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L’Institut d’Emission d’Outre-Mer fête ses 50 ans d'existence



PAPEETE, le 09 février 2017 - Hervé Gonsard, directeur général de l'IEOM et Philippe La Cognata, directeur de l'IEDOM sont arrivés de métropole afin de fêter les 50 ans de l’Institut d’émission d’outre-mer. Avec Claude Periou, directeur du bureau de Papeete, ils en ont profité pour faire le point sur les missions de la Polynésie et la situation du Pays.

Hier matin, Claude Periou, directeur du bureau de Papeete de l’Institut d’émission d’outre-mer (IEOM) a reçu Philippe La Cognata, directeur de l'Institut d'émission des départements d'outre-mer (IEDOM) et Hervé Gonsard, directeur général de l'IEOM pour fêter le cinquantenaire de l'institut.

L’IEOM est la banque centrale dans les collectivités d’outre-mer du Pacifique (Nouvelle-Calédonie, Polynésie française, Wallis-et-Futuna) depuis décembre 1966. Elle émet les billets du franc CFP depuis avril 1967. Hervé Gonsard a ouvert sa conférence de presse en citant Le Cid de Corneille : "La valeur n'attend point le nombre des années." Il s'explique : "Avec 104 agents, l'IEOM est une toute petite banque centrale, et toute jeune banque centrale parce que quand on regarde la Banque de France, elle a 217 ans d'existence, la banque centrale d'Angleterre 323 ans, donc en effet, 50 ans c'est vraiment un âge très jeune." Néanmoins, malgré son jeune âge, "l'IEOM a une certaine réputation qui est plutôt bonne. Parce qu'on arrive, avec un personnel de très bon niveau et peu nombreux, à mener les même que la banque de France".

Avec ses agents répartis en quatre agences, Papeete, Nouméa, Mata Utu et Paris et une dotation qui s'élève à 10 millions d'euros, l'IEOM assure des missions de banque centrale, c'est-à-dire qu'elle émet les billets et met en circulation les pièces, conduit une politique monétaire, établit une cotation des entreprises et surveille les systèmes et les moyens de paiement.

L'IEOM est en train de se moderniser.En effet, le directeur général Hervé Gonsard annonce : "Nous sommes en train de tendre vers une politique monétaire qui rapproche de la politique monétaire de l'euro système, à savoir une politique monétaire dont les crédits auprès des banques seront basés sur le "collatéral". C’est-à-dire quand la banque centrale prête à une banque, la banque met en garantie les crédits qu'elle a, elle-même, consentie auprès de la banque centrale. En fonction de la cotation que l'IEOM accorde aux entreprises cotées, à ce moment-là, la banque centrale accepte de prendre ou non les crédits qui ont été consentis par les banques auprès des entreprises." Toujours dans cette quête de modernisation, l'IEOM a émis en 2014 de nouveaux billets plus petits et mieux sécurisés ; la sécurité des moyens de paiement dont les cartes bancaires est aussi en voie de renforcement.

À l'occasion du cinquantenaire de l'institut, "l'IEOM a fait frapper une médaille par la Monnaie de Paris, une médaille qui reprend d'un côté les signes identitaires de la Nouvelle-Calédonie, de la Polynésie française et de Wallis-et-Futuna et de l'autre côté de la pièce, les quatre couleurs des quatre billets, vert, orange, bleu et rouge, réalisée en bronze florentin". Cette médaille sera remise à chaque agent et aux principaux partenaires institutionnels.

"Les banques sont en capacité de reprendre le financement des entreprises et des ménages"

L’Institut d’Emission d’Outre-Mer fête ses 50 ans d'existence
Pourquoi n'avons-nous pas l'euro dans le pacifique ?

Hervé Gonsard : "La valeur du franc par rapport à l'euro est garantie par l'État français. La valeur du franc CFP par rapport aux autres devises internationales est constante puisqu'elle a cette parité constante avec l'euro. Nous veillons par notre politique paritaire à ce qu'il n'y ait pas de gros mouvements de capitaux qui pourraient affecter la crédibilité de notre monnaie. Le franc est une monnaie de cœur, mais il y a une raison politique. Le franc est la monnaie de la Polynésie française, mais aussi de la Nouvelle-Calédonie et de Wallis-et-Futuna, il n'y a pas de tabou à ce qu'un jour les territoires puissent avoir l'euro, mais à condition qu'ils le veuillent et qu'ils le veuillent tous les trois en même temps. Aujourd'hui ce n'est pas le cas."


Quels sont les taux d'intérêt de l'IEOM ?

Hervé Gonsard : : "Nous avons le même taux d'intérêt directeur que la Banque centrale qui est de 0 % et nous avons un taux de dépôt des banques chez nous qui est rémunéré négativement, et donc qui est de - 0,20 %. Nous avons constaté que même avec cet écart nous n’avions pas de transfert massif de capitaux. Il faut que nous fassions en sorte qu'il n'y ait pas de transferts massifs de l'épargne de la Polynésie vers la métropole. Si on peut le garder d'un écart légèrement positif afin de garder les capitaux localement et non pas dans les maisons mères."


Pourquoi les taux d'intérêt sont aussi élevés ?

Hervé Gonsard : "Le taux de refinancement est le même, mais le taux de sinistralité est beaucoup plus élevé. Il y a plus de créances douteuses. Or, une banque, pour gagner de l'argent, doit tenir compte que dans son taux d'intérêt il va y avoir des clients qui ne vont pas rembourser. Le taux de sinistralité en Polynésie bat tous les records, il est de 12 % alors qu'en Nouvelle-Calédonie il est de 3 %. Rien que pour ça, quand il prête, il doit prendre un taux d'intérêt supérieur pour pouvoir financer son risque."

"Par ailleurs, les conditions d'exploitation des banques sont supérieures en Polynésie française. Le réseau dans les îles éloignées fait supporter aux établissements de crédit un coût supérieur à ceux qui ne sont concentrés que sur des zones citadines. Les coûts des structures sont plus forts. Par ailleurs, en Polynésie française l'économie est drainée à près de 99 % par de très petites entreprises, le coût d'exploitation de ces comptes pour les établissements bancaires est plus élevé qu'une économie qui comprend des entreprises de taille plus importantes. Ces écarts se réduisent de manière assez importante. Le crédit est en dessous qu'en Nouvelle-Calédonie et cet écart en métropole à tendance à se réduire."

Claude Periou : "Par ailleurs, les conditions d'exploitation des banques sont supérieures en Polynésie française. Le réseau dans les îles éloignées fait supporter aux établissements de crédit un coût supérieur à ceux qui ne sont concentrés que sur des zones citadines. Les coûts des structures sont plus forts. Par ailleurs, en Polynésie française l'économie est drainée à près de 99 % par de très petites entreprises, le coût d'exploitation de ces comptes pour les établissements bancaires est plus élevé qu'une économie qui comprend des entreprises de taille plus importantes. Ces écarts se réduisent de manière assez importante. Le crédit est en dessous qu'en Nouvelle-Calédonie et cet écart en métropole à tendance à se réduire."

Philippe La Cognata :
"Il y a plus de concurrence finalement ici, puisqu'il y a moins d'emprunteurs. Aujourd'hui, il y a moins de bons emprunteurs en Polynésie qu'il y a dix ans. Parce que la crise est passée par là, parce qu'il y a eu beaucoup de sinistralités les banques cherchent à prêter, elles cherchent à prêter en baissant les taux sur les bonnes signatures."


Quel est l'état du taux de créances douteuses en Polynésie ?
Philippe La Cognata : "Le taux de créances douteuses en Polynésie est exceptionnel. De mémoire, cela fait 30 ans que je travaille à l'IEOM, je n'ai jamais vu de taux de ce niveau. On a eu des taux de ce niveau quand un certain nombre de sociétés de développement régional ont fait faillite aux Antilles, mais en dehors de ça, des taux sur les très petites entreprises de plus de 20 % et des taux de 12,5 % sur certaines banques locales c'est énorme. Aux Antilles et à la Réunion on est entre 5 et 7 % et en Nouvelle Calédonie à 3 %."

Claude Periou : Le taux de créances douteuses s'améliore. La Polynésie sort de quatre années de récession. La courbe du taux de créances douteuse s'est inversé depuis 2014 où il était à 14 %. Ces 12 %, ce qui nous importe, c'est qu'ils soient bien provisionnés. Les banques ont bien fait leur travail de provisionnement, c'est un point sur lequel on veille particulièrement."


Quel est l'état de santé des banques Polynésiennes ?

Hervé Gonsard : "Globalement, il faut que l'on fasse attention à la santé des banques qui s'est stabilisée, mais qui reste à suivre. C'est pour cela qu'il faut que l'on fasse attention notamment quand on dit qu'elles pratiquent des taux ou des tarifs élevés. Nous veillons toujours à rappeler pourquoi elles le font et à regarder leur rentabilité par rapport à d'autres territoires comparables On voit que la rentabilité ici est plus faible. Si on veut un système bancaire qui continue de fonctionner correctement et d'alimenter en liquidités l'économie et le développement des îles, il ne faut pas leur taper trop fort sur la tête."

Claude Periou :
: "On espère que sur 2017 ce qui était une hésitation d'investir deviendra une concrétisation de l'investissement. Les banques sont en capacité de reprendre le financement des entreprises et des ménages."

l'IEOM dans l'Histoire

L’Institut d’Emission d’Outre-Mer fête ses 50 ans d'existence
1888 : la Banque d'Indochine émet la monnaie dans les territoires français du Pacifique

1888 : ouverture d'un bureau de la Banque d'Indochine à Nouméa

1905 : Ouverture d'un bureau de la Banque d'Indochine à Papeete

25 décembre 1945 : Création du Franc CFP

1947 ; la Banque d'Indochine renonce à son droit d'émission

1949: la parité du franc CFP n'a pas évolué

22 décembre 1966 : création de l'Institut d'émission d'Outre-mer (IEOM)

1er avril 1967 : la Banque d4Indochine arrête l'émission du Franc Pacifique au profit de l'IEOM qui reprend la mission

16 décembre 1998 : parité officielle définie entre le Franc CFP et l'euro.

2014 : nouvelle gamme de bbilletsen francs CFP

2017 : 50 ans de l'IEOM


Rédigé par Marie Caroline Carrère le Mercredi 8 Février 2017 à 17:41 | Lu 1169 fois







1.Posté par Tahiti Nui le 09/02/2017 07:06 | Alerter
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C'est sur qu'avec 800 000 xpf par mois et par an, on ne risque pas d'avoir une sur le dos. Bravo !!

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