tahiti-infos
Mardi 21 Mai
7:16
I


S'inscrire

Hollande engage une réflexion sur la fin de vie et les soins palliatifs



Hollande engage une réflexion sur la fin de vie et les soins palliatifs
RUEIL-MALMAISON (Hauts-de-Seine), 17 juil 2012 - François Hollande a chargé mardi le professeur de médecine Didier Sicard d'une mission sur la fin de vie pour "les cas exceptionnels", conformément à ses engagements de campagne, ce qui a suscité des inquiétudes chez les partisans de l'euthanasie, peu confiants sur les résultats d'une telle mission.

En se rendant mardi à la maison médicale Notre-Dame-du-Lac, à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine), où il a visité des malades en soins palliatifs en compagnie des ministres Marisol Touraine (Affaires sociales), et Michèle Delaunay (déléguée aux Personnes âgées et à l'autonomie), le chef de l'Etat s'est exprimé en termes soigneusement pesés, tant le sujet de la fin de vie est sensible.

"La loi dite Leonetti autorise déjà, et c'est un grand progrès, toute personne malade à refuser un traitement dont elle estime qu'il est devenu déraisonnable et donne aux médecins le droit d'interrompre ou de ne pas entreprendre les traitements qu'il estime inutiles", a-t-il rappelé.

En avril 2005, le Parlement avait adopté un texte du docteur Jean Leonetti, député UMP, qui instaurait un droit "au laisser mourir", en permettant d'arrêter un traitement ou de refuser l'acharnement thérapeutique.

Ne "peut-on aller plus loin dans les cas exceptionnels où l'abstention thérapeutique ne suffit pas à soulager les patients aux prises avec une douleur irréversible et qui appelle un acte médical assumé au terme d'une décision partagée et réfléchie?", s'est interrogé M. Hollande.

"Poser cette question, c'est poser une perspective qui elle-même entraîne un débat", a-t-il affirmé. "J'entends et je respecte les consciences et les voix, venues notamment des autorités spirituelles, qui affirment ce principe essentiel, respectable, selon lequel tout instant de vie mérite d'être vécu", a ajouté M. Hollande, qui a reçu dans après-midi Mgr André Vingt-Trois, archevêque de Paris et président de la Conférence des évêques de France.

"Je trouve que c'est une bonne question. Mais ce n'est pas parce qu'on pose une question qu'on y répond positivement", a déclaré ce dernier, interrogé par la presse à l'issue de son entretien.

Aux yeux du président, "le débat mérite d'être engagé" et "doit se faire dans l'apaisement", il "doit être noble et digne".

Le choix du Pr Sicard président d'honneur du comité national consultatif d'éthique, présent à Rueil-Malmaison, a été accueilli avec inquiétude par l'Association pour le droit à mourir dans la dignité. Son président Jean-Luc Romero craint que cette mission, confiée à un "proche de la théologie morale catholique", ne devienne "une énième mission relative à la fin de vie qui esquivera le véritable enjeu". Il a réclamé l'organisation d'un référendum.

La Société Française d'Accompagnement et de soins Palliatifs (SFAP) a salué au contraire "la reconnaissance et le soutien fort" marqués par le président de la République "aux soins palliatifs", tandis que l'Alliance Vita pour les Droits de la Vie a vu dans ses déclarations "une dangereuse ambiguïté".

M. Hollande s'est efforcé de mettre en oeuvre l'une de ses promesses de campagne, durant laquelle il avait proposé que "toute personne majeure en phase avancée ou terminale d'une maladie incurable, provoquant une souffrance physique ou psychique insupportable, et qui ne peut être apaisée, puisse demander dans des conditions précises et strictes à bénéficier d'une assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité".

Spécialistes et médecins avaient alors témoigné des difficultés d'appliquer la loi Leonetti, en raison du manque de structures et de personnel formé, ainsi que de la méconnaissance de la loi par les malades et leurs proches. Autant de problèmes soulevés à Rueil par le président, qui a promis d'oeuvrer pour y remédier, notamment grâce à une formation adéquate à l'université.

Comme le candidat s'y était alors refusé car cela aurait "laissé penser qu'une forme de suicide serait acceptée", le président n'a pas, mardi, employé le mot d'"euthanasie". A un journaliste qui lui demandait si ce mot était toujours tabou, il a simplement répondu: "ce n'est pas le mot que j'ai employé".


Par Nadège PULJAK

Rédigé par AFP le Mardi 17 Juillet 2012 à 19:58 | Lu 449 fois


Notez


Commentaires

1.Posté par Fiu!!! le 17/07/2012 21:05 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

Sujet délicat, car il s'agit de garantir la nécessité de protéger des personnes en état de faiblesse, de la volonté éventuelle de tierces personnes de s'en débarrasser pour des motifs vénaux ou de basse vengeance, tout en garantissant à chaque être humain la seule liberté qui lui soit donnée sur sa propre vie : choisir l'heure de sa mort.
Je crains fort, comme il est écrit dans l'article, qu'on en reste au stade du baratin, sur fond d'invectives entre extrémistes pro-euthanasie à tous crins et intégristes religieux poussant les hauts cris en prétendant que seul leur "créateur" a le droit de reprendre la vie qu'il a donnée...
Entre ces deux extrêmes possibles, il est à parier que peu de choses changeront.
Le jésuitisme de notre nouveau président, dans ce domaine laisse peu présager d' un vr...

2.Posté par Riton le 18/07/2012 07:27 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

Notre propre vie nous appartient elle ? Sommes nous à l'origine de notre naissance ?

Si l'on autorise l'euthanasie ; autorisons alors le suicide pour les gens qui se disent "au bout du rouleau" ; eux aussi
peuvent avoir une maladie incurable , elle est d'ordre psychologique ou psychique c'est tout .

3.Posté par Tehei le 18/07/2012 11:56 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

Riton, la tienne, je ne sais pas, mais la mienne m'appartiens , j'en suis seul propriétaire et en dispose comme je l'entend !
Quand au suicide, depuis quand est-il interdit ?
L'euthanasie est d'ordre privé, comme le sexe d'ailleurs et personne n'a le droit d'intervenir dans les affaires privées.
Celui qu'a envi de "souffrir son agonie" six mois, c'est son problème.
Mais celui qu'a décidé d'en finir en toute conscience , c'est son droit.

Actualité de Tahiti et ses îles | Actualité de France | Actualité du Pacifique | Actualité du Monde | Actualité People | Actualité du Sport | Insolite | Magazine | A propos de l'espace débat | PRESIDENTIELLES 2012 | video pub | Vodafone

Partager ce site






Depuis 1 mois les articles les plus...