TORIBIO, 17 juillet - "Le gouvernement ne va pas être capable, les militaires non plus, d'en finir avec la guérilla. Nous si", assure le dirigeant d'une petite communauté indigène, située à proximité de la ville de Toribio (sud-ouest de la Colombie), qui réclame aussi le départ des forces armées.
Luis Acosta est l'un des membres de la Garde indigène de la province du Cauca (sud-ouest) qui cette semaine s'est rebellée contre la présence des acteurs du conflit armé entre les guérillas de gauche et l'armée, qui ensanglante depuis un demi-siècle la Colombie, notamment cette zone montagneuse, peuplée majoritairement d'Indiens.
A deux heures de Cali (500 km au sud-ouest de Bogota), Toribio et ses 26.000 habitants (dont 96% d'Indiens) viennent de subir trois jours d'assaut de la guérilla des Forces armées révolutionnaires (Farc, marxistes), qui ont attaqué la zone au mortier, pour tenter de déloger des militaires et policiers stationnés à proximité.
Les attaques ont endommagé plusieurs maisons et fait huit blessés civils, parmi lesquels l'infirmière en chef du poste de santé local, amputée d'une jambe.
Face aux affrontement, la Garde indigène de la communauté Nasa, armée de seuls bâtons, a mobilisé 3.000 personnes pour reprendre ses territoires.
Alors que des habitants de Toribio occupaient les cantonnements de l'armée, rebouchant les tranchées creusées autour et démolissant les protections de sacs de sable, la Garde indigène s'est réparti en groupes à la recherche des guérilleros alentours afin de les contraindre à suspendre leur offensive.
Armes et munitions enterrées dans du sel
"Nous sommes arrivés jusqu'à l'endroit où la guérilla était installée pour attaquer. Quand ils nous ont vus, ils sont partis en courant en abandonnant" leurs mortiers artisanaux, a raconté à l'AFP un membre de la Garde.
Les armes et munitions ont été enfouies à plusieurs mètres sous terre et recouverts de sel "pour qu'elles rouillent plus rapidement et que les explosifs se dégradent", a expliqué M. Acosta.
Les indigènes ont également repris une base de l'armée située sur une colline à deux heures de marche de Toribio: là, ils ont brûlé les tentes militaires et détruit les protections.
"S'ils viennent combattre (la guérilla), qu'ils combattent", exige Luis Acosta des soldats. Mais "ils ne viennent pas combattre, ce qu'il font, c'est mettre en danger la communauté. Depuis qu'ils ont quitté les tranchés, il ne s'est plus rien passé", poursuit-il.
Lors d'une visite à Toribio la semaine dernière, le président Juan Manuel Santos a refusé d'envisager le retrait des forces armés de la zone, répertoriée comme l'un des principaux couloirs de transit de la cocaïne produite dans la région.
Danilo Secué, du Conseil indigène régional du Cauca (Cric), a toutefois souligné que si les affrontements ont cessé autour de Toribio, ils se sont déplacés en zone rurale et vers d'autres villes de la région, comme vers Miranda, où vendredi un membre de la Garde a été blessé dans des tirs croisés.
"La situation continue d'être très grave, mais nous allons maintenir notre décision de reprendre nos territoires", a affirmé M. Secué.
Soulignant que les communautés indiennes sont présentes dans la région "depuis 500 ans", Luis Acosta assure qu'elles resteront "500 ans de plus". "Avec l'armée, avec la guérilla, ou sans eux, nous allons rester, parce qu'il s'agit de notre dignité", a-t-il martelé.
Toutefois, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a recensé le déplacement de 6.450 personnes ces 10 derniers jours dans cette zone, en raison des affrontements entre militaires et guérilleros.
Par Carlos OSORIO
Luis Acosta est l'un des membres de la Garde indigène de la province du Cauca (sud-ouest) qui cette semaine s'est rebellée contre la présence des acteurs du conflit armé entre les guérillas de gauche et l'armée, qui ensanglante depuis un demi-siècle la Colombie, notamment cette zone montagneuse, peuplée majoritairement d'Indiens.
A deux heures de Cali (500 km au sud-ouest de Bogota), Toribio et ses 26.000 habitants (dont 96% d'Indiens) viennent de subir trois jours d'assaut de la guérilla des Forces armées révolutionnaires (Farc, marxistes), qui ont attaqué la zone au mortier, pour tenter de déloger des militaires et policiers stationnés à proximité.
Les attaques ont endommagé plusieurs maisons et fait huit blessés civils, parmi lesquels l'infirmière en chef du poste de santé local, amputée d'une jambe.
Face aux affrontement, la Garde indigène de la communauté Nasa, armée de seuls bâtons, a mobilisé 3.000 personnes pour reprendre ses territoires.
Alors que des habitants de Toribio occupaient les cantonnements de l'armée, rebouchant les tranchées creusées autour et démolissant les protections de sacs de sable, la Garde indigène s'est réparti en groupes à la recherche des guérilleros alentours afin de les contraindre à suspendre leur offensive.
Armes et munitions enterrées dans du sel
"Nous sommes arrivés jusqu'à l'endroit où la guérilla était installée pour attaquer. Quand ils nous ont vus, ils sont partis en courant en abandonnant" leurs mortiers artisanaux, a raconté à l'AFP un membre de la Garde.
Les armes et munitions ont été enfouies à plusieurs mètres sous terre et recouverts de sel "pour qu'elles rouillent plus rapidement et que les explosifs se dégradent", a expliqué M. Acosta.
Les indigènes ont également repris une base de l'armée située sur une colline à deux heures de marche de Toribio: là, ils ont brûlé les tentes militaires et détruit les protections.
"S'ils viennent combattre (la guérilla), qu'ils combattent", exige Luis Acosta des soldats. Mais "ils ne viennent pas combattre, ce qu'il font, c'est mettre en danger la communauté. Depuis qu'ils ont quitté les tranchés, il ne s'est plus rien passé", poursuit-il.
Lors d'une visite à Toribio la semaine dernière, le président Juan Manuel Santos a refusé d'envisager le retrait des forces armés de la zone, répertoriée comme l'un des principaux couloirs de transit de la cocaïne produite dans la région.
Danilo Secué, du Conseil indigène régional du Cauca (Cric), a toutefois souligné que si les affrontements ont cessé autour de Toribio, ils se sont déplacés en zone rurale et vers d'autres villes de la région, comme vers Miranda, où vendredi un membre de la Garde a été blessé dans des tirs croisés.
"La situation continue d'être très grave, mais nous allons maintenir notre décision de reprendre nos territoires", a affirmé M. Secué.
Soulignant que les communautés indiennes sont présentes dans la région "depuis 500 ans", Luis Acosta assure qu'elles resteront "500 ans de plus". "Avec l'armée, avec la guérilla, ou sans eux, nous allons rester, parce qu'il s'agit de notre dignité", a-t-il martelé.
Toutefois, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a recensé le déplacement de 6.450 personnes ces 10 derniers jours dans cette zone, en raison des affrontements entre militaires et guérilleros.
Par Carlos OSORIO







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