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Assises : L'accusé conteste avoir profité du sommeil de sa femme pour la tuer, mais peine à convaincre



Raphaël Maifano, 57 ans, coprahculteur, adjoint au maire de Makemo pendant dix-sept ans, renvoie l'image d'un bonhomme normal, ni mieux ni moins bien que les autres. Il a tout de même tué sa femme à coups de bûche.
Raphaël Maifano, 57 ans, coprahculteur, adjoint au maire de Makemo pendant dix-sept ans, renvoie l'image d'un bonhomme normal, ni mieux ni moins bien que les autres. Il a tout de même tué sa femme à coups de bûche.
PAPEETE, le 9 décembre 2015 - Le procès de Raphaël Maifano, mari trompé accusé d'avoir assassiné sa femme à coups de bûche dans la nuit du 23 janvier 2014 à Makemo, s'est ouvert ce mercredi matin devant la cour d'assises à Papeete. Il assure ne pas avoir prémédité son geste, avoir agi "sur un coup de sang". Mais le scénario du drame plaide contre lui. Le procès s'achève demain. Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité.


Le mobile de l'homicide est connu. Raphaël Maifano, 57 ans, ne supportait pas que sa femme, Christine Maui, 43 ans, mère de quatre enfants et dont il partageait la vie depuis vingt-cinq ans, se soit amourachée d'un autre homme et le quitte. Le mari trompé devenu jaloux, poussé vers la sortie par une épouse qui avait engagé une procédure de divorce dès 2012, une fois l'adultère révélé, n'en finissait plus de vouloir recoller les morceaux. En vain. Et parfois violemment.

Un an avant de lui fracasser la tête à coups de bûche, dans la nuit du 23 janvier 2014, il l'avait déjà violemment rappelée à l'ordre. Le tane l'avait rossée de plusieurs coups de poings après l'avoir mise à terre, un pareo dans la bouche pour étouffer ses cris. Un geste qu'il disait regretter, déjà, mais qui lui avait valu à l'époque une condamnation par le tribunal correctionnel à 4 mois de prison avec sursis. Cette fois, c'est la réclusion criminelle à perpétuité qui est encourue.

"J'ai arrêté de taper quand elle ne bougeait plus"

Le couple vivait séparé, depuis la condamnation de Raphaël pour ces violences conjugales, dans deux maisons du village de Pouheva, distantes d'une petite dizaine de minutes à pied. La nuit du drame, le quinquagénaire, qui ruminait encore la situation, raconte avoir voulu tenter, une fois encore, de "ramener Christine à la raison".

Vers minuit, il décide de se rendre à pied jusqu'à la maison familiale ou sa femme vivait séparée de lui. Pour parler dit-il. "Quand je suis arrivé, elle s'est réveillée, je me suis agenouillé près d'elle pour discuter", raconte l'accusé livrant sa version depuis le box. Adjoint au maire de Makemo pendant dix-sept ans, cheveux grisonnants, chemise et pantalon de ville, catholique pratiquant, aimant le sport et sans appétence connue pour l'alcool ou tout autre toxique, Raphaël Maifano renvoie l'image du bon père de famille, bonhomme normal, ni mieux ni moins bien que les autres. La suite de son récit fait pourtant froid dans le dos.

"Elle s'est assise pour discuter ?" tente la présidente de la cour, qui cherche à savoir si la malheureuse était réveillée, comme l'accusé le prétend, quand il l'a mortellement frappée à la tête. "Non, elle est restée allongée, il faisait noir et on a discuté pendant dix minutes", rétorque l'accusé. "Et après la tension est montée".

Difficile dès lors d'imaginer que la malheureuse, dans cette ambiance tendue décrite par l'accusé, surprise chez elle en plein sommeil et en pleine nuit par un mari dont elle connait la violence, soit tranquillement restée étendue sur son lit, sans réagir, face à cet homme brandissant une lourde bûche en bois au dessus de son crâne. "Si vous vouliez juste discuter, pourquoi être venu avec ce bois, pourquoi lui avoir donné des coups ?", poursuit la présidente. Silence. "Je sais pas, comme ça, pour lui faire peur. Pour qu'elle revienne à la maison mais elle ne voulait pas (…) C'était tout un machin dans ma tête. J'ai donné deux coups avec le bois et des coups de poing (…) Pour lui faire mal (…) J'ai arrêté parce qu'elle ne bougeait plus".

Aucune trace de lutte dans la pièce

Mais le scénario de la discussion nocturne qui s'envenime et tourne au drame, "le coup de sang" à l'issue fatale, se heurte à quelques incohérences. Raphaël Maifano n'est pas poursuivi pour homicide volontaire pour rien, l'accusation soutient la préméditation. Le corps de la victime a été retrouvé allongé sur le matelas comme si elle ne s'était jamais réveillée et n'en avait jamais bougé. Aucune trace de lutte n'a été constatée dans le salon ou s'est produit le drame, rangé et en ordre. L'accusé n'a eu aucun mal à s'y introduire, il savait que sa femme dormait la baie vitrée ouverte. Et il y a surtout la propre fille du couple, 12 ans, qui dormait dans la pièce d'à côté, avec pour seule isolation une fine cloison, et qui ne s'est pas réveillée alors que son père était, selon ses dires, en train de régler ses comptes avec la mère.

Raphaël Maifano raconte ensuite être allé embrasser la petite endormie après son crime, lui souhaitant même "bon courage", avant de rentrer chez lui pour se changer, et se livrer à un policier municipal au petit matin. L'adolescente avait découvert la scène à son réveil. Les photos de la victime diffusées cet après-midi à l'audience pour l'information des jurés, morte sur son lit la tête ensanglantée par les coups de bûche, font espérer que l'accusé ne dit pas la vérité. Et que la mort lui est bien tombée dessus par surprise. Le procès s'achève aujourd'hui.

Me Toudji, avocate de Raphaël Maifano : "Il se repent infiniment de son coup de colère"

"On a évoqué la personnalité de mon client, sa vie familiale, conjugale, on a pu indiquer les conditions dans lesquelles cet homme, qui vivait depuis 25 ans avec une épouse, avec laquelle il souhaitait terminer sa vie, a appris qu'elle le trompait. Cela a conduit, tout le monde le dit, à un changement de comportement de sa part vis-à-vis d'elle".

Raphaël Maifano, qui a demandé pardon à l'ouverture de son procès, exprime-t-il sincèrement ses regrets ? "Ce sont ses premiers mots", poursuit l'avocate. "A partir du moment où il a été interpellé par les officiers de police judiciaire, tout au long de la procédure et encore aujourd'hui, il a toujours dit qu'il se repentait infiniment de ce coup de colère, de ce coup de sang qu'il a eu, et qui a conduit à l'irréparable. Il s'agit de son épouse. Vous observerez qu'aucun de ses enfants n'est là. Il est très perturbé et inquiet par la situation de ses enfants. Il est incarcéré à Tahiti, ses enfants vivent à Makemo, il ne les voit plus".

Rédigé par Raphaël Pierre le Mercredi 9 Décembre 2015 à 18:50 | Lu 1571 fois

Tags : ASSISES






1.Posté par feruriraa le 10/12/2015 14:54 (depuis mobile) | Alerter
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Raphaël est baptisé et pratiquant, je comprends sa situation mais nous n''avons pas le droit de se comporter ainsi [Eiaha roa oe e tapari noa ite taata] c''est une faute lourde, Il doit assumer.

2.Posté par Tamariki Makemo le 10/12/2015 17:34 (depuis mobile) | Alerter
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Je peux vous assurer qu''il est violent. Il s''est pointé plusieurs fois au lieu de travail d''un oncle à Mahina muni d''une hache et le menacer de mort. Il croit que mon oncle est la cause de l''arrêt de construction de sa maison à Makemo.

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