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Grogne des policiers: l'appel des syndicats à des rassemblements peu suivi




Débordés par un mouvement de grogne qui leur échappe, les syndicats de policiers ont peu mobilisé mardi avec leur premier appel à se rassembler devant les tribunaux pour dénoncer notamment le "laxisme" de la justice à l'égard des agresseurs des forces de l'ordre.

Alliance, premier syndicat de gardiens de la paix, Synergie Officiers, l'Unsa et des syndicats de commissaires (SCPN, SICP) avaient appelé à "des rassemblements silencieux" devant les palais de justice, chaque mardi de 13H00 à 13H30.

Mais peu ont répondu: les policiers étaient environ 150 à Paris, une centaine à Bobigny (Seine-Saint-Denis), une quarantaine à Lille et Toulouse, une trentaine à Marseille et Lyon, une cinquantaine à Rennes et Carcassonne, une vingtaine à Rouen et Ajaccio, une quinzaine à Strasbourg. 

A Clermont-Ferrand, ils étaient une vingtaine devant le tribunal mais une manifestation au même moment sans syndicat a réuni près de 100 personnes dans les rues de la ville. 

Une mobilisation bien faible par rapport aux manifestations qui se déroulent, hors cadre syndical, chaque soir depuis neuf jours un peu partout en France. Ils étaient encore quelques centaines de policiers lundi soir à Paris, entre 200 et 300 à Toulouse ou 300 à Béthune (Pas-de-Calais).

Les syndicats, dont les représentants seront reçus mercredi à 18H00 par François Hollande, entendent canaliser le ras-le-bol des policiers et mettre à l'agenda la "révision du cadre juridique d'emploi des armes" et la "mise en place de peines plancher pour les agresseurs", créées sous la droite et abrogées sous François Hollande.

 

- "Il en va du laxisme comme de la météo" -

 

L'intersyndicale réclame également "l'alignement de la répression des outrages à personne dépositaire de l'autorité publique sur celle des outrages à magistrats dont les peines sont doubles".

Le garde des Sceaux qui avait reçu la semaine dernière les syndicats de policiers a réfuté mardi tout "laxisme" de la justice. "Il en va du laxisme comme de la météo, il y a la réalité et la température ressentie", a estimé Jean-Jacques Urvoas à l'Assemblée nationale.

Il a indiqué que l'an dernier, 17.860 condamnations avaient été prononcées pour des infractions contre des personnes dépositaires de l'autorité publique.

"Il s'agit d'attirer l'attention des pouvoirs publics et en particulier du président de la République, montrer que les policiers se mobilisent", a expliqué Philippe Capon (Unsa).

"Il n'est pas question de regagner du terrain. Le terrain, on l'a, les adhérents sont là, on représente une grande partie des policiers", a-t-il ajouté rappelant que "85% des policiers ont participé aux élections professionnelles".

Pour Jean-Claude Delage (Alliance), "très rapidement les policiers vont se rendre compte de qui porte leur parole et qui ne la porte pas". "Les syndicats aujourd'hui ne sont absolument pas discrédités", a-t-il plaidé.

"Nous sommes les seuls aujourd'hui à pouvoir porter ce message aux plus hautes personnalités", a renchéri Patrice Ribeiro (Synergie).

"Même si on n'est pas en accord avec les modalités choisies par les policiers (protestataires), on retrouve une partie de ce qu'ils dénoncent comme étant des choses qu'à titre syndical nous avons déjà dénoncées", a pour sa part défendu Céline Berthon (SCPN).

"Une chose est certaine: le gouvernement ne nous a pas entendu. Le fait que la police doive en arriver là, va probablement profondément transformer le syndicalisme policier et ce sera la faute du gouvernement", a-t-elle ajouté.

De son côté le syndicat Unité-SGP police FO, deuxième syndicat des gardiens de la paix, a appelé à une "marche de la colère policière et citoyenne" mercredi. Des marches et des rassemblements sont prévus dans près de 80 villes.

Les policiers protestataires ont eux appelé à manifester mercredi devant l'Assemblée nationale. Leur mouvement a débuté le 17 octobre à la suite de l'attaque aux cocktails Molotov de quatre de leurs collègues à Viry-Châtillon (Essonne) quelques jours plus tôt. 

Ils réclament notamment plus d'effectifs et de moyens matériels.

"La grogne gagne du terrain et on veut que ça passe par la base et non par les syndicats", affirmait encore lundi à l'AFP, sous couvert d'anonymat, un policier des Hauts-de-Seine qui participe aux rassemblements dans la capitale.

avec AFP


Rédigé par RB le Mardi 25 Octobre 2016 à 06:25 | Lu 122 fois






1.Posté par levebvre François Christan le 25/10/2016 22:24 | Alerter
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