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Du "chapulling" aux pingouins, l'imagination au pouvoir dans les rues de Turquie




Du "chapulling" aux pingouins, l'imagination au pouvoir dans les rues de Turquie
ANKARA, 8 juin 2013 (AFP) - Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan le leur avait lancé comme une insulte. Les jeunes manifestants qui réclament sa démission ont fait du mot "capulcu", "pillard" en turc, un de leurs cris de ralliement, dans la rue et sur les réseaux sociaux.

"Les pillards arrivent ! Où es-tu Tayyip ?" Au palmarès des slogans de la contestation qui agite depuis plus d'une semaine la rue turque, celui-là fait un tabac, aux côtés des plus classiques "Tayyip, démission" repris à tue-tête à chaque rassemblement.

Prononcé "cha-poul-djou" en turc, le nom a été rapidement transformé par les manifestants anglophones en un concept, le "chapulling", qui s'est ensuite propagé puis imposé sur les réseaux, l'outil principal de la contestation, pour désigner le mouvement de "ceux qui combattent pour leurs droits".

Par solidarité avec les contestataires, un dictionnaire turco-anglais en ligne très réactif, le Zargan, s'est empressé d'ajouter cette semaine le néologisme à son répertoire.

Le "chapulling" y figure comme un mot anglais (sic) signifiant "réclamer ses droits", "exiger d'être traité comme un être humain" et "résister à la pression": Comme un résumé des revendications de la rue turque de ce mois de juin 2013.

L'encyclopédie gratuite en ligne Wikipedia n'a pas tardé à lui emboîter le pas en ajoutant le "chapulling" à sa base de données. Il y est défini comme un "néologisme né du mouvement de protestation de 2013, tiré de l'utilisation par le Premier ministre Erdogan du terme +capulcu+ pour désigner les manifestants".

Avec l'onction du dictionnaire, le "chapulling" est tombé dans le langage courant.

Un des grands patrons les plus connus du pays, Cem Boyner, à la tête du conglomérat éponyme, en a fait un verbe en arborant sur la place Taksim d'Istanbul une banderole barrée ainsi: "je ne suis ni de gauche, ni de droite, je +chapulle+".

Railleries et bons mots

Le mot a également fait son apparition sur les murs d'Istanbul, Ankara ou Izmir (ouest), les principaux foyers de la révolte, sous la forme de graffitis, auxquels internet assure une promotion éclair et planétaire.

Sur la place Taksim, l'un d'entre eux annonce la couleur: "tous les jours je +chapulle+".

Au-delà du seul "chapulling", les manifestants rivalisent d'esprit et de bons mots pour dénoncer le chef du gouvernement, sa politique ou sa police.

"Les gaz lacrymogènes m'enivrent", assure un message posté sur le site de blogs Tumblr, qui combine astucieusement la critique contre les brutalités policières à celle de la récente loi qui restreint la vente et la consommation d'alcool.

"Le gaz lacrymogène est notre boisson nationale", lance un autre. Une allusion cette fois à un discours dans lequel M. Erdogan a présenté l'ayran, une boisson non-alcoolisée à base de yaourt, comme la seule et unique boisson nationale turque, de préférence à la bière ou au fameux raki anisé.

Un utilisateur mélomane du réseau Facebook a, lui, parodié la célèbre chanson des Rolling Stones, "Satisfaction", avec des paroles adaptées aux besoins du "chapulling": "frappez-moi, et puis gazez-moi, que je puisse atteindre la satisfaction".

Dénoncées pour leur "soumission" au pouvoir islamo-conservateur, même les chaînes de télévision traditionnelles sont devenues une source d'inspiration.

L'une d'entre elles, CNN-Türk, a subi les foudres de la rue pour avoir refusé d'interrompre la diffusion d'un documentaire sur les pingouins pour retransmettre en direct le début des affrontements entre la police et les manifestants.

De plus en plus de jeunes arborent aujourd'hui un T-shirt barré de ce slogan: "nous sommes tous des pingouins".

Rédigé par Par Fulya OZERKAN le Samedi 8 Juin 2013 à 06:43 | Lu 938 fois






1.Posté par Jean pierre BEAULIEU le 08/06/2013 09:21 | Alerter
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Comme partout, le peuple a cru que dans un pays démocratique et laïque il pouvait faire une place à l'islam extrémiste, le résultat, c'est le début de la suppression des avantages de la démocratie voulue par Ata Turc, il s'en suit comme de juste, un genre de révolution qui n'a pas fini de faire parler d'elle.

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