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De nouvelles découvertes sur les anguilles de Tahiti



Herehia Helme a présenté ses premiers résultats aux bénévoles de l'association Haururu qui l'on beaucoup aidé pour la logistique importante de ces recherches en fond de vallée.
Herehia Helme a présenté ses premiers résultats aux bénévoles de l'association Haururu qui l'on beaucoup aidé pour la logistique importante de ces recherches en fond de vallée.
PAPEETE, le 19 septembre 2016 - La doctorante Herehia Helme vient de terminer deux ans de recherches dans nos rivières à étudier les anguilles de Tahiti. Elle a dévoilé ses premiers résultats aux associations qui l'ont aidée sur le terrain, même si elle espère que le travail d'analyse de toutes les données collectées lui permettra d'en apprendre encore bien plus sur le roi de nos rivières.

Il y a une semaine, les excursions scolaires et activités culturelles habituellement hébergées sur le site archéologique de Farehape à Papenoo ont laissé la place à une présentation scientifique par la jeune doctorante Herehia Helme. La vie des anguilles, leur comportement de peuplement de la rivière, la répartition des individus selon leur taille, leurs déplacements au fil du temps dans la vallée… Un trésor de nouvelles données a été dévoilé, qui nous peint le décor de la vie des anguilles tahitiennes. Pour les collecter il aura fallu deux années d'efforts à une équipe soutenue par Marama Nui, de nombreux bénévoles et le support scientifique du Criobe de Moorea.

L'association Haururu, qui se charge de protéger la culture et l'environnement de cette vallée, était particulièrement attentive à la présentation de ces résultats préliminaires : il faut dire que les bénévoles ont beaucoup contribué à faire avancer ces recherches en hébergeant la jeune chercheuse des semaines entières à Farehape et en participant même à ses campagnes de pêche.

L'IMPACT DES BARRAGES SUR LES ANGUILLES

Ces recherches sont également importantes pour l'entreprise Marama Nui, qui finance pour moitié le salaire de la thésarde avec le dispositif Cifre (l'autre moitié est payée par l'État) et a mobilisé d'importants moyens logistiques. C'est qu'avec 100 GWh d'énergie par an, les ouvrages hydro-électriques de la vallée de Papenoo représentent à eux seuls un quart de toute la production électrique de l'île de Tahiti, mais leur impact sur l'écosystème des rivières était totalement inconnu.

Ces recherches sont, du coup, plutôt rassurantes. Herehia a ainsi pu prouver que les anguilles arrivaient à franchir les barrages, à la fois par le fait qu'elle en observe en amont de ces ouvrages (elles se sont donc débrouillées pour remonter le courant), et aussi par une observation directe : une anguille capturée et marquée en aval d'un barrage a été recapturée en amont quelques jours plus tard. Les recherches ont aussi révélé quelques problèmes, comme un canal de fuite d'un barrage que les anguilles aiment beaucoup (ce sont des espèces rhéophiles, elles cherchent le courant) et qu'elles ont colonisé en nombre. L'entreprise va maintenant devoir s'efforcer de corriger le problème en redirigeant les anguilles, gobis et autres chevrettes vers la rivière principale... Même si elle ne sait pas encore comment. Mais les découvertes de la jeune doctorante ne pourront que l'aider !



Herehia et son équipe : ils sont tous devenus experts dans la capture d'anguilles
Herehia et son équipe : ils sont tous devenus experts dans la capture d'anguilles
Herehia Helme, doctorante spécialiste des anguilles de Tahiti

"Donc là je présente des résultats préliminaires, car les données sont encore en cours d'analyse. Mais nous voulions faire un petit retour à l'association Haururu pour les remercier de nous avoir logés et de nous avoir aidés au niveau de la logistique pendant nos campagnes de pêche. Il y en a même qui venaient avec moi de temps en temps pour aider pendant les campagnes, ils étaient très impliqués ! C'était vraiment un bon partenariat pendant deux ans. Nous avons fait six campagnes de pêches, à chaque fois 300 à 400 anguilles ont été capturées, mesurées, marquées avec une puce électronique puis relâchées. En tout, ça fait à peu près 2000 anguilles capturées. Ça nous permet d'estimer que dans toute la vallée, sur tout le bassin versant, il y a 8000 à 9000 anguilles dans Papenoo. Donc la vallée est clairement vivante !

Pour les résultats précis de la thèse il va falloir attendre que je finisse d'analyser les chiffres et de rédiger mon mémoire, ça va prendre un an. Mais on a déjà quelques résultats, comme le fait que l'on trouve des anguilles en amont des barrages, même des petits individus, donc elles ont réussi à grimper les barrages. Ou alors, on peut se dire qu'elles ont pu passer par les côtés, puisqu'une anguille peut se déplacer sur un sol humide et parcourir plusieurs centaines de mètres grâce à son mucus qui la protège ! En tous cas, il y a deux jours, j'ai recapturé en aval une anguille que j'avais marqué en amont d'un barrage, donc elle a réussi à passer.

Nous avons aussi vu que nos anguilles ne bougent pas beaucoup. Toutes les anguilles que j'ai recapturées après les avoir marquées étaient dans la même station, sauf celle d'il y a deux jours donc. Elles sont très casanières une fois qu'elles ont trouvé leur place dans la rivière. C'est un comportement que l'on observe aussi chez les autres anguilles à travers le monde. Donc les anguilles que les gens nourrissent à certains endroits, ce sont toujours les mêmes anguilles pendant des années !

On a aussi appris à quelles dates arrivent les civelles, les bébés anguilles. On commence à les voir début novembre, c'est l'avant-garde qui arrive de l'océan et entre dans la rivière. Ensuite il y en a de plus en décembre, et le pic c'est en janvier. Elles arrivent les nuits noires, donc aux nouvelles lunes, et aussi quand il pleut. On a aussi remarqué que les grosses anguilles habitent en haut de vallée et les petites habitent en bas, mais il est possible que ce soit à cause de l'habitat : il n'y a pas de grosses pierres en bas de vallées, donc pour se cacher les anguilles sont peut-être obligées de remonter la vallée quand elles dépassent une certaine taille pour trouver de gros blocs ! Il y a aussi des habitats qu'elles aiment moins, par exemple dès qu'il y a de la vase, ou encore l'eau volcanique et plus acide de Tahinu ou de la Maroto..."


Yann Wolff, directeur général de Marama Nui

"Pour nous, ça fait six ans que l'on travaille sur les anguilles, au début avec des stagiaires, et depuis deux ans avec Herehia. La logique pour nous, c'est que nous exploitons des ouvrages hydroélectriques dans des vallées où nous n'avons aucune connaissance sur la faune, partant de là c'est très difficile de savoir si nous avons un impact ou non, si nos méthodes sont adaptées… On ne peut pas se dire être une entreprise écoresponsable et derrière et ne pas savoir où on met les pieds et quels animaux nous entourent…
Donc on est parti de rien. Je fais partie des gens qui ont travaillé il y a quelques années sur les études d'impact du projet Vaiha, et on n'avait rien. Donc si on veut faire attention à l'environnement sur un nouveau projet, et qu'on n'a pas d'éléments… Et ça ne coute pas si cher, on a mis une dizaine de millions dans ces sujets-là ces dernières années, grâce à l'aide de l'état pour financer le doctorat de Herehia. Et on sait que notre prochain challenge sera de pérenniser ce type de recherches dans le temps, aller étudier les autres vallées… Tout ça est un sujet majeur pour l'avenir d'une entreprise comme Marama Nui : il faut que nous soyons irréprochables sur les sujets environnementaux et nous devons connaitre l'environnement pour l'impacter le moins possible."


Papa Apon, président de l'association Haururu

"Ces recherches sont très importantes, mais le plus important c'est sans doute que ce soit une Polynésienne qui les mène. Combien ont essayé de venir faire leur thèse ici et ont abandonné pour aller travailler sur les coraux, les poissons… Alors quand j'ai appris que Herehia allait mener ces études sur les anguilles, je me suis dit 'c'est formidable' ! Elle est compétente, et c'est une vraie scientifique. On voit aussi que les barrages aujourd'hui n'ont plus un gros impact sur les anguilles, mais au départ il n'avait fait aucune étude. Ce fameux promoteur… il a lancé ses barrages sans point zéro. Et quand Marama Nui est venu, on leur a dit que c'était très important de surveiller les débits réservés, pour permettre aux alevins, les ina'a, de remonter la rivière. Si on laisse mourir ces alevins il n'y aura plus de vie dans la rivière et l'eau finira par se tarir, il faut maintenir l'équilibre…"

Rédigé par Jacques Franc de Ferrière le Lundi 19 Septembre 2016 à 15:04 | Lu 6554 fois







1.Posté par Duc le 20/09/2016 10:11 (depuis mobile) | Alerter
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Bravo.....continuez dans la bonne voie....

2.Posté par ENGIE isnoteco le 21/09/2016 09:55 | Alerter
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est il un gage d’indépendance pour la chercheuse d’être rémunérer par ceux qui font des barrages.?..je la vois mal dire qu'il y a un problème avec les barrages....

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