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Henri Burns : à la force des poings



Henri Burns a créé la surprise, en avril dernier, en battant Tafa Misipati, double champion en titre du Pacifique de MMA.
Henri Burns a créé la surprise, en avril dernier, en battant Tafa Misipati, double champion en titre du Pacifique de MMA.
PAPEETE, 12 juillet 2017 - Portrait d'un jeune athlète de 23 ans qui excelle dans les compétitions internationales d’arts martiaux. Parti de rien, Henri Burns entend transmettre un message à la jeunesse polynésienne.

En avril dernier, Henri Burns crée la surprise en atteignant les demi-finales de l’une des plus grosses compétitions de Mixt Martial Arts (MMA) du Pacifique, en Nouvelle-Zélande. Arrivé comme un oustider, il interpelle la discipline en battant KO le double champion en titre, Tafa Misipati. Il manque la victoire en finale mais son nom émerge parmi les meilleurs athlètes de sa discipline.

Un rêve d’enfance

Peut-être n’est-ce pas un hasard, si Henri Burns se distingue dans le domaine des arts martiaux car il n’en est pas à ses premières luttes. Avant ce bon début de carrière, il a dû affronter une enfance souvent chaotique : "Peu de gens le savent mais je suis passée par des moments compliqués", se souvient-il. "La dernière fois, j’étais avec des gamins défavorisés qui s’entraînent dans la rue et l’un d’entre eux me dit : tu as de la chance d’avoir tes parents. Alors, je lui ai expliqué mon parcours. J’ai été élevé dans une quinzaine de familles d’accueil différentes. Comme beaucoup, il m’a été difficile de trouver des repères stables en changeant d’univers. Je suis parti de rien, je ne possédais rien mais j’ai toujours vécu les échecs que nous traversons tous avec une capacité de rebondir".

A l’âge de six ans, le jeune homme est placé dans une famille d’accueil à Moorea, chez un couple de personnes âgées qu’il évoque aujourd’hui comme étant ses grands-parents de cœur. "Mon grand-père d’adoption, aujourd’hui décédé, m’a beaucoup appris. Il m’a transmis le sens des valeurs et m’a montré la voie pour me comporter avec les autres en société. Il est parti peu de temps avant mon baccalauréat".

Comme il le dit lui-même, après l’obtention de son baccalauréat, sa vie "s’est envolée". Titulaire du diplôme, il décroche une bourse pour suivre une formation aux métiers du Tourisme, en Nouvelle-Zélande. Il choisit alors ce secteur car ses grands-parents adoptifs tenaient une pension de famille à Moorea. En Nouvelle-Zélande, il s’ennuie du va’a et du surf et se rend à la salle pour tester les arts martiaux. Dès la deuxième semaine, le jeune homme bat l’un des poids lourds locaux et se fait approcher par des coachs. Viendront ensuite des débuts prometteurs et l’approche de ses sponsors actuels, Toa Faa'a, Air Tahiti Nui, Opt et Nike . Sur cette riche période, Henri Burns confie que cela lui a permis "de voyager et de rapprocher la culture Maori de la culture polynésienne".

Le sport comme équilibre de vie

Le jeune athlète s’est distingué dans plusieurs disciplines d’arts martiaux. Il a participé à des championnats internationaux de Jutjitsu, de Kikcboxing, de MMA et pratique le yoga. Il a notamment obtenu trois médailles d’or au championnat du Monde de jujitsu l’an passé. Le sport, comme il le reconnaît, lui a apporté la rigueur : "il ne faut pas oublier que les arts martiaux sont vecteurs de valeurs. Cela m’a permis d’apprendre le sens du respect envers moi-même, envers les autres. J’ai acquis un équilibre de vie. Aujourd’hui, je ne fume pas, je ne bois pas. J’y ai aussi trouvé l’humilité".

Puisqu’il n’oublie pas d’où il vient, Henri Burns voudrait, aujourd’hui, transmettre un message. Il pense aux jeunes adolescents traversant actuellement les mêmes troubles que les siens : "comme je l’ai dit, je n’avais aucun repère. Mais je croyais en moi sans attendre que cela ne vienne des autres. Enfant, Mike Tyson était mon idole et je me disais : 'un jour, je réussirai dans un domaine'. J’aurais pu tomber dans la délinquance mais le sport et les études m’ont permis d’être ce que je suis aujourd’hui".

Bien qu’il fasse désormais partie des professionnels de la discipline, Henri Burns ne peut pas encore vivre de ses performances. Il s’entraîne 4 heures quotidiennement du lundi au samedi et alterne cette pratique avec l'activité d'ouvrier dans le bâtiment, de temps en temps. A l’évocation de son avenir, l’ambition est claire : "mon idéal serait de rejoindre l’UFC (Ultimate Fighting Championship), l’équivalent des Jeux Olympiques, ce serait vraiment le top".
Henri Burns : à la force des poings

Rédigé par Garance Colbert le Jeudi 13 Juillet 2017 à 03:00 | Lu 6593 fois





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