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CPS / Médecins libéraux




" J’ai toujours hésité à critiquer les médecins libéraux "

" J’ai toujours hésité à critiquer les médecins libéraux "

À l'instar de nombreux Polynésiens et d'une majorité de résidents, j'ai toujours hésité à critiquer les médecins. Il y a d'abord la complexité du dossier mais surtout une sorte d'admiration mythique pour ces gens qui parfois sauvent des vies ou pafois s’identifie à « Amenope » présenté comme étant "le grand dieu vivant" de telle sorte qu'il est difficile de conclure devant leurs revendications répétées qu'ils se conduisent souvent comme de simples commerçants qui veulent augmenter une marge de profit déjà plus que respectable et que, pour y parvenir, ils sont prêts à recourir au chantage et à la pire des propagandes. Le chantage, c'est la menace permanente de la diminution de l’offre de soins et l’impossibilité de la santé publique à y faire face, (cas des dispensaires…). La propagande, quant à elle, a toujours été constante: «Dans les conditions conventionnelles proposée par la CPS, nous ne pourrons assurer des soins de qualité», dit-on à chaque négociation salariale.
Néanmoins voici un article que tout patient se doit de connaître.
Article R4127-53 Les honoraires du médecin doivent être déterminés avec tact et mesure, en tenant compte de la réglementation en vigueur, des actes dispensés ou de circonstances particulières. Ils ne peuvent être réclamés qu’à l’occasion d’actes réellement effectués. L’avis ou le conseil dispensé à un patient par téléphone ou par correspondance ne peut donner lieu à aucun honoraire. Un médecin doit répondre à toute demande d’information préalable et d’explications sur ses honoraires ou le coût d’un traitement. Il ne peut refuser un acquit des sommes perçues. Aucun mode particulier de règlement ne peut être imposé aux malades.
Attendre d’un médecin de fixer ses honoraires « avec tact est mesure » est une hypocrisie : le tact et la mesure n’ont rien de « naturels », c ‘est une expression qui présuppose que le médecin, de par son statut, de par sa fonction, de par son éducation, sait toujours agir de manière appropriée à l’égard des patients qui le consultent, non seulement par son comportement, mais aussi en fixant le montant de ses honoraires. Autrement dit, cela sous-entend que c’est au médecin de décider, et qu’il est le seul apte à le faire, pour preuve s’il en était besoin, aujourd’hui encore les médecins libéraux refusent la proposition conventionnelle de la CPS et présentent « leur » convention. ..
En Polynésie Française, selon de nombreuses associations d’aide au plus démunis, 50 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, situation aggravée par un écart qui se creuse de plus en plus entre les plus aisés et les plus pauvres. Selon les derniers chiffres avancés par la CPS, un autre écart également noté est lui aussi de plus en plus net : l’augmentation constante des revenus des médecins et la diminution constante des ressources des patients, avec une augmentation régulière des restes à charge à payer de leur poche (forfaits, dépassements d’honoraires, déremboursements…).

Toutes les mesures d’une nouvelle convention qui auraient pu apporter un équilibre avec l'intérêt des patients et de la collectivité dans son ensemble, collectivité qui paie pour une mission de service public, me semble-t-il - ont été refusées. Il est curieux de voir que ce discours parlant de la "responsabilisation" nécessaire au vu des déficits de la CPS s'applique en un sens diamétralement opposé aux patients et aux médecins. Les patients paient toujours plus (cotisations, forfaits de consultation et hospitaliers toujours plus élevés, franchises médicales, médicaments dé remboursés, inégalités d'accès aux soins (géographiques et socio-économiques), obstacles croissants à l'exercice de leurs droits (arrêts de travail, indemnités journalières, transports médicaux...). A contrario, les médecins eux, sont des agents économiques très particuliers, ils auto-prescrivent leur activité et sont quasiment libres de leurs prescriptions.
Pour des raisons que je ne comprends pas, tous les gouvernements qui se sont succédé ont plié devant le lobby médical. Cela tient probablement à la peur politique d'affronter franchement et ouvertement cette profession qui ici plus qu’ailleurs, est toute puissante et influente auprès des élus, mais ces mêmes élus qui demandent sans ambiguïté l’aide des Fonds Européens de Développement oublient de rappeler à certains, que d’une part la santé et de compétence du Pays et d’autre part dans un délai raisonnable des médecins spécialistes européens, (pas étrangers , Européens) tout aussi, voir plus compétents qu'eux, seraient plus qu'heureux de venir s'installer au sein d’un Pays Territoire d’Outre-Mer (PTOM) statut actuel du Pays dans le cadre de son rattachement à la Communauté Européenne et ainsi doubler ou tripler leur revenu. Ils n'ont pas osé le faire; je le fais donc à leur place, convaincu que dans leur for intérieur, ils ne sont pas loin de penser comme moi.
Les patients que nous sommes restent des incapables aux yeux de la corporation médicale et de la CPS, tout juste bons à payer, mais exclus de toute décision concernant l'exercice de la médecine libérale.
La CPS, cautionnée par ses "administrateurs" décide sans aucun débat public, par-dessus la tête des patients et usagers, comme si ceux-ci devaient rester éternellement des objets de soins, passifs, sans parole, sans intelligence, sans moyens d'évaluation de ce qui les concerne. Comble du cynisme, c'est le médecin seul qui saurait ce qu'il convient de faire, et cela vaut aussi bien pour la relation individuelle médecin - patient que pour le niveau collectif. C'est comme ça ! Sincèrement, nous les patients, arrêtons de gémir, de nous plaindre, car en définitive on accepte tout, on ne proteste pas, on ne s’exprime pas, pire, nous regardons avec un certain amusement une scène pitoyable ou une brouette contestataire poussée par un syndicaliste irresponsable est déversée dans le hall d’un grand hôtel, le tout scellé d’une poignée de main pour le moins hypocrite, quelle mise en scène affligeante pour tous les ressortissants cotisants CPS que nous sommes. Mais restons lucide, notre silence complice et passif, valide le message envoyé à la CPS et au final, nous porterons tous la responsabilité collective d’une faillite annoncée de notre système de protection sociale. De même les différents « fossoyeurs » en politique de santé qui se sont « succédés les uns aux autres », dans le cadre d’un turn-over d’initiés, voudraient nous faire entendre et ce malgré leur cuisant constat d’échec, qu’ils vont demain se métamorphoser en gestionnaire hors pair. Permettez-moi d’en douter !!! en effet la réalité rattrape toujours les naïfs optimistes. Manifestement, aucun d'entre eux n'a pris, ou n'a voulu prendre la mesure de la gravité de la situation. Aucun « plan B » à l'horizon. Ils dansent comme des pantins hallucinés leur sarabande des faux espoirs et des solutions repoussées « ad vitam æternam », lancés dans une fuite en avant suicidaire, le futur «la réforme de la PSG » toujours de la fiction.

Dans un registre bien différent, nous voulons tous avoir affaire à des garagistes aimant leur métier, scrupuleux, consciencieux et honnêtes et nous sommes très en colère quand nous nous faisons arnaquer ou flouer parce que nous ne connaissons rien à la mécanique. Et encore plus quand notre vie est mise en jeu par une réparation ou un entretien négligent.

Il en va de même des médecins. Il en est beaucoup qui aiment leur métier et respectent les personnes, mais il en est d’autres qui détestent l’un et les autres, et qui, sous prétexte de se « dédommager » de leurs insatisfactions professionnelles, de leurs frustrations personnelles, font payer sans vergogne ceux qu’ils sont censés servir.
Et puis il en est qui, tout imbus de leur importance, pensent que c’est à eux de fixer ce qu’ils valent, en monnaie sonnante et trébuchante. Ce n’est pas de l’escroquerie, ils sont persuadés d’être dans leur bon droit, c’est tout simplement, de la vanité.
Le médecin reste mandataire des intérêts de la santé de son patient, et cette santé à des déterminations socio-économiques très fortes. Une médecine qui ne s'intéresse pas du tout à la situation économique des malades, à leur capacité de payer pour se soigner, c'est une médecine qui a rompu le pacte de solidarité Républicain et rétabli la pensée corporatiste, version de la pensée identitaire qu'on voit se manifester sous diverses formes, mettant en danger l'existence même de l'espace politique du Pays comme cadre permettant de dégager l'intérêt général , le bien commun.

Monsieur le Président et Messieurs les membres du Conseil d’administration de la CPS, Il n'y a que deux routes qui mènent aux grandes réalisations : la force et la persévérance. Si la force « coup de poing dans la gueule »est le privilège réservé à très peu d'hommes, l'austère persévérance, elle, ardue et continuelle, est au service de plus petit d'entre les humains et manque rarement d'atteindre son but, parce que son pouvoir silencieux croît irrésistiblement avec le temps « inscription de la Polynésie sur la liste des pays à décoloniser… ».
Taroataimate.

Rédigé par Tarotaimate a TETAURU le Samedi 3 Mars 2012 à 20:11 | Lu 629 fois


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Commentaires

1.Posté par Ruauma le 04/03/2012 12:03 | Alerter
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Bla bla bla...Je pense au contraire que la départementalisation dans l'esprit de la grande majorité silencieuse croit irrésistiblement bien plus rapidement que le concept imbécile et irresponsable de l’isolationnisme prôné par des voyous. Où sont passés les 21 milliards de Te Autaeara'a ? Pourquoi le pays n'obtient pas les 3 milliards de la Soc, pourquoi on tape dans la tirelire des retraités ? Parce qu'ils sont plus faciles à voler ? Pourquoi les cotisants ne sont pas représentés au sein du CA de la CPS ? Et puis.....Pourquoi la majorité de nos étudiants préfèrent-ils travailler ailleurs que chez nous ? Pourquoi sommes nous dans cette crise funeste ? C'est grâce à qui toute cette misère, à l'Etat ? OK alors, je dirais simplement que le peuple n'est pas dupe et sait parfaitement d'où vient le vent. Le temps des chimères est fini, la politique à pépé des grands idéaux manipulatoires qui ne remplissent pas la marmite est obsolète.

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