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L'Allemagne risque de voir tourner court ses ambitions pour l'éolien en mer



L'Allemagne risque de voir tourner court ses ambitions pour l'éolien en mer
BERLIN, 25 juin 2012 (AFP) - Entre le groupe RWE qui menace de construire ses éoliennes marines au large de l'Angleterre et l'assureur Allianz qui ne veut pas les financer, l'Allemagne risque de voir tourner court ses grandes ambitions pour l'énergie éolienne "offshore".

S'il se défend de tout chantage à la délocalisation, le ton de l'entretien accordé par le patron de RWE Peter Terium au magazine Spiegel, paru lundi, est clairement menaçant.

"Il y a de nouveaux retards importants dans le raccordement des parcs éoliens +offshore+ en mer du Nord. La rentabilité de ces parcs s'en trouve menacée. Nous demandons au gouvernement de discuter avec nous et nos investisseurs d'une solution à ce problème, et d'un dédommagement économique", a dit le chef du numéro deux allemand de l'énergie.

"Si cela n'arrive pas, les projets allemands de développement de l'énergie éolienne en mer d'ici 2020 échoueront. Et plusieurs des parcs prévus pour l'Allemagne seront construits en Angleterre", a-t-il poursuivi.

Comme pour appuyer ces propos, l'institut de recherches économiques allemand HWWI a rendu public lundi un rapport pessimiste à propos du "tournant énergétique" vanté par la chancelière Angela Merkel, qui doit voir l'Allemagne tourner le dos au nucléaire d'ici 2022 et développer à marche forcée les énergies renouvelables.

La première économie européenne veut couvrir 35% de ses besoins en électricité grâce à des sources renouvelables d'ici 2020, et 80% d'ici 2050. Contre 20% environ aujourd'hui.

L'énergie éolienne produite en haute mer est une composante essentielle de cette stratégie. L'objectif allemand est une capacité éolienne en mer installée de 10.000 mégawatts d'ici 2020, un bond gigantesque par rapport à la capacité actuelle, évaluée à 200 mégawatts par l'Agence de l'énergie éolienne du nord-ouest de l'Allemagne (WAB).

Or selon le HWWI, "le développement est très hésitant" car "le raccordement des éoliennes au réseau n'est pas garanti".

Le principal problème est d'acheminer l'électricité produite, le long de la côte du nord de l'Allemagne, vers les bassins économiques du sud.

Il faudrait pour cela planter au moins 1.834 kilomètres de lignes à haute tension, avait estimé le gouvernement il y a trois ans. Depuis, seuls 214 kilomètres ont vu le jour, pour diverses raisons dont des réticences des populations locales et des lourdeurs administratives.

La chancelière Angela Merkel a elle-même appelé à davantage de sens civique en la matière, lundi lors d'une conférence sur le développement durable: "On ne peut fonctionner selon le mot d'ordre +les renouvelables oui, mais pas dans mon jardin+. Ces lignes à haute tension vont se voir, il faut faire en sorte qu'elles soient acceptées".

Sans compter les défis techniques : le géant allemand de l'industrie Siemens a reconnu lui-même avoir "complètement sous-estimé" la difficulté du raccordement d'éoliennes en mer, ce qui lui a déjà coûté un demi-milliard d'euros de pénalités.

La protection du littoral en Allemagne impose de planter les éoliennes loin des côtes, donc à des profondeurs plus importantes.

Cet ensemble de facteurs suscite une "insécurité qui crée des problèmes de financement", constate le HWWI.

Le numéro un allemand de l'assurance Allianz, très actif dans le financement de parcs éoliens terrestres ou de centrales solaires, a fait savoir qu'il ne comptait pas se lancer dans le domaine des éoliennes "offshore".

Et dans le quotidien Die Welt lundi, la banque HypoVereinsbank, filiale de UniCredit, estime que la moitié du coût total du "tournant énergétique", lequel serait de 335 milliards d'euros, ne serait financée que difficilement par les banques.

Dans le domaine des éoliennes offshore, la banque appelle à réfléchir à une "mutualisation des risques" financiers, qui seraient pris en charge en partie au moins par l'Etat.

La manière dont l'Allemagne relèvera, ou non, le défi de l'énergie éolienne offshore sera dans tous les cas suivie avec attention par la France, qui a désigné au printemps les vainqueurs d'un gigantesque appel d'offres en la matière. Paris s'est fixé l'objectif d'une capacité totale de 6.000 mégawatts dans l'éolien offshore en 2020.

Rédigé par Moeata Simon le Lundi 25 Juin 2012 à 06:00 | Lu 554 fois






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