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Matavai et ses alentours en 1792, vus par George Tobin



TAHITI, le 24 février 2017. Cette semaine, Tahiti Heritage vous fait découvrir les aquarelles de George Tobin qui illustrent quelques lieux de la côte est du Tahiti d’antan.
On Matavai River, Island of Otahytey - Le long de la rivière de la Tuauru à Matavai en 1792
On Matavai River, Island of Otahytey - Le long de la rivière de la Tuauru à Matavai en 1792

George Tobin, lieutenant et aquarelliste

George Tobin est un lieutenant anglais de 23 ans qui participe à la deuxième expédition du Capitaine Bligh pour convoyer des plants d’arbre à pain, de Tahiti aux Antilles. La première ayant conduit à la mutinerie du Bounty. Il arrive à Tahiti en avril 1792.

Naturaliste amateur, Tobin profite de son séjour de près de quatre mois pour connaître l’île et ses habitants. Ses aquarelles sont de véritables témoignages du Tahiti d’autrefois et des premiers contacts entre Tahitiens et Européens. Tobin réussit à fixer sur la toile, à la manière d’un reportage par l’image, des informations d’ordre géographique, géologique, botanique, animalier, anthropologique. Ces aquarelles étaient destinées à l’Amirauté britannique et au souverain d’Angleterre. Elles devaient leur permettre de définir leurs stratégies politico-économiques qui visaient, à terme, l’occupation des terres découvertes et l’utilisation de leurs ressources.

Mais George Tobin ne s’est pas contenté de peindre ses aquarelles, il a également laissé un journal dans lequel il nous décrit ses impressions.

Visite de la vallée de la Tuauru, Matavai

« Le 22 avril 1792. Ayant formé un détachement dans l'espoir d'atteindre la source de la rivière de Matavai (la Tuauru), nous quittâmes le poste aux prémisses de l'aube. La vallée était large d'environ un demi mille ; les montagnes s'élevaient doucement des deux côtés, richement revêtues sur plus de la moitié de leur hauteur d'arbres à pain, de cocotiers, d'avee, d'eratta (rata) et de beaucoup d'autres arbres dont nous ignorions le nom. La terre ici était très riche…

…Le pays devint rapidement plus sauvage et pittoresque. Comme en plusieurs endroits le courant rencontrait l'obstacle d'énormes rochers, il était très rapide là où il parvenait à trouver un passage. On ne voyait plus d'arbres à pain ni de cocotiers mais il y avait des plantains (fei) tout au long de la marche. Nos regards étaient subitement attirés par de belles cataractes tombant d'une grande hauteur mais non sans en avoir été prévenus pendant notre approche par le rugissement qu'elles faisaient en forçant un passage le long des falaises boisées jusqu'à la rivière en-dessous.

Nos guides commencèrent alors à nous encourager vivement à rebrousser chemin, mais bien que chaque pas devînt plus difficile, nous ne voulions pas abandonner sans connaître l'objet de notre recherche. Une autre motivation nous poussait aussi à continuer : l'espoir d'atteindre une cascade appelée Peeir (Te piha) par les naturels. En poursuivant notre chemin accidenté sur environ deux milles, nous reçûmes, en effet, la récompense de nos efforts. Elle est formée par une roche basaltique perpendiculaire, haute de plus de cent pieds, sa base s'étendant le long de la rive droite de la rivière sur plus de deux cents pieds. Au-dessus, le bord fait saillie sur quelques pieds ; un large mur d'eau en descend sans rencontrer de résistance jusqu'à ce qu'il atteigne quelques rochers isolés d'où l'eau tombe en plusieurs chutes dans un bassin profond et tranquille. Les piliers sont étroitement reliés entre eux mais cassés en plusieurs endroits. Le dessin du Peeir (Te piha) fut fait de mémoire à mon retour au poste ; les piliers ne sont peut-être pas absolument justes, j'ai essayé simplement d'en donner un aperçu général. »

Le surf

« Avril 1792. Il est courant de voir les enfants de cinq ou six ans en train de s'amuser dans les plus grosses vagues avec une petite planche ; ils montent sur celle-ci avant le point où la vague se brise et sont projetés violemment sur la plage, sans la moindre peur de leur propre part ni de celle de leurs parents qui ne craignent nullement des accidents »

La découverte du Kava

« Le 19 avril 1792. De nombreux chefs étaient à bord tôt le matin ; leurs towtow leur apportèrent une quantité de racines de yava (kava) pour leur loisir. Comme toute la préparation du liquide eut lieu à bord, je pris soin de l'observer. La racine, fraîchement sortie du sol sans que la terre en soit enlevée, est d'abord mastiquée par les towtow pendant environ deux heures, le jus exprimé étant craché dans un bol peu profond en bois. A ce stade, il prend la consistance de l'herbe ruminée par un bœuf car il contient encore les restes de la racine. On y ajoute alors du lait de coco et on bat le tout pour bien le mélanger. Il reste à le débarrasser des gros morceaux filandreux, ce qui est effectué à l'aide d'une touffe d'herbe que l'on rince dedans pour les rassembler ; le yava (kava) devient alors un liquide de la couleur de l'eau boueuse. Il est ensuite réparti dans des coques de noix de coco pour être bu et, dès qu'il a été avalé, tout le monde mange immodérément du fruit à pain ou des plantains… Environ une demi-heure après les effets narcotiques étaient très perceptibles : une espèce d'étourdissement agréable s'en suivit qui s'acheva par un sommeil paisible d'environ trois heures. »

L’embouchure de la Papenoo

« L'embouchure de la Whapiano (Hapaianoo, l’ancien nom de Papenoo) est large de plus de cent mètres et son lit est composé de gros galets sombres. La vue en amont est particulièrement grandiose et pittoresque mais un peu gâchée ce jour-là par le fait que les lointaines montagnes étaient enveloppées de nuages. Un dessin que j'en fis vous en donnera une vague idée – mais vague seulement – de ce beau paysage. Grâce aux naturels qui, comme d'habitude, nous portèrent sur les épaules pour franchir la rivière, nous en atteignîmes la rive est ; mais, par temps de forte pluie, il est impossible de faire ceci autrement qu'en pirogue. »

Marae de Pirae

« Pendant notre marche, nous vîmes plusieurs des figures sculptées appelées etee (ti'i, tiki). La plus remarquable mesurait environ vingt pieds de haut était de sexe féminin. Elles sont sculptées sans que l'arbre soit abattu et cela a du être une entreprise fastidieuse. La distorsion de la bouche semblait imiter celle faite en dansant le heeva et, sur certaines figures mâles, la marque distinctive du sexe était ridiculement évidente, ce qui faisait beaucoup glousser quelques demoiselles tahitiennes.

A notre approche du morai (marae), la brise d'est nous apporta le parfum peu odorant de nombreux cochons qui avaient été sacrifiés en tant qu'offrande à la divinité. Le morai consistait en un pavage d'environ un pied de haut, de soixante-quatre de long et quarante-deux de large ; une extrémité était surélevée et cette partie était ornée de figures sculptées en bois, certaines représentant des danseurs du heeva, des oiseaux et des lézards... Un crâne humain et celui d'un cochon étaient suspendus à certaines figures sculptées près du morai et l'on nous apporta un autre crâne qui, selon nos guides, était conservé avec grand soin dans ce lieu, étant celui de Thompson, l'un des mutinés du Bounty. »

George TOBIN, 3e Lieutenant sur la Providence (2e voyage de Bligh) : 5 avril 1792 – 19 Juillet 1792

In the district of Oparrey, Island of Otahytey - Au district de Pirae en 1792.
In the district of Oparrey, Island of Otahytey - Au district de Pirae en 1792.

The Morai at Oparrey, Island of Otahytey – Le marae Taputapuatea à Papaoa dans le district de Pirae en 1792.
The Morai at Oparrey, Island of Otahytey – Le marae Taputapuatea à Papaoa dans le district de Pirae en 1792.

Tarra Heads, in Matavai bay - Island of Otahytey – La pointe du Taraha’a dans la baie de Matavai en 1792
Tarra Heads, in Matavai bay - Island of Otahytey – La pointe du Taraha’a dans la baie de Matavai en 1792

Matavai Bay, Island of Otahytey - Sun set - Coucher de soleil sur la baie de Matavai en 1792
Matavai Bay, Island of Otahytey - Sun set - Coucher de soleil sur la baie de Matavai en 1792

Matavai Bay, and the Island Tetheroa - La baie de Matavai et l’atoll de Tetiaroa en 1792
Matavai Bay, and the Island Tetheroa - La baie de Matavai et l’atoll de Tetiaroa en 1792

On Matavai River, Island of Otahytey - Te piha, les orgues basaltiques de la Tuauru, Matavai en 1792
On Matavai River, Island of Otahytey - Te piha, les orgues basaltiques de la Tuauru, Matavai en 1792

The watering place Matavai - In the Island of Otahytey – l’approvisionement d’eau en baie de Matavai en 1792
The watering place Matavai - In the Island of Otahytey – l’approvisionement d’eau en baie de Matavai en 1792

The Observatory, Point Venus, Otahytey - L’observatoire de la pointe Vénus en 1792
The Observatory, Point Venus, Otahytey - L’observatoire de la pointe Vénus en 1792

Near the Mouth of Whapiano River - Près de l’embouchure de la rivière de la vallée de Papenoo en 1792 (Whapiano = Hapaianoo, l’ancien nom de Papenoo)
Near the Mouth of Whapiano River - Près de l’embouchure de la rivière de la vallée de Papenoo en 1792 (Whapiano = Hapaianoo, l’ancien nom de Papenoo)

Rédigé par TAHITI HERITAGE le Vendredi 24 Février 2017 à 10:32 | Lu 2059 fois




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