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Festival Hoho'a Nui - Laurent Ballesta : "Le patrimoine sous-marin de la Polynésie est exceptionnel"



Fasciné par les loches marbrées de Fakarava, le photographe sous-marin professionnel animera jeudi une conférence sur ce sujet, qui a fait l'objet aussi d'un magnifique documentaire.
Fasciné par les loches marbrées de Fakarava, le photographe sous-marin professionnel animera jeudi une conférence sur ce sujet, qui a fait l'objet aussi d'un magnifique documentaire.
PAPEETE, le 24 avril 2017 - Invité de marque du Festival Hoho'a Nui, aux côtés d'Antoine Poupel, ce biologiste naturaliste français, spécialiste mondial de la photographie sous-marine, est très impliqué en Polynésie où il a réalisé en 2001 un programme de valorisation de son patrimoine subaquatique. À l'origine notamment des documentaires "Le 7e ciel des requins gris" (Prix du public au Fifo 2006) et "Le mystère mérou de Fakarava", Laurent Ballesta revient sur son parcours alors qu'il animera, jeudi, une conférence au Petit théâtre.


Pouvez-vous vous présenter au public polynésien ?
Je suis biologiste marin de formation, je codirige une société, Andromède Océanologie, dont l’objet est l’exploration, l’expertise, et valorisation du milieu sous-marin. Depuis 15 ans, nous nous sommes spécialisés dans les techniques modernes de plongée afin de pouvoir plonger plus profond, plus longtemps, et dans toutes sortes de conditions difficiles. Le but étant bien sûr d’améliorer nos capacités à observer le monde sous-marin, cet univers fascinant mais qui reste mal connu. Aujourd’hui, grâce à ces différents savoir-faire, mon travail consiste à imaginer des expéditions pour aller découvrir, raconter et illustrer le mieux possible la vie sous-marine, celle qui n’a pas encore été dévoilée, ce que j’aime appeler des "secrets d’océans".

Comment est née votre passion pour la photographie ?
Elle est née, peut-être, de la frustration ! Sous l’eau, on ne peut qu’aller et revenir… jamais s’y installer. Dans ma jeunesse, exalté par mes incursions sous-marines toutes nouvelles, j’étais vraiment frustré de devoir compter les minutes passées sous la surface. Faire des photographies sous-marines, à une époque où ce n’était pas banal, fut mon remède, mon astuce, pour prolonger la contemplation. Je me disais même qu’avec le temps, je parviendrai à faire la photo d’identité de tous les animaux de la mer. Cette ambition naïve de collectionneur consciencieux est venue sans doute de ma formation scientifique et technique, mais ma nature profonde est davantage littéraire et artistique. Aussi, quand j’ai commencé la photographie sous-marine, j’ai compris que j’avais là tout ce dont j’avais besoin : un bel univers, de beaux défis, et un beau moyen d’expression, j’étais comblé.

Qu'est-ce que vous préférez avant tout dans cet art ?
Pendant longtemps ce que j’ai préféré, et qui me trouble toujours autant, c’est cette incroyable possibilité d’immortaliser une rencontre du troisième type ! Et je n’exagère pas, ce n’est pas de la science-fiction tant les créatures sont celles d’un autre monde. Moins de 10 % de la faune et flore sous-marines a été décrite et sur ces 10 %, la grande majorité n’a pas été illustrée vivante. La photographie sous-marine est donc une discipline pleine d’avenir où beaucoup reste à faire. Aujourd’hui, je suis toujours en recherche de ces créatures rares mais je suis aussi en quête de lumière originale. Sous l’eau, la lumière se meurt, elle se décolore d’abord, puis s’évanouie très vite. Mais aussi faibles soient-elles, ces lueurs sont singulières, elles sont la signature de cet univers. Je tâche de trouver un compromis : prendre le temps de laisser s’imprégner ces délicates atmosphères, tout en figeant le passage furtif de l’animal.

Quel thème allez-vous aborder lors de votre conférence jeudi soir ?
Un thème local ! La passe sud de Fakarava, là où je reviens chaque année depuis 2014, pour assister entre juin et juillet au plus grand rassemblement de loches marbrées du Pacifique, et faire en sorte d’être parmi elles quand elles se décident enfin à se reproduire toutes ensemble, dans cette passe où se rassemblent aussi près de 700 requins gris. C’est un spectacle fascinant et très exigeant. Il nous a fallu oser des plongées éprouvantes physiquement et qui, à ma connaissance, n’était pas pratiquées jusque-là : plonger en dérive dans les passes la nuit, plonger à marée basse, quand le courant sortant est le plus violent, autant de difficultés qui ont été la clef pour faire des observations et des images inédites.

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes et aux autres s'ils souhaitent se lancer dans cette voie ?
Je ne suis pas très fort en conseil. Peut-être celui d’apprendre à marier la passion et la prudence, car il ne faut jamais oublier que nous ne sommes pas des poissons. Le monde sous-marin est envoûtant et on ne peut pas le dompter. Il faut apprendre à l’observer, à le contempler, mais sans s’y abandonner.

"Une nouvelle expédition pendant deux mois dans les Tuamotu"

Plus jeune photographe à avoir reçu la palme d’or au Festival mondial de l’image sous-marine, il publie des portfolios dans les plus grands magazines.
Plus jeune photographe à avoir reçu la palme d’or au Festival mondial de l’image sous-marine, il publie des portfolios dans les plus grands magazines.
Avez-vous projeté de réaliser des shootings photo dans nos îles ?
J’ai d’abord vécu en Polynésie pendant un an et demi, de 1998 à 1999. C’était à la sortie de mes études universitaires, afin de réaliser mon service national en tant que scientifique sur l’atoll de Rangiroa, mais ce n’était pas un hasard. Je désirais, plus que tout, vivre cette expérience insulaire, dans l’un des sites de plongée les plus réputés au monde. Depuis je suis revenu assez souvent, exactement huit fois, pour des séjours de un à deux mois. C’est en Polynésie que j’ai fait mes premières photographies dignes d’être publiées et c’est ici que je reviens depuis trois ans systématiquement pour un projet photo qui me tient particulièrement à cœur.

Quels sont les moments les plus marquants dans votre carrière ?
Incontestablement, ma vie à Rangiroa, puis ma rencontre avec Nicolas Hulot et mon association avec mon camarade d’Université Pierre Descamp, qui a abouti à la société que l’on dirige aujourd’hui et qui nous permet de changer nos rêves fous en projets sérieux, de continuer de faire le lien entre l’observation et la contemplation, entre la science et l’art. Être parvenu à faire de cette démarche notre métier, cela m’étonne encore aujourd’hui.

Des anecdotes ?
Plus qu’une anecdote, je repense souvent à une jolie tranche de vie : les 24 heures que j’ai passées sous l’eau à 20 mètres de profondeur dans la passe sud de Fakarava du 30 juin au 1er juillet 2014. Un souvenir inoubliable d’avoir vécu sous l’eau le temps d’une journée complète et d’une nuit entière.

Vos prochains projets ?
Une nouvelle expédition avec toute mon équipe pendant deux mois dans les Tuamotu, de mai à juillet 2017, pour en apprendre davantage sur la vie sous-marine dans les passes et clore ce projet photographique commencé il y a quatre ans et dont vous aurez un avant-goût grâce aux tirages réalisés pour le Festival Hoho’a Nui.

Un dernier mot ?
Pour l’avoir comparé, j’affirme que le patrimoine sous-marin de la Polynésie est exceptionnel. Il faut tout faire pour le préserver.

Infos pratiques

Laurent Ballesta se déplace ces dernières années entre l’Antarctique et la Polynésie pour différents projets d'exploration.
Laurent Ballesta se déplace ces dernières années entre l’Antarctique et la Polynésie pour différents projets d'exploration.
Festival Hoho'a Nui (entrée libre)
Jusqu'au 30 avril
Espaces du Musée de Tahiti et des îles, de la Maison de la culture, de l'esplanade basse de To’ata et de l'Université de la Polynésie française
Contact : 40 544 544 (Maison de la culture) / 40 54 84 35 (Musée de Tahiti et des Îles) / 40 803 803 (Bibliothèque universitaire)
FB : HOHO’A NUI / www.maisondelaculture.pf

Conférence de Laurent Ballesta
Jeudi 27 avril, de 18 heures à 19h15
Petit théâtre

Rédigé par Dominique Schmitt le Lundi 24 Avril 2017 à 17:04 | Lu 2984 fois





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