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200 personnes mobilisées pour “sortir du fatalisme”


“Le deuil, il n'y a pas d'heure, il n'y a pas de jour, c'est tout le temps. C'est quand tu ouvres tes yeux, c'est quand tu t'endors, c'est quand tu rentres à la maison, c'est dans tout ce que tu fais. C'est encore plus dur parce que je n'ai aucune réponse à mes questions”, nous a confié Herevai, la maman de la petite Ayden, émue aux larmes. crédit photo SD
“Le deuil, il n'y a pas d'heure, il n'y a pas de jour, c'est tout le temps. C'est quand tu ouvres tes yeux, c'est quand tu t'endors, c'est quand tu rentres à la maison, c'est dans tout ce que tu fais. C'est encore plus dur parce que je n'ai aucune réponse à mes questions”, nous a confié Herevai, la maman de la petite Ayden, émue aux larmes. crédit photo SD
Tahiti, le 23 mai 2026 – Environ 200 personnes ont participé ce samedi matin à la marche blanche organisée à Papeete par l’association Te Feti’i, un an après la mort de la petite Ayden. Le cortège est parti de Taunoa, là où le drame s’était déroulé, pour rejoindre en moins de deux heures le monument aux morts, face au haut-commissariat. Entre hommage et sensibilisation, les organisateurs ont voulu dénoncer les violences faites aux enfants et réclamer davantage de moyens pour la protection de l’enfance.
 

Un an après la mort de la petite Ayden, environ 200 personnes ont répondu à l’appel de l’association Te Feti’i ce samedi matin pour une marche blanche contre les violences infantiles. Le cortège s’est élancé de Taunoa, quartier où s’était déroulé le drame, avant de rejoindre le monument aux morts, en face du haut-commissariat. Débutée à 8h30, la marche a rallié le centre-ville en moins de deux heures. “Même pas ! Ce sont les enfants qui ont dirigé la marche et on a couru après eux”, a glissé Rahei Thunot, présidente de l’association Te Feti’i.

Au-delà de l’hommage rendu à Ayden, l’association souhaitait surtout replacer la question des violences intrafamiliales au centre du débat public. “Le premier objectif, c’était bien sûr la mémoire d’Ayden et de tous les enfants décédés sous les coups de la violence. (…) Et ensuite, c’était de sensibiliser, de mettre en lumière la violence qui existe au sein de nos foyers polynésiens”, a expliqué Rahei Thunot. Car “Ayden n’est pas un cas isolé”, a-t-elle insisté, évoquant le cas récent “d'un petit garçon qui a vécu pendant 5 ans des maltraitances, de l'humiliation, du rejet de la part de son père qui a perdu l'autorité parentale”.

“Pour les parents, c'est normal d'utiliser la violence pour éduquer son enfant. Parce qu’on a banalisé la violence et normalisé la violence. Aujourd’hui, l’idée, ce n’est pas de pointer du doigt, c’est de sortir de ce fatalisme”, a souligné Rahei Thunot. La ministre des Solidarités était également présente lors de la mobilisation, et l’association compte bien poursuivre les échanges avec le gouvernement afin d’obtenir davantage de moyens humains et financiers consacrés à la protection de l’enfance. “L’idée de l’association, c’est de ne pas travailler de manière isolée”, a insisté Rahei Thunot, plaidant pour un travail commun entre institutions et associations.

Très émue, Herevai, la mère d’Ayden a remercié les participants pour leur présence. “Je ne m’attendais pas à ce qu’il y ait autant de monde présent pour ce mouvement”, a-t-elle confié. Toujours sans nouvelles de l’enquête, un an après les faits, elle dit attendre avant tout des réponses. “Je ne demande pas la lune. Je veux seulement comprendre pourquoi ils ont fait ça à ma fille”, a-t-elle déclaré, avant d’ajouter : “Et pour que ça ne se reproduise jamais. Je ne souhaite ça à aucune maman, à aucune famille”.
Une autre marche blanche était organisée simultanément à Moorea.





Rédigé par Stéphanie Delorme le Samedi 23 Mai 2026 à 12:54 | Lu 316 fois