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Des avancées pour les abeilles, mais encore des luttes à venir contre l'agrochimie



Des avancées pour les abeilles, mais encore des luttes à venir contre l'agrochimie
AGEN, 15 oct 2012 (AFP) - Les milliers d'apiculteurs européens réunis à Agen (Lot-et-Garonne) de jeudi à dimanche ont salué les avancées de leur combat pour sauver les abeilles menacées notamment par les pesticides, mais se préparent à de nouvelles batailles, sur fond de crise, avec l'industrie agrochimique.

Au fil des ans, les études scientifiques ont permis d'établir que les pesticides dits "systémiques" ou "néonicotinoïdes" ont bien un impact létal sur les abeilles, qu'ils désorientent, au point que certaines ne savent plus revenir à leur ruche: en une quinzaine d'années, leur mortalité est passée de 5 à 30%.

Une étude de l'Inra en ce sens, visant le pesticide Cruiser OSR, a notamment été diffusée dans "Science", en mars, non sans être contestée sur la méthode par Syngenta, fabricant suisse du produit. D'autres recherches ont été présentées au Congrès d'Agen.

Le chercheur italien Marco Lodesani, coordinateur du programme de surveillance et de recherche en apiculture APENET, a ainsi assuré avoir constaté que sous l'effet du "Cruiser", les abeilles "perdent la perception des couleurs et même la mémoire des odeurs".

En Europe, les cris d'alarme des protecteurs des abeilles, vigies de l'écosystème où elles occupent, à travers la pollinisation, une place centrale, sont de plus en plus entendus.

"Nous avons obtenu quelques avancées, témoigne Sophie Dugué, vice-présidente de l'Unaf (Union nationale de l'apiculture française): les Italiens, les Slovènes, les Allemands ont interdit ou suspendu l'utilisation de ces pesticides", dit-elle, même si Syngenta tient à souligner qu'en Allemagne et en Italie, le Cruiser est seulement "suspendu", et non interdit, pour son usage sur le maïs.

Après la suspension du Cruiser, "en Italie, les producteurs de maïs ont utilisé les règles de l’agronomie en procédant à la rotation des cultures et les rendements des cultures de maïs ont été bien supérieurs", assure Francesco Panella, président du syndicat apicole italien, en soulignant que les maïsiculteurs n'ont pas pour autant été touchés par la Chrysomèle, insecte combattu par ce pesticide.

En France, Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture, a de son côté confirmé le 29 juillet le retrait définitif de l'Autorisation de mise sur le marché (AMM) du Cruiser OSR utilisé en traitement de semence pour le colza. Reste son usage pour le maïs, qui, bien que contesté, n'a pas été à ce stade définitivement banni.

pressions des lobbies

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Pour les apiculteurs, qui, depuis la fin des années 1990, ont aussi obtenu le retrait du Régent et du Gaucho (Bayer), la partie reste toutefois dure.

"Les intérêts économiques en jeu sont importants, notamment autour de la culture du maïs, bastion de l'agriculture", explique un spécialiste français sous couvert de l'anonymat, qui évoque aussi les "pressions des lobbys de l'industrie des produits phytopharmaceutiques".

Selon Eurostat, la France est le premier producteur agricole européen, leader sur le maïs, se situant aussi au deuxième rang mondial concernant l'exportation de semences. Ce pays arrive donc logiquement en tête en termes d'utilisation de pesticides.

Dans une allocution diffusée aux apiculteurs à Agen Stéphane Le Foll a annoncé pour début 2013 "un plan stratégique pour l'abeille", sans en révéler le contenu, jugeant d'ores et déjà scandaleux que la France soit importatrice de miel.

Mais ces bonnes dispositions gouvernementales pourraient être insuffisantes, selon les représentants de l'apiculture.

Syngenta pourrait selon eux tenter de s'appuyer sur un règlement européen de 2009 instaurant la libre circulation de "semences traitées", pour continuer à vendre le Cruiser OSR.

"Tout ce que nous avons fait depuis des années serait ruiné", s'inquiète Me Bernard Fau, avocat de l'Unaf, impliqué depuis des années dans les procédures judiciaires visant les pesticides.

Contacté par l'AFP, un porte-parole de Syngenta a souligné que l'on attendait, avant la fin 2012, une évaluation de ce type de produit par l'EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments).

"Nous contestons le fait que les autorités françaises aient pris cette décision unilatérale", a-t-il déclaré, en soulignant que "personne d'autre" en Europe n'a suivi.

"Il existe un risque que nous repartions en arrière", estime aussi l'apiculteur espagnol Manuel Izquierdo: "Avec la crise, l'environnement passe au second plan, d'autant que l'industrie phytosanitaire représente beaucoup d'argent".

Rédigé par AFP le Lundi 15 Octobre 2012 à 05:59 | Lu 139 fois






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