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La réussite expliquée aux étudiants d'école de commerce



Les élèves écoutaient la parole de leurs aînés avec attention : réussir est une motivation très forte pour ces jeunes étudiants bourrés d'ambition.
Les élèves écoutaient la parole de leurs aînés avec attention : réussir est une motivation très forte pour ces jeunes étudiants bourrés d'ambition.
PAPEETE, le 10 septembre 2016 - Pour leur séminaire d'intégration, les élèves de l'École de Commerce de Tahiti ont organisé une soirée-débat sur le thème de la réussite. Les invités issus des mondes de l'économie, de la politique, du sport ou de la beauté ont partagé leurs conseils et leur vision avec ces 28 élèves bourrés d'ambition.

Chaque année depuis la création de l'École de Commerce de Tahiti (ECT) il y a 7 ans, les jeunes recrues sont accueillies avec un séminaire d'intégration d'une semaine. Un défi très public leur est lancé, qu'ils doivent relever en équipe et par leurs propres moyens. Ces défis ont pu prendre la forme de vidéos faisant le buzz, d'un projet de carte étudiante, etc.

Cette année, leur défi était d'organiser une conférence-débat sur le thème "L'ECT accueille la réussite", avec des personnalités représentant – selon la vision des étudiants – les différents types de réussite. Cinq invités ont répondu à leur appel : Teva Rohfritsch (ministre de la Relance Économique), Hinarere Taputu (Miss Tahiti 2014), Brigitte Olivier (journaliste et présentatrice TV), Lyse Deterne (chef d'entreprise) et Pascal Vahirua (footballeur, ancien joueur de l'équipe de France).

Des profils très différents qui ont permis d'aborder le thème avec des angles très variées, selon les questions posées par les jeunes. Hinarere Taputu, reine de beauté qui a réussi sa reconversion dans le monde du salariat, a ainsi immédiatement expliqué aux 28 nouveaux élèves de cette école de commerce que même une réussite spectaculaire (par exemple être élue Miss Tahiti puis première dauphine de Miss France) ne garantit pas une vie facile : "Contrairement à ce qu'on imagine, malgré la notoriété j'ai dû me battre pour trouver un emploi, pour prouver que j'étais aussi capable de réfléchir et de travailler" révèle la jeune femme, désormais community manager chez Tahiti Tourisme.

Un constat que partage Lyse Deterne, une ancienne élève de l'ECT qui a dû reprendre les rênes de l'entreprise familiale bien plus vite qu'anticipé : "gérer une entreprise, des équipes, c'est avant tout énormément de travail, il faut s'accrocher. Vous croyez être prêt, mais en vérité il faut tout apprendre sur le tas."

LE SECRET DE LA RÉUSSITE

Les jeunes ont aussi pu recevoir diverses astuces et bons conseils pour atteindre "la réussite". Le banquier devenu ministre prône les études longues ; la journaliste autodidacte enjoint les jeunes à découvrir ce qui les rend uniques et à tout donner dans cette direction ; le sportif de haut niveau leur explique qu'il faut pouvoir se relever et avancer vers son objectif, quel que soit le nombre de coups que vous assène la vie…

Et au bout d'une heure de discussion, les étudiants attentifs auront effectivement compris le secret de la réussite. Car si les parcours de tous les intervenants sont différents en surface, ils ont tous deux points communs : un courage sans failles et une capacité de travail hors pair…

Fa'aitoito les jeunes !


Pascal Vahirua, ancien footballeur de l'Équipe de France : "Il faut se fixer des objectifs et tout faire pour y arriver"

"Ce que je leur ai expliqué c'est qu'il faut être capable de se relever de ses échecs et de ne pas se laisser abattre. Il faut surtout avoir confiance en soi, se permettre d'exister encore plus fort. Pourquoi les autres réussissent ? Peut-être qu'ils ont plus envie que nous. Pour nous, Polynésiens, l'inconvénient c'est qu'on n'a pas envie de quitter notre fenua, parce que c'est trop beau, ceci, cela… Mais l'avantage de partir c'est de voir des choses différentes et de faire des choses qui sont impossibles ici.

Moi je suis parti en métropole à 16 ans, et c'était très, très dur. Je m'étais fixé des objectifs très ambitieux, et je ne savais pas si je pourrais le réaliser. Mais c'est mon départ qui m'a permis de le faire. Monter dans l'avion et quitter mes parents à 16 ans, c'était le début. Après, faire ce travail en France tout seul, ça a été difficile. J'ai pu accumuler beaucoup de choses positives et surtout j'ai pris confiance en moi. En face aussi ils avaient l'esprit de compétition, mais c'étaient des gens comme moi, avec des yeux, un nez et une bouche. Ce que je me disais c''est "je ne vois pas pourquoi eux ils pourraient réussir, et pas moi." Il faut que les Polynésiens aient de l'ambition. Ils peuvent être fiers de leurs aînés, mais il faut qu'ils veuillent aller encore plus loin.

Ce qui est très important c'est d'avoir des objectifs et tout faire pour y arriver. Et il ne faut pas avoir des objectifs trop faciles, il faut viser des objectifs lointains, ça permet de grappiller, de monter les échelons très rapidement. C'est ce que j'ai fait, et j'ai pu démontrer en étant là-bas, en étant polynésien, que c'était possible."


Brigitte Olivier, journaliste autodidacte : "Trouver un métier qui soit en adéquation avec une passion"

"Moi j'ai eu de la chance, je suis d'une génération où on pouvait être autodidacte, il y avait beaucoup plus d'opportunités que maintenant. C'est devenu beaucoup plus difficile, aujourd'hui je dis à cette génération qu'ils sont obligés de passer par le formatage des écoles, et je leur dit bon courage, parce qu'il y en a qui n'arrivent pas à se mettre dans cet esprit, qui ne rentrent pas dans le moule et sont laissé de côté même s'ils pourraient faire des choses superbes.

Mais de toute façon je crois que l'important dans la vie, c'est de trouver un métier qui soit en adéquation avec une passion, un hobby, quelque chose que l'on aime faire. Comme ça on n'a jamais l'impression de travailler ! Et on peut être passionné par beaucoup de chose, que ce soit le chocolat, la cuisine, les voitures… Par exemple un bon vendeur de voitures, quelqu'un qui fait du commerce et qui est passionné par les voitures, lui il trouvera la réussite. Je veux dire que quand on doit consacrer 8 à 10 heures par jour à une activité, forcément il faut que ce soit quelque chose qui me plaise, sinon ma vie est foutue."


La nouvelle génération a bien reçu le message du ministre
La nouvelle génération a bien reçu le message du ministre
Teva Rohfritsch, ministre de la Relance Économique : "Un diplôme du supérieur reste aujourd'hui le meilleur passeport pour entrer dans la vie professionnelle"

"Ce que je recommande aux jeunes aujourd'hui c'est de s'investir à fond dans leurs études, parce qu'à cet âge-là on a envie de faire plein de choses à la fois, y compris la fête. Il faut un peu faire la fête, mais surtout il ne faut pas oublier qu'ils vivent dans un temps précieux. Ils auront tout leur temps après leurs études pour faire plein de choses ! Là, le plus important c'est de mettre à profit ce temps pour se perfectionner au maximum et pour apprendre. Car un diplôme du supérieur reste aujourd'hui le meilleur passeport pour entrer dans la vie professionnelle.

Il faut aussi que les Polynésiens qui sont partis étudier et travailler à l'étranger reviennent un jour. On parle de la réussite, mais nous voulons aussi une réussite collective. Il faut garder ces valeurs de solidarité de la société polynésienne, c'est ce qui nous préserve, et quand ils reviennent, ils aident les autres jeunes qui n'ont pas eu la chance de partir à trouver leur place dans la société.

Concernant la politique, c'est vrai que je viens de l'entreprise privée puisque normalement je suis cadre dans la banque. Je pense que c'est bon pour la vie publique que de plus en plus de personnes issues des entreprises puissent donner un peu de temps à la vie politique. Je crois qu'il ne faut pas faire toute sa carrière dans la vie politique, mais d'y venir un moment ça permet d'apporter une autre façon de travailler, d'autres méthodes et des idées nouvelles. Je ne pense pas passer toute ma vie en politique."

Rédigé par Jacques Franc de Ferrière le Samedi 10 Septembre 2016 à 18:50 | Lu 4777 fois

Tags : ECT, EDUCATION





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