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Détournements de fonds à la MFR de Huahine



C’est une affaire dont le procureur de la République a souligné le caractère «effarant».
C’est une affaire dont le procureur de la République a souligné le caractère «effarant».
PAPEETE, le 17 octobre 2017 - Cinq individus comparaissaient, ce matin, devant le tribunal correctionnel de Papeete pour des faits de « détournement de fonds ». Les faits se seraient déroulés entre 2008 et 2012. Tous étaient employés, à titre bénévole pour deux d’entre eux, par la Maison Familiale Rurale d’Education et d’Orientation (MFREO) de Huahine.

C’est une affaire dont le procureur de la République a souligné le caractère «effarant». Ce matin, cinq individus devaient comparaître devant le tribunal correctionnel de Papeete. Deux d’entre eux ayant « confondu » les dates du procès, seuls trois prévenus étaient présents pour répondre de faits de « détournement de fonds. »

L’affaire émerge en novembre 2014 lorsque le procureur de la République reçoit un courrier du vice-président de la MFREO de Huahine. Dans cette lettre, ce dernier indique avoir mis la main sur des factures de commerçants acquittées par la structure qu’il dirige, « il me semble que le personnel a pris de mauvaises habitudes et se sert en toute impunité dans les caisses de la MFREO. » Le parquet diligente alors une enquête au terme de laquelle cinq individus, dont le président bénévole et la directrice de l’association, sont poursuivis pour avoir détourné les fonds de la MFREO à des fins personnelles. Les gendarmes découvrent, en effet, que l’argent destiné à un organisme chargé d’une mission de service public est utilisé par les employés de ce dernier pour acheter du pain, de l’essence, du matériel de bricolage et faire des courses au supermarché du coin. Et ce, pour des centaines de milliers de Fcfp sur une période allant de 2008 à 2012.

Rappelons que les Maisons Rurales Familiales (MRF) sont des « établissement scolaires qui proposent des formations en vue d'une professionnalisation dans les secteurs agricoles ou des services. Elles ont été créées sous le statut d’association (loi de 1901), un régime qui leur permet de conserver une plus grande autonomie. » Au nombre de huit en Polynésie, elles bénéficient de subventions du Pays.
 

Président bénévole à plein temps

Parmi les cinq individus mis en cause, l’on retrouve le président bénévole de l’association, la directrice, le mari de cette dernière, le cuisiner ainsi qu’un moniteur stagiaire.

Drôle de statut que celui de Mr M, « président bénévole à plein temps ». Lors de son audition devant les gendarmes, l’homme, qui dit ne bénéficier d’aucun revenu, n’a pas contesté les achats personnels faits sur le compte de la MRF pour un montant avoisinant les 315 OOO Fcfp. Mais il a nié avoir produit une autorisation écrite permettant aux autres employés de faire la même chose. Le papier lui a, pourtant, hier été présenté lors de l’audience. Face à l’évidence, l’individu, récemment condamné pour agression sexuelle, a expliqué qu’il n’en avait pas le souvenir, hormis pour le cuisinier et la directrice. Cette dernière, qui était absente, aurait quant à elle, détourné un peu moins de 2 millions de Fcfp, notamment pour 4 billets d’avion. Elle a justifié ses actes par le fait que certaines heures supplémentaires ne lui étaient pas payées. Son mari, également absent, était poursuivi pour des faits de « recel ». Bien qu’il ne soit pas employé par la MFR , il aurait travaillé au sein de cette structure, s’occupant du transport des enfants dans sa voiture personnelle et profitant de l’argent détourné par son épouse. Le cuisinier de l’association, toujours en poste, aurait dépensé 814 000 Fcfp au titre de ses dépenses personnelles. Enfin, il était reproché au dernier protagoniste de cette histoire, un jeune moniteur, d’avoir utilisé plus de 60 000 Fcfp sur des sommes destinées à l’établissement.

Ce matin, les trois des cinq individus qui se sont présentés devant le tribunal ont tous expliqué qu’ils avaient fait cela car ils étaient dans la nécessité. Outre le président bénévole dont il a été difficile de comprendre le rôle exact, les autres employés de la MFR gagnaient de 180 00 à 250 000 Fcfp, ce que le procureur de la République n’a pas manqué de rappeler lors de ses réquisitions, « Le principe de fonctionnement dans cette affaire est effarant. C’est édifiant ce système dans lequel, puisque l’on s’estime mal payés, on auto-liquide le problème en s’arrangeant une fois la subvention de 23 millions reçue. La responsabilité est peut-être supérieure tant la négligence est immense. » A l’encontre du président et de la directrice, le représentant du ministère public a requis des peines similaires de 6 mois de prison avec sursis et de 300 000 fcfp d’amende. Envers les trois autres prévenus, des amendes de 300 000 Fcfp avec sursis ont été requises. Les délibérés seront rendus le 7 novembre.


Rédigé par Garance Colbert le Mardi 17 Octobre 2017 à 13:36 | Lu 7408 fois





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