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Des ex-conjoints jugés pour violences et dégradations


Tahiti, le 8 juin 2026 - Des ex-conjoints étaient jugés devant le tribunal correctionnel de Papeete ce lundi pour des violences et dégradations commises dans le cadre d’un conflit. Le parquet a requis des peines de prison contre les deux ex-conjoints.  

Séparés depuis trois ans après quinze années de vie commune, un homme de 39 ans et une femme de 33 ans étaient jugés ce lundi en comparution immédiate devant le tribunal de Papeete pour une série de violences et de dégradations commises dans un contexte de conflit. Tous deux se sont renvoyé la responsabilité des faits.  

La prévenue, placée en détention provisoire, était poursuivie pour avoir agressé son ex-compagnon à l'aide d'une batte de baseball et pour dégradations, notamment sur une moto et un véhicule qu’elle avait loué. L'homme, déjà condamné à 18 reprises, était quant à lui poursuivi pour des violences sur son ancienne compagne et pour des dégradations sur le même véhicule.  

L'enquête a révélé qu'un premier incident s'était produit trois jours auparavant, lorsque l'homme avait lancé un caillou sur le pare-brise de la voiture de location utilisée par son ex-compagne. Cette dernière devait ensuite rembourser les dégâts, ce qui a alimenté le conflit.  

Lors de l'intervention des gendarmes, plusieurs dégradations ont été constatées : rétroviseur arraché, carrosserie endommagée et véhicule détérioré. Selon les gendarmes, la femme aurait également craché sur son ancien compagnon au cours de l’altercation à leur arrivée.  Ce lundi, la présidente du tribunal s'est interrogée sur le fait que la prévenue se soit munie d'une batte avant la confrontation. “Vous le cherchez pour l'attaquer, vous indiquez que par anticipation vous prenez votre batte”, lui a-t-elle fait remarquer. La prévenue a répondu avoir agi par peur, affirmant subir régulièrement des violences de la part de son ex-compagnon.

​“Un mauvais film”


De son côté, l'homme a continué de nier les violences qui lui sont reprochées, malgré les accusations de tirage de cheveux et de bousculades figurant dans la procédure.  

Lors de ses réquisitions, le substitut du procureur a décrit “un mauvais film” dont les protagonistes semblent incapables de sortir. “Ça part d’un caillou”, a-t-il commencé, avant de rappeler que la prévenue avait expliqué vouloir échapper aux violences de son ancien compagnon et de décrire les faits : “Dès le lendemain, elle s'arme pourtant d'une batte de baseball. S'ensuivent des violences et des dégradations.”  

Il a malgré tout estimé que les responsabilités n'étaient pas identiques. Selon lui, l'origine des faits récents trouve son point de départ dans le comportement de l'homme, tandis que les actes reprochés à la femme s'apparentent davantage à une “expédition punitive”.  

Le parquet a requis contre l'homme une peine de 18 mois d'emprisonnement dont six mois assortis d'un sursis probatoire pendant deux ans, avec obligation de soins et obligation d'indemniser les parties civiles.  Contre la femme, le ministère public a requis 12 mois d'emprisonnement dont six mois avec sursis probatoire pendant deux ans, assortis d'une obligation de soins, notamment en lien avec une addiction à l'ice. Le procureur a demandé la révocation d'un précédent sursis ainsi qu'un aménagement de la partie ferme de la peine. 

Le tribunal les a condamnés à 18 mois de prison dont 9 mois avec sursis probatoire pendant deux ans, avec mandat de dépôt. La prévenue a également vu révoquer un précédent sursis de cinq mois.


Rédigé par Violaine Broquet le Mardi 9 Juin 2026 à 09:05 | Lu 591 fois