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Il vole le bateau d’un pêcheur et s’échoue sur le récif



Comme en atteste l’enquête, les dégâts provoqués par l’accident sont considérables.
Comme en atteste l’enquête, les dégâts provoqués par l’accident sont considérables.
PAPEETE, le 26 octobre 2017 - C’est une affaire qui avait déclenché de très vives réactions sur les réseaux sociaux. Cet après-midi, un homme de 21 ans était jugé en comparution immédiate pour des faits de « vol aggravé » et « dégradation ». Dans la nuit du 20 au 21 octobre dernier, le prévenu avait volé le bateau d’un pêcheur à la marina de Pueu. Il s’était échoué sur le récif en confondant le sens de la balise.

Le 22 octobre dernier, les gendarmes sont appelés à la marina de Pueu. On leur a signalé un bateau considérablement dégradé, échoué sur le récif. Le propriétaire du poti marara, un vieux pêcheur prévenu par ses amis, est déjà sur place. Alors qu’il a plongé sous le navire pour estimer les dégâts de l’accident, la victime a découvert un téléphone portable qu’il a remis aux gendarmes. Ces derniers, après avoir en avoir exploité la carte sim, arrêtent un jeune homme de 21 ans qui nie d’abord les faits avant de les reconnaître lors d’une deuxième audition.



Clé bloquée

Le pêcheur explique aux enquêteurs que la clé est bloquée depuis un mois dans le démarreur et qu’aucun vol n’a jamais été à déplorer au sein de la marina. L’évènement fait, d’ailleurs, grand bruit sur les réseaux sociaux ou l’on trouve même un groupe s’adressant directement au voleur en ces termes : « j’espère que les pêcheurs ne te trouveront pas avant les gendarmes. » Entendu, le jeune homme explique que ce soir -là, il est monté, seul, sur le bateau, « je cherchais à voir s’il y avait du poisson. J’ai vu la clé, je suis redescendu sur le quai, j’ai réfléchi puis j’y suis retourné. J’ai démarré, j’allais à fond. J’ai confondu le côté lagon et le côté océan de la balise, le bateau s’est échoué sur le récif. J’ai vu qu’il était abîmé, je suis rentrée à la nage. » Ce soir là ? selon ses dires ? le jeune homme était en état d’ébriété .

Comme en atteste l’enquête, les dégâts provoqués par l’accident sont considérables. Ils sont évalués à 5 millions de Fcfp, le moteur est cassé et la quasi-totalité des pièces devront être changées. Le lendemain des faits, le poti marara devait être loué pour 300 000 Fcfp afin de suivre l’Hawaiki nui qui aura lieu la semaine prochaine. Hier, le pêcheur ainsi que son épouse étaient présents au tribunal pour témoigner. Comme ils l’ont exprimé avec une grande émotion, « ce bateau, c’est toute une vie de labeur. Il a coûté 7 millions de Fcfp, nous avons travaillé durement pour l’acquérir. Nous n’avons pas de retraite, nous devons vendre du poisson pour nourrir notre famille, qu’allons-nous faire maintenant ? »

Tout le fruit d’une vie de labeur détruit, donc. Face aux victimes, le prévenu a semblé insensible. Agé de 21 ans, l’homme a un parcours judiciaire particulièrement lourd. Huit condamnations pour, entre autres, vol, violences avec armes, détention de stupéfiants, menaces de mort, viol en réunion dans le milieu carcéral et violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner. L’individu avait, en effet, été condamné pour avoir involontairement provoqué la mort d’un adolescent alors qu’il tentait de voler son portable. Etant encore mineur lors de ce dramatique évènement, le jeune homme avait été jugé par le tribunal des enfants. Evoquant son enfance très douloureuse, faite d’extrême violence et de graves sévices, le président du tribunal a ajouté, « ce parcours très difficile peut expliquer dans une large mesure la façon dont vous vous êtes construits. » Fils aîné d’une famille de 4 enfants, le prévenu était battu par son père et son grand-père, alcooliques, qui l’attachait à un arbre pour le frapper.

Tendance psychopathique

Le président du tribunal a, ensuite, évoqué les expertises psychiatriques concernant le multirécidiviste, « chez cet individu, les médecins ont relevé l’absence de douleur psychique et de culpabilité, des traits caractériels psychopathiques, une certaine complaisance à faire du mal qui soulève l’hypothèse de troubles pervers. Il semble détaché, n’éprouve aucun regret, sa dangerosité au sens criminalistique du terme est importante. »

Durant son long parcours judiciaire, le jeune homme a bénéficié d’un important accompagnement socio-éducatif qui s’est toujours soldé par des échecs, l’adolescent ne suivant pas les mesures envisagées. Hier, alors qu’elle avait déjà témoigné, l’épouse de la victime a demandé la parole, extrêmement émue, « j’ai eu une enfance difficile, j’ai vu mon père frapper ma mère moi. Nous sommes nombreux à avoir vécu cela. Mais ça ne justifie rien. Ce jeune homme doit travailler pour nous rembourser. » Sous le regard de ses victimes, l’auteur des faits est resté assis, la tête entre ses mains.

Le procureur de la République, lors de ses réquisitions, a évoqué « la sécurité de nos contemporains tant leurs personnes que leurs biens. Et malheureusement, en dernier recours, la prison a cela de bénéfique qu’elle met la société à l’abri. » Le représentant du ministère public a requis la révocation totale de la peine de 16 mois avec sursis mise à l’épreuve à laquelle le prévenu avait récemment été condamné pour un autre délit. Après en avoir délibéré, le tribunal a suivi les réquisitions du procureur en ajoutant deux ans de prison ferme avec maintien en détention.

Rédigé par Garance Colbert le Jeudi 26 Octobre 2017 à 17:29 | Lu 4266 fois





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