujourd’hui, ils sont saturés, mais c’est parce que beaucoup ont fermé, pas forcément parce que le nombre de touristes a augmenté. Nous les pensions, nous avons toujours été là et avons toujours eu des places disponibles. La clientèle d’hôtel classée ne viendra pas chez nous, ils vont attendre qu’il y ait de la place. Nous ne visons pas la même cible. Aujourd’hui, nous avons acquis une reconnaissance et nos lettres de noblesse grâce à notre travail, mais aussi à la professionnalisation de notre secteur qui n’a pas toujours été bien accueillie. Nous avons tapé des pieds et des mains pour en arriver là. Au salon du tourisme, le ministre a annoncé que le GIE allait accorder à l’association 30 millions de francs de budget. C’est un bon début, les choses commencent à changer pour nous.

"Embrace the mana", quand les touristes vivent l'expérience

Tahiti Tourisme a exposé la semaine dernière son plan de promotion de la Polynésie à l'international. Le maître mot de l'année 2017 : « Faire rêver le plus de monde possible » et les pousser à concrétiser leur rêve en passant par l'image.

Tahiti Tourisme a présenté au ministre du Tourisme et aux prestataires la nouvelle campagne de promotion de la destination et les outils qu'il a prévu de mettre en place pour continuer de vendre la Polynésie française à l'international.

« Embrace the mana » est un succès. La campagne de promotion de la destination, lancée cette année, est un tel succès que Tahiti Tourisme est en train de déployer la vidéo en Chine et au Japon. Par ailleurs, la campagne a été traduite en neuf langues.

Face à un tel succès, Tahiti Tourisme a présenté la semaine dernière le deuxième volet de sa campagne qui vendra la Polynésie comme un tout. Après avoir vendu pendant des années Bora Bora et Moorea, la nouvelle politique de promotion de la destination promeut la Polynésie en général : la mer, les plages de sable blanc et les bungalows sur pilotis, mais aussi l'intérieur des terres, les danses, les chants et la culture polynésienne.

Dans ce deuxième volet, Tahiti Tourisme a choisi de suivre trois couples de touristes pendant leur découverte de la Polynésie. Au programme : détente, tourisme et expérience des us et coutumes locaux. « Ce n'est plus seulement voir le mana, c'est vivre le mana ». Cette nouvelle campagne met en avant la population locale et la richesse du panel d'activités proposées sur le territoire. « Ce que nous montrons à travers ces vidéos c'est la diversité. La diversité de Tahiti et ses îles par ses activités, par les expériences qu'on peut proposer aux visiteurs, des moments partagés avec la population locale, c'est tout ce que nous pouvons montrer à travers la dualité. C'est un des axes principaux qu'on veut montrer, mais il y a aussi le mana, qui se véhicule pour le peuple et la culture polynésienne », explique Vaihere Lissant, directrice marketing et communication de Tahiti tourisme. « Cette campagne de communication nous permet de montrer que la destination est adaptée aux "honeymooners", mais qu'elle convient aussi aux aventuriers et à ceux qui recherchent un tourisme plus culturel. Nous devons agrandir notre assiette de cible, si nous voulons remplis nos objectifs et continuer de faire augmenter le nombre de touristes », indique Paul Sloan, directeur de Tahiti Tourisme, « nous voulons montrer que la Polynésie et une destination pour tous. »

Tahiti Tourisme a opté pour un tournant dans sa communication. « Avec cette campagne, nous voulons promouvoir le peuple et la culture polynésienne. Vendre le produit ne suffit plus. Le bungalow sur l'eau, les plages de sable blanc on les trouve ailleurs. La question qu'on s'est posée c'est : qu'est-ce qui nous rend uniques ? Ce qui nous rend différents, c'est notre peuple, notre culture, notre accueil, notre générosité », conclut Gina Bunton, directrice des opérations internationales de Tahiti Tourisme.

Rédigé par Marie Caroline Carrère le Lundi 12 Septembre 2016 à 17:35 | Lu 2342 fois



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