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L'Etat réveille le serpent de mer des études d'islamologie à la fac




Paris, France | AFP | mercredi 21/09/2016 - Dans son chantier d'un "islam de France", le gouvernement table sur le développement d'études supérieures en islamologie, un dossier longtemps abordé par l'Etat d'une main tremblante, laïcité oblige, mais sur lequel il compte pour mieux former les imams.

C'est le troisième étage du dispositif présenté fin août par le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, pour mieux armer les responsables de la deuxième religion de France face au fondamentalisme.

A côté d'une "fondation pour l'islam de France" destinée à lever des fonds pour des projets culturels, d'une association cultuelle nationale censée financer des initiatives religieuses, l'Etat veut repenser la formation des imams.

Et il estime avoir son mot à dire, malgré la séparation des cultes et de l'Etat fondée sur la loi de 1905: pas en finançant ni même en organisant des formations théologiques, mais en développant l'enseignement - laïque - de l'islamologie à l'université publique.

Une mission a été confiée à trois universitaires qui devront rendre un rapport avant décembre: une historienne de l'islam, Catherine Mayeur-Jaouen, une juriste spécialiste de la laïcité, Mathilde Philip-Gay, et un islamologue, Rachid Benzine.

Leur travail consistera à "renforcer l'offre universitaire +savante+ à laquelle peuvent avoir accès en France de futurs imams dans des matières +non-confessantes+", avait précisé Bernard Cazeneuve, citant la littérature arabe, l'exégèse du Coran ou l'histoire de la civilisation musulmane, et convoquant les mânes de deux grands islamologues du XXe siècle, Louis Massignon et Jacques Berque. Un appel à projets national sera lancé, l'Etat s'engageant à doter les universités retenues des "moyens appropriés".

"C'est la énième mission sur le sujet", relativise une source proche du dossier, qui rappelle les travaux menés par l'historien Etienne Trocmé dès 1996 et par le spécialiste du droit des religions Francis Messner en 2013.

Mais l'université s'est peu saisie des propositions existantes, quand elle ne s'y est pas opposée, estiment les observateurs. "Il y a un déficit lié à la politique universitaire des 30 dernières années, où les projets relevant des départements d'islamologie ou d'études arabes ont été revus à la baisse", constate Rachid Benzine, chercheur associé au Fonds Ricoeur.

- Problème de débouchés -
L'enjeu est de taille alors que le gouvernement veut pouvoir se passer, à terme, des quelque 300 imams - sur environ 1.800 - "détachés" par l'Algérie, le Maroc et la Turquie. Les partenariats pour former quelques dizaines d'imams français chaque année à Rabat - à l'Institut Mohammed VI - ou à Alger ne suffisent pas, outre le fait qu'ils confortent l'image d'un "islam des consulats".

Quant aux rares cursus privés de théologie musulmane en France, essentiellement l'Institut Al Ghazali de la grande mosquée de Paris (liée à l'Algérie) et l'IESH dans la Nièvre et à Saint-Denis (piloté par l'UOIF), ils ne confèrent pas aux élèves le statut d'étudiant. En franchissant le seuil de la fac publique, les futurs imams pourraient en revanche en bénéficier.

L'exemple de l'université de Strasbourg, où Francis Messner a créé un cursus complet (licence et master) de sciences humaines et droit, pourrait-il servir de modèle? "C'est un dossier difficile qui doit être traité sur le long terme et ne correspond pas au temps politique", tempère l'intéressé, qui ne jetterait "pas la pierre au gouvernement". Quinze diplômes universitaires (DU) de formation civile et civique existent en cette rentrée, obligatoires désormais pour les imams "détachés" et les aumôniers, sans compter les postes en islamologie nouvellement créés, fait-il valoir.

Restent le problème du statut de l'imam, qui n'existe pas, et celui des débouchés incertains d'une activité qui s'exerce largement à temps partiel non rémunéré. "S'il n'y a pas de marché de l'emploi, à quoi ça sert de faire quatre ans d'études?", s'interroge un connaisseur du dossier.

Quoi qu'il en soit, Rachid Benzine juge indispensable que "le Coran et l'islam deviennent un objet de savoir, pas simplement de croyance", dans le pays qui compte la première population musulmane d'Europe. "Il faut construire quelque chose de cohérent, avoir une vraie offre à la hauteur des enjeux."

Rédigé par () le Mercredi 21 Septembre 2016 à 05:56 | Lu 584 fois


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Commentaires

1.Posté par Fiu!!! le 21/09/2016 12:45 | Alerter
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Ils ont voulu acheter la "paix sociale", nous avons eu les émeutes dans les banlieues.
Ils ont prétendu financer les activités culturelles, ils ont en réalité sponsorisé l’Islamisme et l’intégrisme des "quartiers "et des zones de non droit.
Ils ont promu le « multiculturalisme », nous avons récolté la haine de la culture occidentale.
Ils ont glorifié la « chance pour la France » et nous avons reçu le repli identitaire et le terrorisme anti-français.
Maintenant, ils veulent bidouiller la laïcité, pour nous vendre une idéologie moyenâgeuse qui sera enseignée « à la française » dans des écoles financées par nos impôts, cautionnées par l’État.

Cela s’appelle tomber de Charybde en Scylla, et nos leaders sont encore loin d’avoir touché le fond.

Connaissent-ils le mot « forfaiture » ?

2.Posté par Xenos le 21/09/2016 20:55 | Alerter
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@Fiu : on ne saurait mieux dire. Nos politicards sont tombés sur la tête.

Ils prennent leurs rêves de bisounours pour des réalités. Le réveil est déjà en marche et il est difficile...

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