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Les collégiens de Mahina découvrent l'histoire des "Tamari'i volontaires"



Pour répondre aux interrogations des élèves, Jacques Navarro et Jean-Christophe Teva Shigetomi, auteur du livre sur les "Tamari'i volontaires" étaient présents.
Pour répondre aux interrogations des élèves, Jacques Navarro et Jean-Christophe Teva Shigetomi, auteur du livre sur les "Tamari'i volontaires" étaient présents.
MAHINA, le 23/02/2017 - Le film Aux armes Tahitiens, qui retrace le parcours des "Tamari'i volontaires", a été projeté mardi au collège de Mahina pour les 200 élèves en classe de 3e. L'occasion pour eux de découvrir l'histoire de leurs ancêtres partis combattre pour la France lors de la Seconde guerre mondiale. Le constat est tout de même triste, puisque très peu connaissaient justement le parcours des "Tamari'i volontaires". Pour un des professeurs d'histoire-géographie, cette initiative est primordiale pour l'épanouissement des jeunes Polynésiens.

Les 200 élèves en classe de 3e au collège de Mahina ont pu découvrir, mardi dernier, l'histoire des "Tamari'i volontaires" ces Tahitiens partis combattre pour la France, lors de la Seconde guerre mondiale. Une projection du film Aux armes Tahitiens, réalisé par Jacques Navarro et présenté au Fifo 2016, a été mise en place au sein de cet établissement scolaire. Et pour répondre aux interrogations des élèves, Jacques Navarro et Jean-Christophe Teva Shigetomi, auteur du livre Tamari'i volontaires : les Tahitiens dans la Seconde guerre mondiale, étaient de la partie.

À l'initiative de ce projet, Olivier Bourda, professeur d’histoire-géographie. "Je suis allé voir le film au Fifo avec une classe de Faa'a et je l'ai trouvé formidable. C'est une histoire que je ne connaissais pas du tout en arrivant sur le territoire, il y a deux ans. Et j'ai trouvé extrêmement important de partager cela avec les élèves d'ici, qui sont complètement ignorants de ce qu'ont fait les Tahitiens durant la Seconde guerre mondiale. Donc, cette année, quand j'ai traité cette partie au programme, j'ai décidé de contacter les auteurs par les réseaux sociaux et ils ont accepté de faire cette projection", raconte-t-il.

Un devoir de mémoire essentiel, pour Olivier Bourda. "Dans le programme, nous traitons la Seconde guerre mondiale sous l'angle de la guerre d'anéantissement. Donc, l'extermination des Juifs, les bombardements atomiques… et puis on a des parties adaptées. Alors, cette année, on n'a pas encore reçu les consignes du ministère parce que le programme a changé. Mais on a la consigne d'essayer de montrer le plus l'histoire locale. Et là, on a un exemple formidable."

"À travers leurs interrogations, on voit qu'il y a des élèves qui ont été plus intéressés que d'autres, beaucoup plus sensibles que d'autres. Mais c'est toujours comme ça dans un environnement, il y a toujours quelqu'un qui se distingue", précise Jean-Christophe Teva Shigetomi.

"Le film surprend énormément les jeunes parce qu'ils ne se doutent pas de tout ce qui s'est passé", rajoute Jacques Navarro.

Et justement, Tekaunani, 14 ans n'est pas restée insensible à l'histoire des "Tamari'i volontaires". "Je trouve que c'est important que nous, en tant que jeunes, connaissions notre histoire", dit-elle.

La prochaine étape pour Olivier Bourda et ses élèves sera de faire un bilan de ces "héros" tahitiens. "Après, avec mes élèves, on va traiter la face un peu plus sombre, et c'est ce qui est montré à la fin du film, où beaucoup sont rentrés, en ayant participé à la libération du territoire, en se rappelant qu'ils sont dans une commune française. Et donc, beaucoup ont participé au mouvement indépendantiste avec Pouvana'a, après la guerre", conclut le professeur d'histoire-géographie.

b[Jean-Christophe Teva Shigetomi
Auteur des "Tamari'i volontaires"


Votre travail de recherches a été projeté à ces collégiens, qui ne connaissaient pas cette partie de l'histoire. Cela vous étonne ?]b
"Il y avait énormément de choses que j'ignorais. Quand j'avais l'âge de ces jeunes, j'avais lu Le Bataillon du guitariste, mais je pensais que le Tahitien était parti faire la guerre et qu'il ne faisait que de jouer de la guitare. C'est après que j'ai appris que c'était des héros de guerre, et que par là où ils étaient passés, c'était vraiment extraordinaire. Je pense que la mémoire, pour le moment, c'est vraiment devenu tendance. Là, on a parlé des "Tamari'i volontaires", j'ai mon deuxième livre qui sort en mai, qui va parler des "Poilus tahitiens", sur la Première guerre mondiale, mais c'est fait de la même façon. Et mon troisième livre qui sortira en 2018 parlera des Tahitiens qui sont allés en Indochine et en Corée, il y en a eu énormément qui sont partis."

Comment et pourquoi ce sujet vous a-t-il passionné ?

"Je suis un enfant de la guerre. Je suis né en 1960 et la guerre s'est terminée il y a 15 ans. Autour de moi, ce ne sont que des gens qui ont vécu la guerre, ils ne parlent que de ça. Ils sont complètement meurtris dans leurs corps et dans leurs chairs. Ils ont vécu l'occupation, ils ont fait la guerre et en réalité, ils ne parlent que de ça. Donc, je vis là-dedans, j'entends, j'écoute, et en même temps, je me demande ce que j'aurais fait à leur place. C'est comme ça que je suis rentré là-dedans. C'est pour cela que j'ai dit aux enfants : attention, il ne faut pas être superflu. Ce n'est pas terminé. Peut-être que demain, c'est vous qui allez y aller."

Parlez-nous de vos prochains livres.
"Mon prochain livre sur la Première guerre mondiale, Les Poilus tahitiens est, je dirai, mieux que les Tamari'i volontaires. Là, on repart 100 ans en arrière, où là finalement, on ne sait rien sur eux, et surtout qu'on vient juste d'ouvrir les archives. Il a fallu attendre 100 ans pour y avoir accès. Là, par contre, je suis vraiment entré dans les détails car j'ai étudié tous les livrets militaires des personnes qui sont parties. Donc, je les ai étudiés individuellement, là ce sont des familles polynésiennes et toutes les familles vont retrouver l'histoire de leurs grands aînés. Dans la foulée, j'ai travaillé sur l'Indochine et la Corée, où il y a eu beaucoup de Tahitiens qui sont allés se battre, comme il y a eu beaucoup de Tahitiens qui sont sur tous les théâtres extérieurs en ce moment."

Jacques Navarro
Réalisateur de "Aux armes tahitiens"

"C'est un film composé d'archives de guerre et de beaucoup de photos"


"C'est un film qui est composé à la fois d'archives de guerre mais il n'y a pas de Tahitiens, et de beaucoup de photos, où là on retrouve des Tahitiens. Il y a aussi des témoignages de quelques rares survivants, encore en état de s'exprimer. Il y a des scènes qui ont été reconstituées, donc des fictions, notamment sur les tortures des résistantes polynésiennes. Mais surtout, il y a un procédé scénarii où je fais s'exprimer le premier mort tahitien au combat en Libye, Tainui Kararo. C'est lui qui parle dans le film en fait, parce qu'il est au paradis et il voit tout ce qui se passe pendant la guerre. Donc, il raconte et les Tahitiens qui meurent viennent le rejoindre et ils deviennent copains. Donc, il raconte tout ça et cela donne un côté plus humain et plus proche et chaleureux, plutôt que de mettre des interviews avec des archives à la suite."

Olivier Bourda
Professeur d'histoire-géographie

"Je trouve dommage que les jeunes Polynésiens ne connaissent pas leur histoire"


"C'est ma deuxième année sur le territoire, je trouve dommage que les jeunes Polynésiens ne connaissent pas leur histoire. Après c'est sûrement dû au fait que ce ne soit pas central dans les programmes. Après, c'est notre liberté d'aller chercher cette histoire et de la transmettre. Les manuels d'histoire sont les manuels français et on n'en parle pas du tout. Par contre, quand je rentrerai en métropole et quand je traiterai de la Seconde guerre mondiale, c'est sûr que je parlerai des Tahitiens. Ça me paraît extraordinaire ce que ces jeunes ont fait."

Tekaunani
Élève en 3e, 14 ans

"Il ne faut pas oublier ce qui s'est passé"


"Je suis très passionnée en général par l'histoire. J'ai retenu dans cette projection, que si on oublie, on devient nous-mêmes transparents. C'est important de connaître son histoire pour avancer dans le futur. Il ne faut pas oublier ce qui s'est passé parce qu'après, il n'y aura plus de mémoire pour les Tahitiens. On ne sait jamais si dans 50 ans, il y a une prochaine guerre et on sera les prochains soldats. Donc, c'est important de savoir ce qui s'est passé bien avant."


Rédigé par Corinne Tehetia le Jeudi 23 Février 2017 à 14:36 | Lu 1216 fois






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