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Expulsion de criminels vers leurs îles d’origine : plusieurs États océaniens succombent à la tentation




Expulsion de criminels vers leurs îles d’origine : plusieurs États océaniens succombent à la tentation
PORT-VILA, mercredi 9 janvier 2013 (Flash d’Océanie) – Au moins deux États insulaires océaniens, confrontés à un problème croissant de criminalité dans leurs capitales respectives, envisagent d’appliquer des mesures extrêmes pour renvoyer dans leurs îles d’origines des individus jugés indésirables dans les grandes agglomérations.

Aux îles Marshall, cette réflexion s’est concrétisée par la réactivation d’un vieux système coutumier qui déclare de fait persona non grata tout individu non originaire de la capitale Majuro, si celui-ci s’est rendu coupables de crimes, y compris le vol et le cambriolage.
La première cible de cette nouvelle mesure est un jeune homme, Fred Bilene, 25 ans, reconnu coupable de plusieurs cambriolages et qui a fait l’objet d’une déclaration officielle de la part du maire de Majuro, la semaine dernière.
Il a été expulsé vers son atoll d’origine, Ailinglaplap, jeudi 3 janvier 2013, et interdit de séjour dans la capitale (pour une durée de cinq ans), rapporte en début de semaine le quotidien Marianas Variety du territoire voisin des Marianne du Nord, citant le maire et chef du conseil provincial de l’atoll de Majuro, Mudge Samuel.
Sur cet atoll qui sera son exil, le jeune homme est censé « rester en compagnie » du chef de la police locale et sous la responsabilité duquel il est désormais placé.
Insistant sur le caractère dissuasif de cette mesure, l’exécutif de Majuro affirme que d’autres délinquants récidivistes dans la capitale suivront bientôt le même chemin.
Autrefois, l’autorité des chefs coutumiers sur leurs îles respectives permettait de réguler les flux migratoires entre les îles éloignées et la capitale.
Mais cette autorité, dans la plupart des pays insulaires océaniens, s’est sérieusement érodée au cours des vingt dernières années, laissant partir vers les lumières de la ville des jeunes sans emploi ni études à poursuivre.

Dans un autre archipel d’Océanie, lui aussi touché par ce phénomène de recrudescence de la criminalité de la part de communautés jeunes et désœuvrées, la question de la méthode à suivre pour traiter ce problème refait régulièrement surface.
Ces dernières semaines, de violents affrontements ont eu lieu entre communautés rivales résidant à Port-Vila, mais originaires d’îles comme celle de Tanna (Sud Vanuatu), de Mallicolo (Nord) ou de Pentecôte (Nord).
Le Conseil des Chefs coutumiers de l’île de Vaté (où se trouve la capitale), le Vaturisu, a multiplié les appels aux chefs des communautés concernées, leur demandant de « mieux contrôler » leur gens.
Le soir de Noël 2012, deux hommes de Pentecôte ont été violemment agressés à coup de barres de fer par un groupe d’hommes originaires de Tanna, apparemment ivres et qui tentaient de s’introduire chez eux pour y subtiliser de l’alcool.
Le père de ces deux victimes, qui ont dû être hospitalisées, n’est autre que le Chef Telkon Watas, grand chef de Pentecôte (région centre de l’île).

« Mes fils ont été sauvagement agressés et laissés pour morts, gisant au sol et se convulsant comme des bêtes, dans un mare de sang, tout cela devant leur maison et devant leur famille (…) Au cours des 80 années de mon existence, c’est la première fois que je suis témoin d’une telle attitude inhumaine », a déclaré le vieux chef, qui se trouvait sur les lieux au moment de l’agression.
Quelques jours auparavant, les chefs de Vaté avaient clairement averti que tous les « fauteurs de troubles » seraient désormais « renvoyés chez eux ».
« Je soutiens pleinement cet appel de la part des chefs de Vaté (…) Si aucune mesure sérieuse n’est prise contre de telles pratiques, alors Port-Vila pourrait bien devenir très rapidement passer d’endroit heureux à un endroit où ne fait pas bon vivre », a affirmé le chef Telkon.
Le bureau du Premier ministre de Vanuatu, juste avant Noël, se déclarait aussi en faveur de mesures pour endiguer ce problème de recrudescence de la criminalité, sans pour autant préciser par quels moyens il entendait s’attaquer au problème.
L’île de Vaté, où se trouve Port-Vila, « est pour les gens civilisés et pacifiques », souligne un communiqué qui faisait suite à une manifestation ayant réuni près de cinq cent personnes dans les rues de Port-Vila, en forme de cortège funéraire pour suivre le cercueil d’un vieux chef coutumier de l’île de Tongoa (Nord-est de Vaté), Joseph Marae, écrasé par un bus conduit par un homme de Tanna lors d’affrontements entre des jeunes de ces deux communautés insulaires.


Plusieurs autres chefs coutumiers de Vanuatu, poussant plus loin la réflexion, ont recommandé que la Constitution soit amendée afin de permettre ce genre de mesure d’éloignement et de bannissement.
Jusqu’ici, la Constitution de Vanuatu garantit la liberté de circulation des personnes.

Ce débat concernant l’éventualité d’une déportation des personnes non originaires de la capitale avait déjà fait surface lors de précédents incidents graves, comme les manifestations contre la Caisse Nationale de Prévoyance de Vanuatu, en janvier 1998, qui avaient ensuite dégénéré en pillage généralisé des magasins de la capitale.
À l’époque, la police, qui se déclarait ouvertement dépassée par les événements, avait solennellement fait appel aux chefs de toutes les communautés représentées à Port-Vila, qui avaient ensuite défilé au micro de la radio nationale pour appeler leurs ouailles au calme.
Cette stratégie, il y a quinze ans, avait alors permis de rétablir l’ordre.

Rédigé par PAD le Mardi 8 Janvier 2013 à 18:23 | Lu 735 fois


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Commentaires

1.Posté par JeVotedoncJe Juge le 09/01/2013 20:09 | Alerter
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Idée intéressante mais inapplicable ici où les chefs sont parfois plus délinquants que ceux qu'on veut renvoyer au bercail

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