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L'aquaculture menace la sécurité alimentaire des pays en développement



Paris, France | AFP | mardi 14/02/2017 - Saumon, cabillaud, daurade...: de nombreux poissons d'élevage sont nourris avec de la farine d'autres poissons moins prisés des consommateurs comme les sardines et les anchois, au risque de mettre en péril la sécurité alimentaire de populations dans les pays en voie de développement, accuse mardi l'ONG Bloom.

"Entre 1950 et 2013, 25% des captures de poissons dans le monde (...) ont été réduites en farine et en huile", indique l'association française dans un rapport intitulé "Le côté obscur de l'aquaculture", réalisé avec deux universitaires canadiens, Megan Bailey (Dalhousie University) et Tim Cashion (University of British Columbia).

"C'est 20% des captures mondiales", précise Frédéric Le Manach, directeur scientifique de Bloom, en présentant l'étude à la presse.

Une partie croissante de la farine ou de l'huile provient en effet désormais de déchets de poisson et certaines espèces sont davantage consommées.

"Mais on craint que ça ne reparte à la hausse dans les années qui viennent, notamment à cause de l'essor de l'aquaculture en Asie, où les éleveurs se sont rendus compte qu'en mettant du poisson dans la nourriture des poissons d'élevage herbivores, ils avaient meilleur goût et grossissaient plus vite", ajoute M. Le Manach.

Selon le rapport, 50% des poissons d'élevage proviennent de Chine.

Pourtant, "90% des espèces ciblées pour être réduites en farines sont comestibles, c'est ça l'aspect le plus scandaleux et problématique" de la pêche minotière, souligne Claire Nouvian, présidente de Bloom.

- 'Grave menace' -
Les navires, souvent de véritables bateaux-usines, entrent "en concurrence directe avec les pêcheries vivrières locales", notamment en Afrique de l'Ouest, posant "une grave menace" sur la sécurité alimentaire des populations locales, souligne l'ONG.

D'autant qu'"il faut quatre kilos de poisson sauvage pour faire un kilo de poisson d'élevage", souligne Claire Novian.

Les volumes pêchés sont donc "absolument phénoménaux" pour alimenter une aquaculture qui fournit désormais près de 50% du poisson consommé dans le monde (9,8 kg par an et par habitant en 2012), ajoute-t-elle.

Selon Bloom, l'aquaculture est la principale utilisatrice des farines de poisson (environ 57% de la production mondiale), devant l'élevage de porcs (22%), le secteur avicole (14%), le reste étant utilisé pour l'alimentation d'animaux domestiques ou de visons.

La pêche minotière a aussi "des conséquences dramatiques sur le fonctionnement des écosystèmes", déplore l'ONG.

Les petits poissons capturés sont en effet des "poissons fourrage" dont se nourrissent de nombreux prédateurs, comme les marlins, thons, cabillauds, des oiseaux de mer et des mammifères marins.

En outre, "au début on a ciblé les sardines, les anchois, les sprats... Maintenant on cible aussi le poisson sanglier, des poissons lanternes et le krill", une petite crevette de l'Antarctique essentielle dans la chaîne alimentaire, souligne M. Le Manach.

"En permettant cette expansion géographique et spécifique, on passe d'une activité qui repose sur une ressource sauvage, non maîtrisable, à une activité qui repose sur une ressource productive, maîtrisable (...). Ça devient un business plan", déplore Claire Novian.

Selon l'ONG, "tout le cycle de la pêche minotière (...) est contraire au Code de conduite pour une pêche responsable établi par l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture" (FAO).

Ce texte stipule que "la pêche doit contribuer à la sécurité alimentaire et que la transformation en farine et huile de petits poissons pélagiques de qualité alimentaire doit être limitée aux espèces non consommables comme les lançons" (anguilles des sables), souligne-t-elle.

L'ONG recommande d'interdire la certification "pêche durable" pour la pêche minotière, de s'attaquer à la surcapacité de pêche et de fabriquer des farines protéinées à partir d'insectes plutôt que de poissons

Elle préconise une "aquaculture intégrée", sur le modèle de celle pratiquée il y a des milliers d'années en Chine. Dans ce système, les poissons se nourrissent des déchets de l'agriculture et fertilisent eux-mêmes les plantes en libérant des nutriments.

sd/ial/sd

Rédigé par () le Mardi 14 Février 2017 à 05:23 | Lu 518 fois






1.Posté par Jean pierreBeaulieu le 14/02/2017 09:10 | Alerter
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Ce sont les hommes et les gouvernement avides d'argent pour eux, qui en se foutant pas mal des habitants de la planète détruisent et surconsomment.
Quand l'alimentation était saisonnière, la terre et les océans fournissaient largement de quoi vivre, il nous faudrait pour revenir à des consommation raisonnables et raisonnées adopter la décroissance, mais ça je le sais c'est un rêve pieux que je ne verrais jamais.

2.Posté par simone grand le 15/02/2017 01:03 | Alerter
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L'agriculture participe à la survie de l'humanité car elle nourrit essentiellement des herbivores.
L'aquaculture n'est raisonnable que si elle fait de même en nourrissant des herbivores et ne prélève pas sur la faune sauvage pour mal nourrir des poissons ayant survécu grâce aux hormones et antibiotiques.

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