BRUXELLES, 03 mai 2012 (AFP) - Les ministres européens des Finances sont finalement parvenus à un compromis tôt jeudi matin sur le niveau de capitalisation devant permettre aux banques de mieux absorber les chocs, même si des détails techniques restent à régler d'ici leur prochaine réunion le 15 mai.
"Nous avons un accord, il reste du travail pour qu'il soit techniquement prêt", a déclaré la ministre danoise des Finances, Margrethe Vestager, dont le pays assure la présidence tournante de l'UE, à l'issue d'une journée marathon de près de 16 heures de discussions à Bruxelles.
L'accord devrait être finalisé lors de la prochaine réunion des ministres européens des Finances le 15 mai, après des "vérifications techniques sur les derniers points qui restent à régler", a-t-elle dit.
Plusieurs de ses collègues l'avaient exhortée en début de soirée à continuer les discussions, qui semblaient alors dans l'impasse. "Si nous ne parvenons pas à une décision ce soir, il y a danger que nous n'y parvenions pas du tout", avait notamment plaidé le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, jugeant que ce serait "désastreux".
"Une vingtaine de problèmes ont été réglés au cours de la journée", s'est finalement félicitée Mme Vestager.
Cette réunion extraordinaire visait à finaliser les discussions sur le nouveau cadre réglementaire du secteur bancaire, dit de "Bâle III", qui doit être mis en place progressivement à partir de 2013.
Avant que le sujet ne soit renvoyé au Parlement européen, les 27 devaient définir une position commune sur la future architecture du système bancaire européen, qui compte quelque 8.300 établissements.
La réglementation de Bâle III doit à terme contraindre les banques à mettre en réserve des fonds propres représentant 7% du montant des prêts qu'elles accordent, contre 2% jusqu'ici.
Mais les discussions entre ministres des Finances ont longuement achoppé sur le degré de flexibilité laissé aux Etats: le Royaume-Uni, en particulier, réclamait des normes de capital plus sévères pour ne pas revivre les nombreux plans de renflouement des banques qu'il a dû réaliser après la crise financière de 2007-2008.
Le ministre britannique des Finances, George Osborne, a insisté au cours de la soirée sur la nécessité de trouver une solution qui convienne au Royaume-Uni, dont il a souligné qu'il constituait "de loin" le premier pays européen en termes de capitalisation bancaire. "Je ne veux pas passer pour un idiot", a-t-il justifié.
La Suède, mais aussi la Pologne et la République tchèque étaient sur la même ligne que les Britanniques.
A l'inverse, la France, l'Italie ou l'Allemagne défendaient une harmonisation maximale des exigences de fonds propres des banques en Europe, pour éviter que les Etats ayant les fonds propres les plus élevés n'attirent les investisseurs au détriment de leurs voisins.
Au final, le compromis trouvé permet aux Etats de pouvoir ajouter un "coussin" supplémentaire de fonds propres de 3% en plus des 7%, qui pourra même être porté à 5% en ce qui concerne l'exposition des banques aux risques émanant de leur propre pays.
"J'aurais souhaité un meilleur équilibre entre coordination et flexibilité, mais nous avons une bonne base pour commencer les discussions" entre les Etats, la Commission et le Parlement européen sur la question, a réagi le commissaire européen au Marché intérieur et aux Services financiers, Michel Barnier.
Il a salué dans le texte de transposition des règles de Bâle III, qui fait 600 pages, une "pièce majeure de l'agenda de régulation pour tirer les leçons de la crise financière".
cel/may/mf
quotes:
Margrethe Vestager:
"we have an agreement, it needs technical work before it is technically done"
"technical verifications on the last outstanding issues"
"20 issues that have been solved during the day"
"you can have a 3% flexibility on all exposures ,and an add-on of 2% on domestic exposure
cel/
"Nous avons un accord, il reste du travail pour qu'il soit techniquement prêt", a déclaré la ministre danoise des Finances, Margrethe Vestager, dont le pays assure la présidence tournante de l'UE, à l'issue d'une journée marathon de près de 16 heures de discussions à Bruxelles.
L'accord devrait être finalisé lors de la prochaine réunion des ministres européens des Finances le 15 mai, après des "vérifications techniques sur les derniers points qui restent à régler", a-t-elle dit.
Plusieurs de ses collègues l'avaient exhortée en début de soirée à continuer les discussions, qui semblaient alors dans l'impasse. "Si nous ne parvenons pas à une décision ce soir, il y a danger que nous n'y parvenions pas du tout", avait notamment plaidé le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, jugeant que ce serait "désastreux".
"Une vingtaine de problèmes ont été réglés au cours de la journée", s'est finalement félicitée Mme Vestager.
Cette réunion extraordinaire visait à finaliser les discussions sur le nouveau cadre réglementaire du secteur bancaire, dit de "Bâle III", qui doit être mis en place progressivement à partir de 2013.
Avant que le sujet ne soit renvoyé au Parlement européen, les 27 devaient définir une position commune sur la future architecture du système bancaire européen, qui compte quelque 8.300 établissements.
La réglementation de Bâle III doit à terme contraindre les banques à mettre en réserve des fonds propres représentant 7% du montant des prêts qu'elles accordent, contre 2% jusqu'ici.
Mais les discussions entre ministres des Finances ont longuement achoppé sur le degré de flexibilité laissé aux Etats: le Royaume-Uni, en particulier, réclamait des normes de capital plus sévères pour ne pas revivre les nombreux plans de renflouement des banques qu'il a dû réaliser après la crise financière de 2007-2008.
Le ministre britannique des Finances, George Osborne, a insisté au cours de la soirée sur la nécessité de trouver une solution qui convienne au Royaume-Uni, dont il a souligné qu'il constituait "de loin" le premier pays européen en termes de capitalisation bancaire. "Je ne veux pas passer pour un idiot", a-t-il justifié.
La Suède, mais aussi la Pologne et la République tchèque étaient sur la même ligne que les Britanniques.
A l'inverse, la France, l'Italie ou l'Allemagne défendaient une harmonisation maximale des exigences de fonds propres des banques en Europe, pour éviter que les Etats ayant les fonds propres les plus élevés n'attirent les investisseurs au détriment de leurs voisins.
Au final, le compromis trouvé permet aux Etats de pouvoir ajouter un "coussin" supplémentaire de fonds propres de 3% en plus des 7%, qui pourra même être porté à 5% en ce qui concerne l'exposition des banques aux risques émanant de leur propre pays.
"J'aurais souhaité un meilleur équilibre entre coordination et flexibilité, mais nous avons une bonne base pour commencer les discussions" entre les Etats, la Commission et le Parlement européen sur la question, a réagi le commissaire européen au Marché intérieur et aux Services financiers, Michel Barnier.
Il a salué dans le texte de transposition des règles de Bâle III, qui fait 600 pages, une "pièce majeure de l'agenda de régulation pour tirer les leçons de la crise financière".
cel/may/mf
quotes:
Margrethe Vestager:
"we have an agreement, it needs technical work before it is technically done"
"technical verifications on the last outstanding issues"
"20 issues that have been solved during the day"
"you can have a 3% flexibility on all exposures ,and an add-on of 2% on domestic exposure
cel/







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