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La Polynésie s'intéresse au sport sur ordonnance



"Au regard des grandes problématiques que sont notamment le diabète et l'obésité en Polynésie, nous accompagnons la démarche de mise en place de la prescription de l'activité physique comme un moyen supplémentaire de lutter contre les fléaux qui touchent une grande partie de notre population", confirme Maiana Bambridge, au ministère de la Santé.
"Au regard des grandes problématiques que sont notamment le diabète et l'obésité en Polynésie, nous accompagnons la démarche de mise en place de la prescription de l'activité physique comme un moyen supplémentaire de lutter contre les fléaux qui touchent une grande partie de notre population", confirme Maiana Bambridge, au ministère de la Santé.
PAPEETE, 26 juillet 2017 - Le sport sur ordonnance se pratique officiellement en métropole depuis le mois de mars. Sur le fenua, ce concept est appliqué dans des centres privés d'aquabike mais le ministère de la Santé envisage de l'utiliser pour lutter contre la sédentarité qui fait des ravages sanitaires.

70% d'obésité, 40 % d'obésité morbide : des statistiques qui en disent long sur l'état sanitaire d'une partie de la population polynésienne. Outre l'alimentation, la sédentarité est la mère d'un grand nombre de pathologies telles que le diabète, les problèmes cardiaques, les accidents vasculaires cérébraux (AVC) et bien d'autres encore. Au regard de ce fait avéré, de nombreux pays ont adopté la pratique du sport sur ordonnance qui consiste à apprécier l'activité physique comme étant une thérapie non médicamenteuse, reconnue et validée scientifiquement, en complément des traitements traditionnels.

Le 27 novembre 2015, la mesure a été adoptée, à l'unanimité, par les députés métropolitains dans le cadre du projet relatif à la modernisation du système de santé. Au sujet de l'éventuelle adoption d'une telle loi en Polynésie, Maiana Bambridge, directrice de cabinet de Jacques Raynal au ministère de la Santé, nous a confirmé que le ministère était très intéressé par ce projet : "Au regard des grandes problématiques que sont notamment le diabète et l'obésité en Polynésie, nous accompagnons la démarche de mise en place de la prescription de l'activité physique comme un moyen supplémentaire de lutter contre les fléaux qui touchent une grande partie de notre population. Nous réfléchissons actuellement à la manière d'appliquer et d'améliorer cette pratique à l'échelle du territoire".

Lors du Conseil des ministres du 19 juillet dernier, le gouvernement a décidé de mettre en place une expérience pilote qui débutera en octobre prochain. L'étude portera sur une centaine de patients identifiés par les médecins du Centre hospitalier de Polynésie française et de la Direction de la Santé. De l'activité physique leur sera donc prescrite pour lutter contre leurs maladies, notamment les maladies de surcharge qui sont un réel problème de santé publique. Le docteur Cojan, coordonnateur de cette expérience pilote pour la direction de la jeunesse et des sports nous explique que "outre l'aspect sanitaire qui est primordial, l'un des buts de ce projet, étroitement mené avec le ministère de la Santé, est de maîtriser les dépenses de santé". Car comme en atteste une étude de 2008 dont les résultats ont été publiés dans la Lettre de l'économie du sport, un individu qui pratique une activité physique régulière coûte, en moyenne, 30 000 Fcfp de moins qu'un individu sédentaire.

Elle retrouve la forme à 85 ans

En Polynésie, ce concept est utilisé dans le domaine privé depuis 2014. Il y a trois ans, les docteurs Gillet, cardiologue, et Détrun ; généraliste, ont été sollicités par une société privée, Aquabike Coaching, pour cadrer la mise en place de cette pratique. Comme ils l'expliquent, "cette société nous a contactés car elle souhaitait inclure notre expertise dans le cadre du coaching avec un suivi médical. Chez les personnes atteintes d'affections de longue durée, nous nous sommes aperçus que cela était réellement bénéfique. Une récidive coûte beaucoup plus cher que de pousser les gens à exercer une activité physique. Les études montrent que la sédentarité est en cause dans 30% des maladies. Sur le territoire, l'obésité est une problématique majeure que nous souhaitons combattre".

Si la pratique sort du cadre privé, les deux praticiens aimeraient, sur le long terme, qu'un centre puisse voir le jour à l'image de ceux déjà mis en place dans de nombreux pays. "Actuellement, cela se pratique à domicile et nous constatons concrètement les bienfaits de cette pratique. Il y a plus d'un an, nous avons reçu une vieille dame qui avait perdu une grande partie de sa mobilité. Nous l'avons accompagnée par un rééquilibrage alimentaire ainsi que par la pratique d'une activité physique. Aujourd'hui, cette patiente âgée de 85 ans a retrouvé une forme d'indépendance et peut même reprendre le volant !"

Sport sur ordonnance : mode d'emploi

La mesure dite de "sport sur ordonnance" permet aux personnes souffrant d'une affection de longue durée (ALD) de se voir prescrire une activité physique adaptée. Les ALD sont des maladies dont la gravité ou le caractère chronique nécessitent un traitement prolongé et une prise en charge thérapeutique particulièrement coûteuse. L'activité physique peut être dispensée par des professionnels de santé et par un professionnel titulaire d'un diplôme dans le domaine de l'activité physique adaptée. Il existe une liste des 30 ALD établie par décret dont le cancer, la sclérose en plaques et les diabètes de type 1 et 2.

Rédigé par Garance Colbert le Mercredi 26 Juillet 2017 à 14:47 | Lu 6164 fois





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