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French Blue : l’UPLD agite "l’épouvantail" du Backpacker



PAPEETE, 9 novembre 2017 - L’annonce récente de l’installation prochaine de la compagnie aérienne low-cost French Blue sur le tronçon Papeete-Paris a servi de prétexte à une polémique sur le thème du "voyageur bas de gamme", jeudi matin à Tarahoi.

L’interpellation s’est produite durant la séance des questions au gouvernement, en ouverture de la 5e séance de la session budgétaire, jeudi matin à l’assemblée de la Polynésie française. L’installation annoncée pour mai 2018 de la compagnie aérienne low-cost French Blue, sur la route Papeete-Paris, via San Fransisco, avec des Airbus A 350 flambants neufs promet de dynamiser à brève échéance l’activité concurrentielle, dans le paysage local du transport aérien international. Elle stimule en attendant une crainte un peu fantasmée : celle d’un routard européen qui profiterait de billets aller-retour Paris-Papeete au tarif de 1000-1500 euros, pour fuir son pays et se réfugier en Polynésie française.

"Nous avons nos chômeurs et nos SDF que le gouvernement n'arrive pas à juguler voire à réduire, cela nous suffit", s’était emporté Gaston Flosse, le président du parti autonomiste Tahoera’a Huiraatira, fin octobre à l’annonce de la possible installation en Polynésie de la compagnie French Blue. "(…) Je ne souhaite pas voir arriver ceux de la Métropole".

S’il a d’abord mis en doute la capacité d’Air Tahiti Nui à faire face à l’assaut concurrentiel de French Blue, tout comme la pertinence pour la destination Tahiti et ses îles d’accueillir cette fréquentation bas de gamme, c’est finalement sur ce thème du "clochard voyageur" qu’est intervenu jeudi matin Antony Geros, le président du groupe indépendantiste Union pour la démocratie (UPLD), lors de la séance des questions au gouvernement : "De vrais backpackers, vous en aurez certainement ; mais il n’y en aura pas beaucoup. Ceux qui nous inquiètent vraiment, ce sont les vrais-faux backpackers. Je veux parler des long-term backpackers. Et ceux-là, croyez-moi, ils seront légion", a-t-il prophétisé : "Ils viendront chez eux sans souci de durée de séjour ou encore de formalités administratives comme le ferait un ressortissant national de la communauté européenne qui se déplacerait de Bruxelles à Toulouse tout comme d’une ville à une autre d’Europe. Aucune formalité substantielle ne lui sera demandée si ce n’est que le Passeport et la Fiche ESTA uniquement à cause de l’escale américaine. Et lorsqu’ils seront ici, eh bien ils seront chez eux ! Et tout ceci (…) à l’heure où nous n’arrivons que très difficilement à satisfaire nos demandeurs d’emploi, et à l’heure où nous n’arrivons pratiquement plus à assurer l’équilibre de nos comptes sociaux".

22000 passages en 2018

Et de questionner à l’adresse de la ministre en charge des transports aériens internationaux : "Quelles mesures administratives de contrôle envisagerez-vous prendre, vis-à-vis des ressortissants nationaux ainsi que ceux de la communauté européenne qui voyageraient à bord de cette compagnie ? (…) Avez-vous l’intention de mettre en place une fiche d’information relatif aux raisons de leur séjour, leur lieu de résidence, la durée de résidence, ou le montant qu’ils envisagent dépenser lors de leur séjour, l’identité de la personne qui se porterait garant de leur présence sur notre territoire ? Avez-vous l’intention de faire tenir un registre de domiciliation dans chaque Commune ouvert à tout ressortissant à partir de leur 3e mois de résidence ?"

"Et puis quoi encore ?", a rétorqué Nicole Bouteau, la ministre du Tourisme, en charge des transports internationaux. "Big Brother, jusqu’où souhaitez-vous emmener ce Pays ? Accepteriez-vous que de telles mesures nous soient appliquées lors de notre entrée sur le sol d’autres territoires français ou en Métropole ? (…) Monsieur Geros, je trouve que vous allez trop loin en agitant l’épouvantail du péril extérieur qui menace notre Pays. Vos questions sont édifiantes. Leur tournure reflète un état d’esprit que je n’ose qualifier".

La compagnie aérienne French Blue a annoncé le démarrage de l’exploitation du tronçon Papeete-Paris (Orly) via San Francisco à compter de mai 2018. Une demande d’autorisation d’escale à Tahiti-Faa’a a été faite au Pays, et acceptée fin octobre. French Blue envisage une fréquence normale de deux vols hebdomadaires, portée à trois en haute saison, de mi-juin à fin août. Ces vols seront opérés en partage de code avec la compagnie Air Caraïbes sur des Airbus A350 XWB (411 sièges dont 35 en classe Premium Eco et 376 en Economique), et A330 (378 sièges, dont 28 Eco Premium et 350 Eco).
Au plan tarifaire, French Blue annonce un prix d’appel 20 % inférieur aux prix pratiqués par Air France et ATN. Seuls des billets aller-retour seront mis en vente.

Selon les chiffres déclarés au Pays, en 2018 la compagnie prévoit de commercialiser 22 000 passages à destination ou au départ de Tahiti et 34 000 en année pleine dès 2019. Ce qui représenterait par rapport à aujourd’hui, selon le ministère en charge des transports internationaux, une augmentation du trafic de passagers de l’ordre de 10 % en 2018 et de 17 % l’année suivante.

La compagnie French Blue prévoit de desservir la destination Polynésie française depuis la France métropolitaine, en intervenant comme troisième opérateur sur un marché où sont déjà en activité les compagnies Air Tahiti Nui (63 % du trafic) et Air France (37 %). En 2016, ces deux compagnies aériennes ont mis en vente 243 000 sièges, avec un taux moyen de remplissage de 90 % pour Air France et de plus de 80 % pour ATN.

Antony Geros : "On n’est plus dans le tourisme, là"

Ne pensez-vous pas que des prix à la baisse pour le transport aérien profiteront aussi à la clientèle locale ?
Le grand problème que nous avons vient du fait que nous sommes une collectivité en construction. La desserte aérienne est un de nos outils. Nous avons une compagnie aérienne qui a été soutenue pratiquement depuis sa création par les deniers publics des Polynésiens pour lui permettre de voler. (…) Actuellement, notre compagnie est en pleine reconfiguration de ses équipements. On va passer sur des Boeing Dreamliner… L’immixtion d’une compagnie low-cost ne pourra pas se faire sans qu’il y ait (…) des sacrifices ou des plans sociaux pour s’adapter.

Qu’il y ait une situation de concurrence, cela n’est-il pas profitable au consommateur ?
La concurrence, c’est celle qui s’installe à armes égales. Quand on va faire du dumping, on n’est plus dans la concurrence. Aujourd’hui, on appelle ça du low-cost et même du "smart-cost", alors vous imaginez…

Que pensez-vous de la réponse de la ministre lorsqu’elle annonce que c’est une opportunité pour développer le tourisme ailleurs qu’à Tahiti ou Bora Bora ?
(…) Tant qu’on reste dans le tourisme, je suis d’accord avec ses propos. Mais on n’est plus dans le tourisme, là. Et c’est pour ça que je dis qu’il y a des mesures de contrôle à l’arrivée que l’on doit mettre en place pour qu’il y ait des alertes avant que le niveau de non-retour soit atteint. Rien de tout cela n’existe. Aujourd’hui, tout ce qu’on fait, c’est des études sur le budget des familles pour tenter de voir comment cela se fait que les familles n’arrivent pas à sortir de la difficulté.

Rédigé par Jean-Pierre Viatge le Jeudi 9 Novembre 2017 à 12:45 | Lu 11108 fois






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